REPORTAGE – Malgré la fermeture de 29 lycées décidée par la préfecture de l’Isère, plusieurs centaines de lycéens se sont retrouvés vendredi 2 octobre 2026 devant le rectorat de Grenoble. Six d’entre eux ont été reçus pendant près de deux heures par le recteur Philippe Dulbecco. Une longue attente, ponctuée de prises de parole et de slogans, mais aussi d’incidents et de tirs de gaz lacrymogène. À leur retour, les représentants lycéens ont dit avoir été écoutés, sans avoir obtenu les réponses concrètes qu’ils espéraient.
« On ne va pas accepter des miettes de la part du rectorat. » Micro en main, Célia1Prénom d’emprunt pour préserver l’anonymat de l’intéressée. prévient d’emblée. Dans quelques minutes, six lycéens représentant les lycées Mounier, Argouges, Champollion, Eaux-Claires, Aristide-Bergès à Seyssinet-Pariset et Marie-Curie à Échirolles, doivent rencontrer, ce vendredi 2 octobre 2026, Philippe Dulbecco, recteur de l’académie de Grenoble.
Autour d’eux, plusieurs centaines de jeunes occupent le parvis et les abords de la place Bir-Hakeim. Certains sont assis dans l’herbe, d’autres tiennent des pancartes ou des drapeaux. Des slogans montent régulièrement de la petite foule. Avant de partir, Célia promet que la délégation reviendra expliquer « dans les détails » ce qui se sera dit. Elle regrette aussi que la rencontre n’ait pas lieu « en terrain neutre », comme les représentants lycéens l’auraient souhaité.
L’enjeu de cette entrevue dépasse ce seul vendredi après-midi. Depuis plusieurs jours, les blocages et rassemblements se succèdent devant les lycées de l’agglomération. Et la décision de la préfecture de fermer 29 établissements en Isère, dont les lycées publics grenoblois, n’a pas empêché la mobilisation de se déplacer jusqu’au rectorat.

Le rassemblement des lycéens devant le rectorat de Grenoble avant le départ de la délégation. © Joël Kermabon – Place Gre’net
Les revendications égrenées au fil des prises de parole sont désormais bien rodées : davantage de moyens, des enseignants remplacés lorsqu’ils sont absents, des classes moins chargées, de meilleures conditions matérielles d’étude. « Aucun établissement, aucun élève ne doit être abandonné », lance ainsi un lycéen, évoquant les locaux dégradés, le manque de moyens et les enseignants non remplacés. Pour lui, les blocages constituent un « signal d’alarme ».
Une lycéenne prend la parole. Elle raconte sa colère et les violences auxquelles elle affirme avoir assisté au cours des derniers jours. Dans l’assistance, on écoute, on applaudit. Puis les discussions reprennent. Car pendant ce temps, dans les étages du rectorat, la délégation a commencé son entretien avec le recteur.
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