Un concurrent de la Chartreuse Terminorum en 2017. © Erik Sampers

Benoît Laval : « Finir la Chartreuse Terminorum, ce n’est pas surhumain »

Benoît Laval : « Finir la Chartreuse Terminorum, ce n’est pas surhumain »

ENTRETIEN – Jeudi 31 mai, qua­rante cou­reurs s’élanceront de la Dia, une com­mune de Saint-Pierre-de-Chartreuse, à l’assaut de la Chartreuse Terminorum. C’est la deuxième édi­tion de cette course de 300 kilo­mètres sans bali­sage ni assis­tance, à bou­cler en 80 heures maxi­mum. Benoît Laval, fon­da­teur et diri­geant de la société Raidlight, assure que même si « cela doit res­ter l’exception », ter­mi­ner l’épreuve est possible.

LA COURSE À PIED, UNE PASSION DONT BENOÎT LAVAL A FAIT SON MÉTIER

Benoît Laval a débuté la course à pied en com­pé­ti­tion à l’âge de dix ans. Tout au long de son ado­les­cence, il pra­tique le demi-fond – 800 m, 1 500 m, 3 000 m steeple – et par­ti­cipe à des cross.

Benoît Laval, fondateur de Raidlight, un des organisateurs de la Chartreuse Terminorum. © Laurent Genin

Benoît Laval, fon­da­teur de Raidlight, un des orga­ni­sa­teurs de la Chartreuse Terminorum. © Laurent Genin

« Déjà à ce moment-là, j’aimais bien quand c’était plus long, boueux et com­pli­qué », confie-t-il.

À vingt ans, il s’aligne sur son pre­mier mara­thon qu’il boucle en deux heures qua­rante-huit minutes. Une expé­rience qui lui plaît et lui donne envie de continuer.

Deux ans plus tard, il réa­lise une autre per­for­mance. « À rai­son de trente à qua­rante kilo­mètres par jour pen­dant trois semaines, j’ai tra­versé les Pyrénées en cou­rant. » S’il habite à l’époque en région pari­sienne et étu­die à Lille, les som­mets l’attirent. « J’aimais pas­ser mes vacances en mon­tagne, été comme hiver. » Un ter­rain de jeu idéal pour exer­cer sa passion.

Le suc­cès Raidlight

Après ses études, ingé­nieur tex­tile, il recherche un emploi qui pour­rait se rap­pro­cher du sport. Il le trouve à Saint-Étienne. « Ma mis­sion était de conce­voir des sacs à dos, des tentes, des sacs de cou­chage pour des grandes marques de pro­duits de sport », explique-t-il. « Ayant sous la main des tis­sus, des usines, des machines à coudre, tout ce savoir-faire et en tête d’avoir des sacs à dos plus légers, des vête­ments avec plus de poches et plus légers, j’ai adapté les pro­duits. J’en ai fait pour moi, j’ai créé des pro­to­types. »

L'entreprise Raidlight à Saint-Pierre-de-Chartreuse. © Laurent Genin

L’entreprise Raidlight à Saint-Pierre-de-Chartreuse. © Laurent Genin

Il décide alors de les vendre, pen­sant que d’autres per­sonnes pour­raient être inté­res­sées. Voici com­ment est née l’entreprise Raidlight en 1999. « Nous avons com­mencé de zéro avec des ambi­tions modestes et réduites. Aujourd’hui, nous avons cin­quante-cinq sala­riés à Saint-Pierre-de-Chartreuse et réa­li­sons 9 mil­lions d’euros de chiffre d’affaires. »

Ancien membre de l’équipe de France de trail

En paral­lèle de la créa­tion de sa société, Benoît Laval, qui s’est mis au trail en 1998, par­ti­cipe au Grand Raid de la Réunion. Une épreuve où, en sept par­ti­ci­pa­tions, il ter­mi­nera notam­ment deuxième, qua­trième et cin­quième. Il finira aussi dans les dix pre­miers au Marathon des Sables.

Ancien membre de l’équipe de France de trail, le qua­dra­gé­naire effec­tue depuis dix-huit ans une dizaine de courses par an. « Sur tous les conti­nents et de tous les for­mats », pré­cise-t-il, « que ce soit la mon­tée de la tour Eiffel en cou­rant ou un 400 km dans le désert de Gobi. » Depuis l’année der­nière, Benoît Laval est un des orga­ni­sa­teurs de la Chartreuse Terminorum, course de 300 km, décli­nai­son en France de la Barkley.

Place Gre’net – Qu’est-ce qui vous a incité à lan­cer la Chartreuse Terminorum, course de 300 km dont la pre­mière édi­tion a eu lieu en 2017 ?

Benoît Laval : Je pré­cise en pre­mier lieu que je ne suis pas le seul orga­ni­sa­teur. Nous sommes quatre amis : Cédric, Emmanuel, Nicolas et moi. Nous habi­tons à Saint-Pierre-de-Chartreuse, connais­sons et aimons pro­mou­voir la Chartreuse.

La Chartreuse Terminorum entre histoire et sport. © Erik Sampers

La Chartreuse Terminorum entre his­toire et sport. © Erik Sampers

Personnellement, j’organise des courses depuis vingt-cinq ans. En orga­ni­ser une dans le style de la Barkley, ça m’a inté­ressé. La Barkley est répu­tée comme la course la plus dif­fi­cile, com­por­tant le plus de déni­velé. [Elle se déroule dans une forêt du Tennessee, 160 km sont à par­cou­rir en 60 heures maxi­mum, ndlr]. Il y a eu quinze “fini­shers” [concur­rents qui l’ont ter­mi­née] en trente-trois ans. J’ai moi-même par­ti­cipé à la Barkley pour la troi­sième fois cette année. Je ne l’ai jamais finie.

Ce concept de course était inté­res­sant et puis, en Chartreuse, nous avions un ter­rain de jeu qui conve­nait, avec une his­toire à racon­ter autour du monas­tère. Faire un par­cours avec énor­mé­ment de déni­velé et en peu de kilo­mètres, la Chartreuse s’y prête parfaitement.

"Laz", l'organisateur de la Barkley, avait donné le départ de la première édition de la Terminorum en 2017. © Erik Sampers

« Laz », l’or­ga­ni­sa­teur de la Barkley, avait donné le départ de la pre­mière édi­tion de la Terminorum en 2017. © Erik Sampers

Après ma pre­mière Barkley, j’en ai parlé à “Laz”, l’organisateur. Il était enthou­siaste. Nous l’avons invité à venir visi­ter la Chartreuse. Cela lui a plu. Il nous a dit : “conti­nuez !”

La Terminorum n’est pas une filiale de la Barkley. Il n’y a aucun contrat, rien de finan­cier, de juri­dique. C’est un par­rai­nage bien­veillant. L’année der­nière, “Laz” est venu don­ner le départ. Ça lui a fait plai­sir de regar­der les cou­reurs aban­don­ner les uns après les autres, de se pas­sion­ner pour la course comme il se pas­sionne pour la Barkley.

Cette année, il ne sera pas pré­sent mais il a une très bonne excuse. Il tra­verse les États-Unis à pied. Un périple de 5 500 km. Il compte mettre quatre mois pour effec­tuer ces 5 500 km. Il est parti le 10 mai de Newport, une ville à côté de Boston, à l’Est, pour rejoindre un autre Newport, au sud de Portland, côté Pacifique.

Quelles sont les simi­li­tudes et les dif­fé­rences entre la Barkley et la Chartreuse Terminorum ?

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Laurent Genin

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