Laurent Wauquiez capture d'écran assemblée plénière conseil régional 14 juin 2018

La chambre régio­nale des comptes épingle les (trop) nom­breux col­la­bo­ra­teurs de cabi­net de Laurent Wauquiez

La chambre régio­nale des comptes épingle les (trop) nom­breux col­la­bo­ra­teurs de cabi­net de Laurent Wauquiez

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EN BREF – Combien la Région Auvergne Rhône-Alpes compte-t-elle de col­la­bo­ra­teurs de cabi­net ? Dix-huit, comme l’af­firme l’exé­cu­tif régio­nal dans son décompte ? Les magis­trats finan­ciers, qui se sont pen­chés sur la ges­tion de la Région de 2015 à 2018, n’ar­rivent pas au même chiffre. D’après la chambre régio­nale des comptes, il faut y ajou­ter une ving­taine de char­gés de mis­sion qui occupent des emplois similaires.

La ges­tion de la Région Auvergne Rhône-Alpes a été pas­sée au crible par la chambre régio­nale des comptes. DR

La Région Auvergne Rhône-Alpes compte-elle trop de col­la­bo­ra­teurs de cabi­net ? Avec 18 col­la­bo­ra­teurs, elle est, à un près, au maxi­mum auto­risé par la loi. Mais dans le rap­port de la chambre régio­nale des comptes rendu public le 21 octobre, ce n’est pas tant ce chiffre qui intrigue les magis­trats finan­ciers que « l’é­cart signi­fi­ca­tif entre leur nombre appa­rent et leur nombre réel ».

D’après la CRC, une ving­taine de char­gés de mis­sion affec­tés au ser­vice de la vice-pré­si­dence ont été recru­tés « pour pour­voir des emplois assi­mi­lables, pour cer­taines mis­sions, à ceux de col­la­bo­ra­teurs de cabi­net ». Et ce dans une cer­taine opacité.

« Le cré­dit-pla­fond annuel ins­crit au bud­get régio­nal pour per­mettre le recru­te­ment des col­la­bo­ra­teurs de cabi­net est très lar­ge­ment sous-estimé », pour­suivent les magis­trats finan­ciers. « L’assemblée déli­bé­rante a, en consé­quence, une connais­sance incom­plète du mon­tant total alloué aux rému­né­ra­tions des col­la­bo­ra­teurs de cabinet. »

La rému­né­ra­tion d’un des col­la­bo­ra­teurs de Laurent Wauquiez épinglée

Parmi les recrues, celle d’Ange Sitbon a fait plus que tiquer la CRC. Son nom, qui n’ap­pa­raît pas dans le rap­port de la CRC, a été révélé par Rue89 Lyon en amont de l’as­sem­blée plé­nière du Conseil régio­nal, ven­dredi 18 octobre. Considéré comme le “Baron noir” de Laurent Wauquiez, Ange Sitbon avait été recruté en 2016. 

Laurent Wauquiez capture d'écran assemblée plénière conseil régional 14 juin 2018

Laurent Wauquiez cap­ture d’é­cran assem­blée plé­nière conseil régio­nal 14 juin 2018.

Lui, l’an­cien spé­cia­liste de la carte élec­to­rale chez LR, offi­ciait au ser­vice de rela­tions avec les élus et les ter­ri­toires. Il était notam­ment chargé de rece­voir et vali­der les sub­ven­tions. Un poste stra­té­gique, très poli­tique, qui lui a per­mis de tou­cher une rému­né­ra­tion plus de deux fois supé­rieure à celle des autres direc­teurs de ser­vice. À savoir 9 000 euros contre 4 000 euros, avec « le risque d’être consi­dé­rée comme dis­pro­por­tion­née » par un juge admi­nis­tra­tif, sou­ligne le rap­port de la CRC.

Question réglée ? En 2018, le contrat d’Ange Sitbon a été renou­velé. De conseiller poli­tique, il est devenu délé­gué général.

Patricia Cerinsek

CHÈRE, TRÈS CHÈRE FUSION

La fusion coûte cher. En Auvergne Rhône-Alpes, elle se chiffre à 7,4 mil­lions d’eu­ros sur la seule période 2015 – 2018. Des coûts « maî­tri­sés » jugent tou­te­fois les magis­trats finan­ciers, même si « les gains qui pour­raient résul­ter de la fusion sont, pour l’es­sen­tiel, à venir et n’ont pas été éva­lués pré­ci­sé­ment par la région », pré­cise le rapport.

L'hôtel de Région à Lyon © Michel Pérès Région Auvergne Rhône-Alpes

L’hôtel de Région à Lyon. © Michel Pérès Région Auvergne Rhône-Alpes

Qu’est-ce qui coûte si cher ? Essentiellement la conver­gence des sys­tèmes d’in­for­ma­tion. Mais la nou­velle région, en fai­sant le choix de main­te­nir deux sièges, à Lyon et Clermont-Ferrand, n’a guère ratio­na­lisé ses implantations.

À Clermont-Ferrand, l’hô­tel de région fait office de mon­naie d’échange

Or, dans la capi­tale auver­gnate, l’hô­tel de région flam­bant neuf est sous-occupé. Ni vendu donc, ni loué, il fait par­fois office de mon­naie d’é­change. Le bâti­ment héberge ainsi dix struc­tures. Dont le grou­pe­ment d’intérêt public (GIP) Quartier numé­rique pré­sidé par le maire de Clermont-Ferrand et pré­sident de Clermont Communauté.

Le GIP est en fait la struc­ture juri­dique d’un pro­jet dédié à l’é­co­no­mie digi­tale, dans lequel les col­lec­ti­vi­tés locales jouent un rôle pré­pon­dé­rant. Ainsi, pour l’a­mor­cer, comme l’ex­pli­quait La Montagne en 2015, la Région et la Métropole ont injecté cha­cune 500 000 euros par an sur trois ans, soit un inves­tis­se­ment public glo­bal de trois mil­lions d’euros.

Ce grou­pe­ment est hébergé gra­tui­te­ment dans les locaux de l’hô­tel de Région, sous-loués aux star­tup coa­chées, fai­sant ainsi l’é­co­no­mie de 250 000 euros de loyers par an. Économie que la Région récu­père en dimi­nuant de moi­tié la sub­ven­tion ver­sée au GIP. Un tour de passe-passe qui ne sied guère aux magis­trats finan­cier, une telle mise à dis­po­si­tion à titre gra­tuit étant illégale.

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Patricia Cerinsek

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