Émilie Chalas, députée iséroise LREM : « Le Ric est un outil, ce n’est pas un projet politique »

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TROIS QUESTIONS À – Émilie Chalas, députée LREM de la 3e circonscription de l’Isère, est investie depuis novembre d’une mission flash relative à la démocratie participative. Mission qui l’a conduite à ausculter le dispositif grenoblois d’interpellation et de votation citoyennes. Sur ce dernier, elle ne pense pas beaucoup de bien. Et brocarde Eric Piolle, maire de Grenoble, qui l’érige en modèle pour le Référendum d’initiative citoyenne. Quant au Ric que réclament les gilets jaunes et 80 % des Français, la députée y est favorable, à condition qu’il soit bien encadré et cantonné à un rôle de propositions de lois.

 

 

Place Gre’net : Où en est la mission flash sur la démocratie participative que vous supervisez depuis novembre, avec Hervé Saulignac, député PS de la 1ʳᵉ circonscription de l’Ardèche ? Par ailleurs, avez-vous abordé, dans le cadre de cette mission, la question du Référendum d’initiative citoyenne ?

 

La députée iséroise Émilie Chalas vient d'être nommée membre de la Délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation par François de Rugy.

Émilie Chalas  © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

Émilie Chalas : Bien avant le mou­ve­ment des gilets jaunes, dès la ren­trée 2018, j’ai sou­levé la ques­tion de l’en­jeu de la par­ti­ci­pa­tion citoyenne locale.

 

On voit bien qu’il existe des dis­po­si­tifs dont les élus se servent peu ou mal parce que ces outils ne sont pas tout à fait conformes à ce que les élus sou­hai­te­raient mettre en œuvre sur leur ter­ri­toire en matière de consul­ta­tion […].

 

Le rendu de la mis­sion flash sera fait en jan­vier en com­mis­sion des lois. En tout état de cause, de vraies ques­tions sont sou­le­vées et je ne vais pas en par­ler avant l’heure (…). Je peux tou­te­fois vous indi­quer que notre objec­tif est de sor­tir des pistes pour un dis­po­si­tif qui puisse tenir la route, au sens où il per­met­tra aux citoyens de s’exprimer, sans qu’il soit usurpé par des inté­rêts par­ti­cu­liers, ni ins­tru­men­ta­lisé par des élus pour leur propre pro­pa­gande.

 

Le sujet de notre mis­sion n’était tou­te­fois pas le Ric, mais la par­ti­ci­pa­tion locale. Par contre, nous en dirons un mot. On ne peut tra­vailler aujourd’­hui sur la par­ti­ci­pa­tion citoyenne sans la relier avec ce qui se passe depuis deux mois avec la crise des gilets jaunes (…). Pour ma part, j’estime que le Ric pour­rait ser­vir à pro­po­ser, à débattre, à sou­le­ver des pro­blé­ma­tiques dans les ter­ri­toires, des sujets qui pour­raient échap­per au gou­ver­ne­ment ou à la forme un peu pari­sienne du pou­voir en France, qui n’est pas par­faite.

 

Mais ce Ric ne peut être ni révo­ca­toire, ni remettre en cause une loi. Il y a des élec­tions. Et que les gens qui ne sont pas d’accord, com­mencent d’abord par aller voter ! (…)

 

Les voitures filtrées sur une des bretelles d'accès au Rondeau. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Les voi­tures fil­trées par les gilets jaunes sur une des bre­telles d’ac­cès au Rondeau. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Si cha­cun des gilets jaunes sur les ronds points était allé voter, eh bien on aurait peut-être pas Emmanuel Macron comme pré­sident. On n’aurait pas cette assem­blée natio­nale-là. Chacun droit prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés…

 

Par ailleurs, une loi ne peut pas être remise en cause par une par­tie du peuple contre les élus repré­sen­ta­tifs (…). Je crois pro­fon­dé­ment à la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive. Je ne por­te­rai donc aucun pro­jet qui mette à mal le prin­cipe de la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive de la Ve République. On peut, par contre, com­plé­ter la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive par de la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive. Oui mais la seconde ne doit pas ren­ver­ser la pre­mière. À par­tir de là, tout se dis­cute, mais tout n’est pas pos­sible ni envi­sa­geable.

 

 

Vous avez auditionné la Ville de Grenoble sur son expérience de dispositif d’interpellation et de votation citoyennes… Le maire de Grenoble se félicite d’avoir lancé une expérience de Ric avant l’heure. Quelle est votre analyse ?

 

En tout état de cause, les gens sont désor­mais plus édu­qués, plus infor­més – alors par­fois mal infor­més, mais c’est ainsi ! – sur la chose publique, sur leur quar­tier, etc. Il y a une demande, plus ou moins inégale, plus ou moins intense, de par­ti­ci­pa­tion.

 

Emilie Chalas votant au budget participatif 2018 Crédit DR

Émilie Chalas votant au bud­get par­ti­ci­pa­tif 2018 Crédit DR

Il faut l’entendre. Je vous parle d’une aspi­ra­tion qui date de bien avant les gilets jaunes. Il y a un réel besoin de contri­buer.

 

La ques­tion, c’est com­ment on fait contri­buer ? Quelle ques­tion on pose ? Sur quelle thé­ma­tique on s’interroge ? (…)

 

À l’é­vi­dence, le Ric est un outil, ce n’est pas un pro­jet poli­tique. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas y réflé­chir mais ce n’est pas l’alpha et l’oméga de la solu­tion de la dif­fi­culté sociale dans laquelle se retrouvent cer­taines per­sonnes en France, et qui est inac­cep­table…

 

Dépouillement votation citoyenne - Clouaire et Piolle © Florent Mathieu - Place Gre'net

Dépouillement de la vota­tion citoyenne sous les regards satis­faits de Pascal Clouaire et d’Eric Piolle. © Florent Mathieu – Place Gre’net

Quant au pseudo-Ric gre­no­blois, c’est plu­tôt un ovni juri­dique qu’a engen­dré la Ville de Grenoble, dont Eric Piolle savait per­ti­nem­ment qu’il allait être annulé par un tri­bu­nal.

 

Il s’est servi de cette expé­rience pour se mettre en scène, au lieu de vrai­ment œuvrer à créer un outil de par­ti­ci­pa­tion citoyenne qu’attendent les Grenoblois, ou d’utiliser ce qui existe déjà.

 

J’ai été au ser­vice de l’ur­ba­nisme puis direc­trice géné­rale des ser­vices dans une mai­rie pen­dant treize ans. J’ai consulté et on n’a pas eu besoin de faire un Ric ou de faire un dis­po­si­tif illé­gal. Quand on veut consul­ter, on peut le faire. Donc, à un moment, qu’Eric Piolle arrête de se cacher der­rière son petit doigt et œuvre pour son ter­ri­toire, en maire res­pon­sable ! Parce que les Grenoblois attendent des dis­po­si­tifs de consul­ta­tion et de par­ti­ci­pa­tion effi­cace, trans­pa­rents et hon­nêtes.

 

 

Serez-vous dans les rangs des candidats aux prochaines élections municipales ?

 

On va déjà gérer le débat natio­nal et tous les enjeux pour sta­bi­li­ser la France, l’Assemblée natio­nale, le gou­ver­ne­ment… Les choses en local se pré­pa­re­ront évi­dem­ment en 2019 avec La République en marche.

 

De gauche à droite : Pierre Anger, Jean-Pierre Arrtoyo, Aline Blanc-Tailleur, Catherine Kamowski, Olivier Véran, Émilie Chalas et Philippe Chevalier. © Joël Kermabon - Place Gre'net

De gauche à droite : Pierre Anger, Jean-Pierre Arrtoyo, Aline Blanc-Tailleur, Catherine Kamowski, Olivier Véran, Émilie Chalas et Philippe Chevalier. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Je consulte pour le moment… Un cer­tain nombre de démarches seront faites avant l’été à Grenoble (…).

 

Vous ima­gi­nez bien qu’en ayant été direc­trice géné­rale de maire, urba­niste et gre­no­bloise – je suis née à Grenoble, en plein centre – je serai par­ti­cu­liè­re­ment atten­tive à ce qu’on va pro­po­ser pour Grenoble et, sur­tout, à ce que cha­cun va por­ter.

 

Et je pren­drai ma part très lar­ge­ment. Après can­di­date, pas can­di­date… Tête de liste, ou pas tête de liste… Je ne me pro­nonce pas sur ce sujet, pour le moment.

 

Propos recueillis par Séverine Cattiaux

 

Grenoble Finaliste pour le concours de Capitale Verte
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Commentaires 3
  1. ana­lyse très inté­res­sante et construc­tive
    rap­port publié ce jour éga­le­ment. A suivre.
    salu­ta­tions
    guy ber­niere red­chef AFP hono­raire et ancien élu local et com­mu­nau­taire

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  2. Pourquoi vous deman­dez à une dépu­tée qui ne com­prends rien à notre consti­tu­tion et encore moins à ce qu’est la démo­cra­tie locale son avis ?

    Le RIC est bien une forme de pro­jet poli­tique dans le sens où il vise à poser des limites à la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive dans le cas où elle fonc­tionne mal ou ne livre pas ce qu’at­tende les citoyens.

    C’est Mme Chalas, qui une fois encore ne com­prend rien à rien, qui prend la déci­sion de le can­ton­ner à l’ou­til quand elle dit « Mais ce Ric ne peut être ni révo­ca­toire, ni remettre en cause une loi.  » Et pour­quoi pas, sous cer­taines condi­tions, comme c’est le cas dans de nom­breux état aux USA et en Suisse ?

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    • GAM, appre­nez à écrire en fran­çais cor­rect et après, on en reparle.
      « Une dépu­tée qui ne com­prends rien ».…..
      Ah oui, faute de frappe !
      Pourvu qu’on ne vous confie le bou­ton rouge de rien sauf celui de votre tablette de jeux, on reste tran­quille.

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