Espaces naturels : la Métro veut à la fois préserver et valoriser la Trame verte et bleue

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FOCUS – Grenoble-Alpes Métropole se dote d’une nouvelle stratégie 2017 – 2021 en direction de ses six espaces naturels. Objectif ? Préserver la Trame verte et bleue, favoriser son attractivité et développer des partenariats avec les collectivités, tout en innovant dans la relation aux citoyens.

 

 

Oiseaux migrateurs et ligue de protection des oiseaux. © LPO/Thomas Cugnod

© LPO-Thomas Cugnod

Alors que se tient, ce jeudi 7 décembre à Lyon, un col­loque* pour échan­ger sur les enjeux des “trames vertes et bleues” urbaines et péri­ur­baines en région Auvergne-Rhône-Alpes, la métro­pole gre­no­bloise a déjà saisi tout l’in­té­rêt qu’il y a à pré­ser­ver ces zones de bio­di­ver­sité.

 

Tel est ainsi le sou­hait affi­ché par Grenoble-Alpes Métropole dans le cadre de sa stra­té­gie 2017 – 2021 pour les espaces natu­rels. Une stra­té­gie « plus opé­ra­tion­nelle » afin de « réaf­fir­mer son action en faveur de la pré­ser­va­tion de la bio­di­ver­sité […], pour­suivre la mobi­li­sa­tion locale et créer de nou­veaux outils plus opé­ra­tion­nels en déve­lop­pant de nou­veaux modes de gou­ver­nance et de coopé­ra­tion », écrit-elle.

 

« L’idée est à la fois de faire un bilan et de ren­for­cer les nou­veaux outils pour l’ac­cès des citoyens à un patri­moine impor­tant et majeur dans notre ter­ri­toire, avec l’en­semble des asso­cia­tions envi­ron­ne­men­tales avec qui nous tra­vaillons », explique Christophe Ferrari, pré­sident de la métro­pole. Bref, en faire « des espaces natu­rels métro­po­li­tains pour tous ».

 

 

Six espaces naturels sous compétence métropolitaine

 

La Métropole gre­no­bloise compte sous sa com­pé­tence six espaces natu­rels : le parc de l’Île d’a­mour (Meylan), le parc de l’Ovalie (Sassenage), le parc Hubert Dubedout (Saint-Martin-d’Hères, Eybens et Poisat), les Franges vertes (Seyssins), Les Vouillants (Fontaine, Seyssinet-Pariset) et le Bois fran­çais (Vallée du Grésivaudan).

 

Autant de sources d’at­trac­ti­vité pour la région, estime Christophe Ferrari : « Historiquement, c’est une chance incroyable pour les habi­tants de la Métro d’y avoir accès et de s’ins­crire dans une rela­tion forte avec la nature, dans le cadre d’une exi­gence col­lec­tive de qua­lité de vie sur notre ter­ri­toire. »

 

Grenoble-Alpes Métropole souhaite développer une stratégie 2017-2021 "plus opérationnelle" pour gérer, préserver et promouvoir ses six espaces naturels.Le parc de l'Ovalie à Sassenage © Grenoble-Alpes Métropole

Le parc de l’Ovalie à Sassenage © Grenoble-Alpes Métropole

 

De manière plus prag­ma­tique, ces espaces natu­rels sont utiles à l’en­vi­ron­ne­ment urbain. Ils jouent, par exemple, un rôle d’é­ponge en cas de fortes pré­ci­pi­ta­tions et limitent les risques d’i­non­da­tion. « C’est une réa­lité. Ces espaces natu­rels, ces réser­voirs de bio­di­ver­sité, ont aussi des fonc­tions de pro­tec­tion. Ce n’est pas une nou­veauté : nos anciens le disaient déjà ! », insiste Christophe Ferrari.

 

 

Préserver, restaurer et valoriser la Trame verte et bleue

 

La nou­velle stra­té­gie de la Métro com­prend trois aspects. À com­men­cer par « l’innovation dans les pro­jets de pré­ser­va­tion, de res­tau­ra­tion et de valo­ri­sa­tion de la Trame verte et bleue et des espaces natu­rels qui la com­posent ». La « Trame verte et bleue », ou TVB ? Entendez les milieux natu­rels ter­restres et aqua­tiques qui consti­tuent un « réseau formé de conti­nui­tés éco­lo­gique ».

 

La Métro veut ainsi « confor­ter la place de la nature en ville, en conci­liant la pré­ser­va­tion de la bio­di­ver­sité avec les besoins de den­si­fi­ca­tion et de déve­lop­pe­ment ». En par­ti­cu­lier les « réser­voirs de bio­di­ver­sité » proches des zones urbaines et très fré­quen­tés et les « espèces flo­ris­tiques et fau­nis­tiques remar­quables du ter­ri­toire ».

 

Christophe Ferrari en visite au parc de l'Île d'amour (Meylan) le 15 juin 2017 © Lucas Frangella - Grenoble-Alpes Métropole

Christophe Ferrari en visite au parc de l’Île d’a­mour (Meylan) le 15 juin 2017 © Lucas Frangella – Grenoble-Alpes Métropole

 

Concrètement, la Métro sou­haite, à l’ho­ri­zon 2021, iden­ti­fier les espaces à pro­té­ger et les mesures régle­men­taires à adop­ter. Grenoble-Alpes Métropole s’en­gage par ailleurs à adop­ter une stra­té­gie fon­cière fai­sant preuve de la « sobriété néces­saire dans l’utilisation des sols qui, une fois arti­fi­cia­li­sés, sont dif­fi­ci­le­ment récu­pé­rables ou à un coût impor­tant ».

 

La col­lec­ti­vité se fixe enfin des objec­tifs chif­frés. Pour 2021, elle vise « 20 % des réser­voirs de bio­di­ver­sité en bon état éco­lo­gique », « 20 % des cor­ri­dors éco­lo­giques** fonc­tion­nels », « 20 % des zones humides et des pelouses et coteaux secs à enjeux en bon état » et « 20 % de la trame bleue fonc­tion­nelle et favo­rable à la bio­di­ver­sité ».

 

 

Impliquer les partenaires et les citoyens

 

Deuxième point : « l’innovation en matière de coopé­ra­tion ». D’ici 2021, la Métro sou­haite ainsi enga­ger au moins vingt par­te­naires à ses côtés en faveur de la bio­di­ver­sité « par la mise en œuvre d’actions concrètes sur le ter­ri­toire métro­po­li­tain et au-delà ». Quel type de par­te­naires ? « Cela inclut les com­munes, les asso­cia­tions locales, le Département ou la Région », détaille Christophe Ferrari.

 

Le pré­sident de la Métro assure avoir déjà trouvé du répon­dant, notam­ment un « fort sou­tien » de la part du Conseil régio­nal Auvergne-Rhône Alpes. Outre les acteurs ins­ti­tu­tion­nels, l’ob­jec­tif est de redy­na­mi­ser les « comi­tés de sites annuels », des « lieux de pro­po­si­tions, de débat et de concer­ta­tion où se tra­duira très vite un pro­jet de site, pour lequel les habi­tants de proxi­mité seront consul­tés », pré­cisent les ser­vices de la Métro.

 

Le Parc Hubert Dubedout, Saint-Martin-d’Hères, Eybens, Poisat © Grenoble-Alpes Métropole

Le parc Hubert Dubedout, Saint-Martin‑d’Hères, Eybens, Poisat © Grenoble-Alpes Métropole

 

Un élé­ment qui rejoint le troi­sième aspect déve­loppé dans la stra­té­gie métro­po­li­taine : « L’innovation dans la rela­tion aux citoyens et usa­gers ». La sen­si­bi­li­sa­tion des habi­tants aux bien­faits de la TVB se pose ainsi comme « une orien­ta­tion stra­té­gique majeure », afin d’en garan­tir son accep­ta­bi­lité sociale et son appro­pria­tion par le plus grand nombre.

 

Le Bois Français, Vallée du Grésivaudan © Grenoble-Alpes Métropole

Le Bois fran­çais, val­lée du Grésivaudan © Grenoble-Alpes Métropole

« Il y a une aspi­ra­tion à plus de nature en ville, mais l’ac­cep­ta­tion se heurte en même temps à un para­doxe qui peut appa­raître chez cer­tains de nos conci­toyens. La nature en ville, ce sont des plaines qui ne sont pas fau­chées comme elles l’é­taient avant, c’est aban­don­ner un modèle d’im­per­méa­bi­li­sa­tion des sols, c’est lais­ser renaître la nature là où l’on met­tait des pro­duits phy­to­sa­ni­taires… », explique Christophe Ferrari.

 

En somme, trou­ver le bon équi­libre entre le bitume à outrance et la nature sau­vage ? « On sait qu’une nature non entre­te­nue peut entraî­ner des risques. Mais il y a une façon de lais­ser des espaces de bio­di­ver­sité sans avoir une approche entro­pique ! », ajoute Christophe Ferrari. Aucun “enfer vert” à redou­ter pour les plus rétifs, donc.

 

 

Des dizaines de milliers de visiteurs chaque année

 

Les six espaces natu­rels sont déjà bien fré­quen­tés. Le Bois fran­çais, dans la Vallée du Grésivaudan a par exemple enre­gis­tré sur 107 jours d’ou­ver­ture cet été 85 000 entrées, dont 13,5 % d’en­fants de moins de 6 ans. « Un vrai public fami­lial et inter­gé­né­ra­tion­nel », se réjouit le pré­sident de la Métro.

 

Les Vouillants, Fontaine / Seyssinet-Pariset © Grenoble-Alpes Métropole

Les Vouillants, Fontaine – Seyssinet-Pariset © Grenoble-Alpes Métropole

 

En 2016, les Vouillants avaient accueilli 77 000 per­sonnes sur l’an­née. Le parc de l’Île d’a­mour avait, lui, compté 230 000 pas­sages, avec un pic au prin­temps et en été. Une baisse est tou­te­fois atten­due sur 2017, le parc ayant un temps été occupé par les Gens du voyage.

 

Des chiffres « colos­saux », note Christophe Ferrari. « Cela montre l’at­ta­che­ment que les métro­po­li­tains ont pour leurs espaces natu­rels. Nous avons un devoir et une volonté de ren­for­cer l’at­trac­ti­vité et l’en­vie des métro­po­li­tains de les fré­quen­ter ! » Et ceci toute l’an­née, conclut le pré­sident de la Métro, afin de favo­ri­ser « une édu­ca­tion aux sai­sons », qu’il juge essen­tielle.

 

 

Florent Mathieu

 

 

* Colloque « Regards croi­sés – Mise en œuvre des trames vertes et bleues urbaines et péri urbaines en Auvergne-Rhône-Alpes – de la pré­ser­va­tion de la bio­di­ver­sité au pro­jet de ter­ri­toire » réunis­sant les acteurs direc­te­ment impli­qués dans la mise en place de ces trames. Parmi eux, Eric Fournier, vice-Président à l’environnement, au déve­lop­pe­ment durable, à l’énergie et aux Parcs natu­rels régio­naux de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Fabrice Gravier, chef du ser­vice mobi­lité, amé­na­ge­ment et pay­sages à la Dreal Aura), Marie-Paule de Thiersant, pré­si­dente de la Ligue pro­tec­trice des oiseaux coor­di­na­tion Aura, Joël Baud-Grasset, pré­sident de l’union régio­nale CAUE Aura et de la FNCAUE, et François-Xavier Mousquet, grand témoin.

 

  • ** Un « cor­ri­dor bio­lo­gique », ou « bio­cor­ri­dor », désigne des milieux natu­rels connec­tés entre eux, offrant aux espèces des condi­tions favo­rables à leur dépla­ce­ment, leur ali­men­ta­tion, leur repro­duc­tion, voire leur hiber­na­tion. Bref, à « l’accomplissement de leur cycle de vie », comme l’é­crit l’Agence fran­çaise pour la bio­di­ver­sité.

 

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