Pas respectée, la pastille anti-pollution rate son démarrage à Grenoble

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FOCUS – Grenoble a été la première en France à mettre en œuvre la pastille Crit’air et, avec elle, les interdictions de circulation lors des épisodes de pollution. Avec quelle efficacité ? Le dispositif, évalué sur une seule journée en janvier dernier, n’est pour l’heure guère concluant. Le trafic routier a à peine diminué, tout comme, fort logiquement, les émissions de polluants atmosphériques. La faute à une mesure (encore) insuffisamment respectée ? En attendant, pendant que les pouvoirs publics se focalisent sur les pics, la pollution de fond sévit toujours…

 

 

 

A Grenoble, l’air est sou­vent pol­lué. Mais moins qu’il y a dix ans. Et moins que dans la val­lée de l’Arve, le Nord Isère ou le bas­sin lyon­nais. Il y a donc, et il y a eu, pire. Partant du prin­cipe que ce n’est tou­te­fois pas une rai­son pour ne plus rien faire, et se conten­ter d’engranger ce qui reste des béné­fices de l’amélioration de la des­serte en trans­ports en com­mun, Grenoble conti­nue de faire la chasse aux pol­luants.

 

Pollution dans la cuvette grenobloise : pour la première fois, les véhicules les polluants (immatriculés avant 1997) seront interdits de circulation dès samedi 10 décembre. Lundi, avec la persistance du pic de pollution, l'interdiction devrait être élargie. Crédit Patricia Cerinsek

Pollution dans la cuvette gre­no­bloise. © Patricia Cerinsek

 

Dans le col­li­ma­teur ? Tout ce qui roule moyen­nant moteur sur la route. Et a for­tiori au gasoil. Le tra­fic rou­tier étant le prin­ci­pal émet­teur de dioxyde d’azote et le second émet­teur de par­ti­cules fines en sus­pen­sion der­rière le chauf­fage indi­vi­duel au bois, la capi­tale des Alpes, ne voyant rien venir de Paris, a décidé de don­ner elle-même un coup de balai.

 

 

 

Une évaluation faite le 26 janvier 2017, jour de pic de pollution

 

 

En France, Grenoble a ainsi été la pre­mière à bran­dir les cer­ti­fi­cats Crit’air pour res­treindre la cir­cu­la­tion les jours de pol­lu­tion – à par­tir du cin­quième jour de pol­lu­tion tou­te­fois – et à mettre en place la cir­cu­la­tion dif­fé­ren­ciée fonc­tion de la moto­ri­sa­tion et de la date d’immatriculation du véhi­cule. L’occasion de damer le pion à la cir­cu­la­tion alter­née au nez et à la barbe de la maire de Paris…

 

Concentration de PM 10 dans cinq territoires de la région. Doc Atmo

Concentration de par­ti­cules PM 10 dans cinq ter­ri­toires de la région. Doc Atmo Auvergne Rhône-Alpes.

Les mesures ont d’abord été tes­tées en décembre 2016 à la faveur d’un long épi­sode de pol­lu­tion aux par­ti­cules fines. Puis acti­vées gran­deur nature – com­prendre avec contrôles et ver­ba­li­sa­tions à la clé – en jan­vier.

 

Le dis­po­si­tif qui, pour beau­coup, relève davan­tage de l’usine à gaz, est-il concluant ? Cela ne saute pas aux yeux.

 

Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, l’association char­gée de mesu­rer la qua­lité de l’air dans la région, a mesuré son effi­ca­cité, mais sur une seule jour­née : celle du 26 jan­vier 2017. Une des pires qu’a connues l’agglomération cet hiver. Ce jour-là, toutes les mesures pré­vues dans le dis­po­si­tif ont été acti­vées pour inci­ter, si ce n’est obli­ger, l’automobiliste à lâcher le volant.

 

Pour ce sep­tième jour de pol­lu­tion aux par­ti­cules fines, les vitesses maxi avaient été rabais­sées, un quart du parc auto­mo­bile prié de res­ter au garage, les trans­ports en com­mun étaient gra­tuits (excep­tion faite du TER), de même que Métrovélo… Bref, tout y était. Ou presque. Parce que l’automobiliste, lui, n’y était pas…

 

 

 

Le trafic n’a baissé que de 5 %…

 

 

Atmo tablait sur une baisse du tra­fic de 22 % ? Elle n’a été que de 5 %. Sur une baisse des émis­sions de par­ti­cules fines de 34 % ? Elle n’a été que de 8 %. Même décon­ve­nue du côté des émis­sions de dioxydes d’azote. A la place des 40 % de baisse atten­dues, un maigre 9 %…

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Commentaires 7
  1. Ma moto (750 cm³) est en cat.4, car imma­tri­cu­lée 15j trop tot (14÷06÷2004). La MEME, imma­tri­cu­lée 15j plus tard serait en cate­go­rie 3.
    Ma voi­ture, un break 2l de 2011 est en cate­go­rie 2.
    Donc, en cas de res­tric­tion, j ai le droit de rou­ler en voi­ture, tout seul dans mon die­sel de 4,5m mais je n ai pas le droit d uti­li­ser ma moto.
    Elle est où la logique ???

    Et ne par­lons pas de la signa­li­sa­tion sur les auto­routes… Entre les pan­neaux en panne, ceux d’in­for­ma­tions et ceux non « retour­nés », on ne sait plus a quoi se fier. Moi, je me fie aux pan­neaux que je vois, tant pis si cer­tains font mal leur bou­lot…

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  2. Anecdote rigo­lote :
    Un amis, avec une très belle situa­tion finan­cière c’est acheté un jou­jou : Audi RS5
    Il a payer une belle sur­prime « pol­lu­tion  » a l’a­chat de son auto. nor­mal 500 Ch, essence.
    Et quand i l a demandé la pas­tille et bien… rou­le­ment de tam­bour.……

    Il a tirer le numéro 1. Et peux donc en toute léga­lité se bala­der dans l’ag­glo avec sa glou­tonne auto­mo­bile neuve !!!!

    Le coup des plaques paires/impaires était tel­le­ment plus simple, plus équi­table mais bon!!

    Et une der­nier inter­ro­ga­tion, dans 5/6 ans, on va faire com­ment pour rem­pla­cer le chiffre 1 ? N’aurions nous pas dû faire une échelle inver­sée ?

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  3. Le coup de ce type de mesures en consi­dé­rant les temps pas­sés par tous, puis la logis­tique asso­ciée inter­pelle. Le chauf­fage au bois, et les émis­sions des sites indus­triels nous rap­pellent tous gre­no­blois que le bon sens se perd au pro­fit de la com­mu­ni­ca­tion et de mesures plus média­tiques qu’ef­fi­caces. Lorsque nous rou­le­rons à l’élec­trique, il y aura encore des émissions…mais tou­jours des bou­chons et pour­tant sans émis­sions de gaz d’é­chap­pe­ment ! (et tou­jours pas de rocades réamé­na­gées, vive le dogme, et l’a­veu­gle­ment, et merci la comm)

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  4. Il me paraît com­pli­qué de tirer de telles conclu­sions et de juger le dis­po­si­tif anti pol­lu­tion sur seule­ment une jour­née.
    Le prin­ci­pal pro­blème vient des che­mi­nées au bois mal opti­mi­sées (les nou­veaux inserts et réseaux de cha­leur bois sont au contraire très per­for­mants), puis vient de la cir­cu­la­tion auto­mo­bile – On pas­sera sur la contre-vérité du GAM.
    Si le tra­fic auto­mo­bile ne baisse pas, ce n’est pas que la faute des pou­voirs publics. Il y a un moment où chaque auto­mo­bi­liste doit se rendre compte de ce qu’il génère. même si c’est contrai­gnant, un peu d’ef­fort pour l’in­té­rêt col­lec­tif ne fait pas de mal dans cette société indi­vi­dua­liste où on roule trop, et où nous sommes en train d’en payer les consé­quences (1 décès tous les 3 jours dans l’ag­glo).
    Pour s’en sor­tir, une seule solu­tion : ÉVITER au maxi­mum nos dépla­ce­ments en voi­ture est la pre­mière chose à faire, vignette de bonne cou­leur ou non. puis on RÉDUIT la pol­lu­tion dans la mesure du pos­sible par des véhi­cules per­for­mants et sobres. Enfin, on trouve le moyen de COMPENSER les dégâts, c’est à dire on fait payer les firmes pétro­lières pour nos can­cers. Les hommes/femmes poli­tiques « dog­ma­tiques » dans cette his­toire sont ceux qui refusent de voir la réa­lité de la pol­lu­tion en face, ou pire, qui en donnent comme res­pon­sable les poli­tiques de réduc­tion de la voi­ture en ville… c’est un sacré culot !
    Enfin, cette vignette est insuf­fi­sante : il manque la cylin­drée du véhi­cule pour la rendre vrai­ment juste et cohé­rente. Pourquoi le der­nier cros­so­ver Diesel payé par le riche bour­geois a le droit de rou­ler et pas une petite AX de pauvre ouvrier ?

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  5. Il ne faut pas voir le verre à moi­tié vide. 10% de pol­lu­tion en moins c’est déjà un gros pro­grès pour une nou­velle mesure, et c’est ce qu’a réussi une ville comme Berlin (cf. récente Thema d’Arte sur la pol­lu­tion). De plus, avec 5% de tra­fic en moins, j’ai constaté qu’il y avait moins de bou­chons… Enfin, quant aux tra­di­tion­nelles cri­tiques du GAM, si cer­taines d’entre-elles sont fon­dées, il est beau­coup plus facile de venir en voi­ture d’une enclave hip­pie du Trièves sans se poser trop de ques­tions, que d’es­sayer de trou­ver des solu­tions…

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  6. Non, le die­sel est le 4eme émet­teur de par­ti­cules fines, der­rière le chauf­fage, l’in­dus­trie et l’a­gri­cul­ture…

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    • PC

      30/03/2017
      19:42

      Le tra­fic rou­tier est le deuxième émet­teur de par­ti­cules fines l’hi­ver dans les val­lées alpines, même s’il est loin der­rière le chauf­fage au bois indi­vi­duel non per­for­mant qui, à lui seul, repré­sente à peu près les deux tiers des émis­sions. Les véhi­cules, et a for­tiori les die­sels, repré­sentent envi­ron 20 % des émis­sions, le reste se par­ta­geant entre l’in­dus­trie, l’a­gri­cul­ture et le ter­tiaire hors chauf­fage au bois. Il s’a­git là de don­nées four­nies par Atmo Auvergne Rhône-Alpes, à l’é­chelle donc de la région, et non des don­nées natio­nales.
      Donc non, à Grenoble, le die­sel n’est pas le 4e contri­bu­teur de par­ti­cules fines.

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