Décrochons Macron : trois nou­veaux por­traits du pré­sident décro­chés à Biviers, Bernin et au Versoud

Décrochons Macron : trois nou­veaux por­traits du pré­sident décro­chés à Biviers, Bernin et au Versoud

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FOCUS – Mercredi 26 juin au matin, des mili­tants isé­rois des asso­cia­tions Action non vio­lente-Cop 21 et Extinction rébel­lion se sont ren­dus dans cinq mai­ries du Grésivaudan afin de décro­cher le por­trait du pré­sident de la République. En fin de mati­née, trois por­traits avaient été décro­chés à Biviers, Bernin et au Versoud et une per­sonne pla­cée en garde-à-vue. Une « jour­née his­to­rique » pour les acti­vistes cli­mat qui ont mené des actions simi­laires dans toute la France.

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Neuf mili­tants d’Action non vio­lente Cop 21 se sont retrou­vés près de la mai­rie de Biviers mer­credi matin pour décro­cher le por­trait d’Emmanuel Macron. Errant l’air de rien dans le parc, ils atten­daient le signal pour entrer dans la salle des mariages.

Quelques minutes plus tard, ils res­sortent hâti­ve­ment de la mai­rie, prennent une photo avec le por­trait et s’en vont rapi­de­ment, après avoir embar­qué l’af­fiche dans une voi­ture. Celle-ci rejoin­dra sa cachette pour les mois à venir.

Les mili­tants dénoncent « l’hypocrisie du gouvernement »

Dans les heures qui suivent, les acti­vistes gre­no­blois visent trois autres mai­ries du Grésivaudan. À Paris et à Poitiers aussi des mili­tants réa­lisent les mêmes actions de déso­béis­sance civile. En tout, une quin­zaine de por­traits ont été « réqui­si­tion­nés » hier en France.

Les militants poursuivis par un policier à Saint-Nazaire-Les-Eymes, mercredi 26 juin 2019. © Nina Soudre - Placegrenet.fr

Les mili­tants pour­sui­vis par un poli­cier muni­ci­pal à Saint-Nazaire-Les-Eymes, mer­credi 26 juin 2019. © Nina Soudre – Placegrenet​.fr

La rai­son invo­quée ? L’inaction du gou­ver­ne­ment en matière de poli­tique envi­ron­ne­men­tale. Quelques jours après le dis­cours d’Édouard Philippe annon­çant que « ces douze pro­chains mois seront ceux de l’ac­cé­lé­ra­tion éco­lo­gique », les mili­tants dénoncent l’hypocrisie du gou­ver­ne­ment qui, dans le même temps, veut pro­fi­ter de l’été pour faire rati­fier l’intégralité du Ceta*.

Pour Jérémie, entré dans l’association en octobre, « c’est une cam­pagne qui a du sens car pas grand chose n’a évo­lué en terme d’action cli­ma­tique ». Plus sym­bo­lique qu’autre chose, la cam­pagne « Décrochons Macron ! » veut repré­sen­ter l’absence du pré­sident de la République dans la tran­si­tion éco­lo­gique. « Ce qui me motive c’est l’urgence, la volonté de for­cer [les diri­geants] à agir », explique-t-il. Pour lui, les dis­cours du gou­ver­ne­ment ne sont qu’une « impos­ture » car les mesures ne suivent pas.

Cinq mai­ries visées dans le Grésivaudan

Un militant interpellé par la police municipale à St-Nazaire-Les-Eymes, mercredi 26 juin. © Nina Soudre - Placegrenet.fr

Un mili­tant inter­pellé par la police muni­ci­pale à Saint-Nazaire-Les-Eymes, mer­credi 26 juin. © Nina Soudre – Placegrenet.f

Au départ, les mili­tants d’Action non vio­lente Cop 21 visaient cinq mai­ries : Biviers, Saint-Nazaire-Les-Eymes, Bernin, Froges et Le Versoud. C’était sans comp­ter sur la police muni­ci­pale qui s’est pré­sen­tée à Froges, entraî­nant l’annulation de l’action.

À Saint-Nazaire-Les-Eymes, un poli­cier a inter­pellé l’un des mili­tants qui pre­nait la fuite avec le por­trait. Jamais de gestes brusques durant une action non vio­lente. Le mili­tant s’est donc laissé faire et a suivi le poli­cier à l’intérieur de la mairie.

Olivier, du groupe Extinction rébel­lion, a ensuite été placé en garde-à-vue et per­qui­si­tionné. ANV a rapi­de­ment formé un comité pour le sou­te­nir devant la gen­dar­me­rie de Meylan.

Plusieurs per­sonnes pla­cées en garde-à-vue à la suite de l’action

Plus tard, le ras­sem­ble­ment a donné lieu à de nom­breux contrôles d’identité et un autre mili­tant, qui n’avait pas par­ti­cipé à l’action du matin, a lui aussi été placé en garde-à-vue. De plus, trois autres acti­vistes ont été audi­tion­nés et per­qui­si­tion­nés et l’un d’entre eux placé en garde-à-vue pen­dant plu­sieurs heures.

Militants d'ANV-COP 21 devant la mairie du Versoud, mercredi 26 juin 2019. © Nina Soudre - Placegrenet.fr

Militants d’ANV-Cop 21 devant la mai­rie du Versoud, mer­credi 26 juin 2019. © Nina Soudre – Placegrenet​.fr

Depuis le début de la cam­pagne, le 21 février, la jus­tice a audi­tionné une cen­taine de per­sonnes dont soixante-quatre pla­cées en garde-à-vue. Ces der­nières ont donné lieu à plus de cin­quante per­qui­si­tions dans toute la France.

« On ne le fait pas par plai­sir, mais si nous devons nous faire arrê­ter et juger pour que les choses changent, nous sommes prêts », a déclaré l’un des acti­vistes cli­mat grenoblois.

Une date symbolique

Décrochage du portrait d'Emmanuel Macron à la mairie du Versoud, mercredi 26 juin 2019. © Nina Soudre - Placegrenet.fr

Décrochage du por­trait d’Emmanuel Macron à la mai­rie du Versoud, mer­credi 26 juin 2019. © Nina Soudre – Placegrenet​.fr

S’ils ont choisi le 26 juin pour mener leur action, ce n’est pas un hasard. C’est ce mer­credi qu’avait lieu le pro­cès de trois mili­tants d’ANV Cop 21 à Strasbourg. Accusés de « vol en réunion » pour avoir décro­cher le tableau du pré­sident dans une mai­rie alsa­cienne, le 5 mars dernier.

Ils ont fina­le­ment été relaxés par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Strasbourg. Pourtant, les acti­vistes cli­mat ris­quaient gros puisque la loi pré­voit cinq ans d’emprisonnement et une amende de 75 000 euros.

Déjà, le 28 mai der­nier, six mili­tants d’Action Non Violente-Cop 21 étaient jugés pour « vol en réunion avec ruse » à Bourg-en-Bresse, après avoir décro­ché le tableau d’Emmanuel Macron à Jassans-Riottier, dans l’Ain. Bilan : 500 euros d’amende avec sur­sis. Une peine jugée « dis­pro­por­tion­née » par ANV en rai­son du prix de l’affiche pré­si­den­tielle : 8,70 euros.

Une dizaine de pro­cès sont encore pré­vus dans les mois à venir, dont un le 4 novembre à Grenoble. Une répres­sion jugée « déme­su­rée » par les mili­tants tan­dis que plu­sieurs diri­geants poli­tiques, comme Bruno Le Maire, apportent leur sou­tien aux mai­ries et dénoncent une « atteinte aux sym­boles de la République ».

80 tableaux « réqui­si­tion­nés » dans toute la France

En tout, 15 por­traits ont quitté leur mai­rie hier, por­tant à 80 le nombre d’affiches décro­chées dans toute la France. En Isère, les 3 tableaux s’ajoutent à celui décro­ché le 3 avril dans la mai­rie de Poisat.

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Si l’association éco­lo­giste pré­fère le terme « réqui­si­tionné », c’est parce qu’elle n’entend pas voler les tableaux. 

Ces actions veulent sym­bo­li­ser le décro­chage de la France des accords signés lors de la Cop-21. « Nous les ramè­ne­rons quand M. Macron pren­dra des mesures effec­tives pour lut­ter contre le réchauf­fe­ment cli­ma­tique » avait, en effet, déclaré un des mili­tants jugés à Grenoble le 7 mai der­nier.

L’objectif ? 125 por­traits avant la tenue du G7 fin août à Biarritz. Les mili­tants espèrent, en effet, pou­voir les ame­ner pour dénon­cer l’inaction cli­ma­tique devant des jour­na­listes du monde entier. Le nombre 125 aussi est sym­bo­lique puisqu’il repré­sente le nombre de jours écou­lés avant que la France ne dépasse son empreinte écologique.

Les militants d'ANV-COP présents à la Belle Electrique mercredi 26 juin au soir. © Nina Soudre - Placegrenet.fr

Les mili­tants d’ANV-COP pré­sents à la Belle Electrique mer­credi 26 juin au soir. © Nina Soudre – Placegrenet​.fr

Des mili­tants d’ANV étaient pré­sents hier soir sur la place Andry-Farcy. Ils vou­laient infor­mer les citoyens des actions menées dans la jour­née et appe­ler au sou­tien envers les deux hommes encore en garde-à-vue.

Ils ont pris la parole à la fin des dis­cours concer­nant la pri­va­ti­sa­tion des aéro­ports de Paris pro­non­cés par le député François Ruffin et le maire de Grenoble. Pour eux, même com­bat, « jus­tice sociale et cli­ma­tique » pour tout le monde.

Ce jeudi matin, deux mili­tants sont encore en garde-à-vue après leurs trans­ferts dans des gen­dar­me­ries dif­fé­rentes. Des actions de sou­tien sont pré­vues dans la journée.

Nina Soudre

*Canada-EU Trade Agreement : accord de libre-échange entre la France et l’Amérique du Nord

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