FOCUS – Près d’un millier d’étudiants ont manifesté jeudi 22 octobre 2026 à Grenoble pour dénoncer leurs conditions d’études et réclamer davantage de moyens pour l’université. Après un rassemblement sur le campus de Saint-Martin-d’Hères dans la matinée, les manifestants ont pris la direction du centre-ville. Mais un important dispositif policier les attendait aux abords du parc Paul-Mistral pour les empêcher de pénétrer dans le périmètre interdit aux manifestations par la préfecture. Des tensions ont éclaté et les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser le cortège.
La mobilisation étudiante a débuté dès 9 heures, jeudi 22 octobre, sur le campus universitaire de Saint-Martin-d’Hères. À l’appel de l’assemblée générale étudiante de Grenoble, quelque 150 étudiants se sont rassemblés devant la Maison du doctorant Jean-Kuntzmann, où devait se tenir un conseil d’administration de l’Université Grenoble Alpes (UGA).
Aux cris de « Étudier est un droit, pas un privilège », les manifestants ont demandé à rencontrer le président de l’université, Yassine Lakhnech. Celui-ci est descendu peu après à leur rencontre mais les échanges se sont rapidement tendus, comme l’a indiqué Le Dauphiné libéré. Régulièrement interrompu, le président de l’UGA n’a pas pu aller au bout de son intervention et a finalement regagné les locaux.
Des étudiants mobilisés pour dénoncer leurs conditions d’études
Si le mouvement lycéen du mois d’octobre a contribué à mobiliser les étudiants, ces derniers entendaient faire entendre leurs propres revendications. L’Unef réclame notamment la reconnaissance d’un droit de grève étudiant sans pénalisation dans les cursus universitaires, l’abandon des augmentations de frais d’inscription prévus pour les étrangers et l’inscription des étudiants toujours privés d’affectation dans l’enseignement supérieur (les fameux sans-fac).
Les conditions matérielles d’enseignement figurent également parmi les motifs de mécontentement. Les étudiants dénoncent la vétusté de certains bâtiments universitaires, notamment sur le site Stendhal, des salles insuffisamment chauffées en hiver ou encore le manque d’enseignants pour assurer certains cours. Des difficultés auxquelles s’ajoute le sentiment de ne pas être entendus par l’administration universitaire.
Près d’un millier d’étudiants ont manifesté en direction de Grenoble
Vers 11 h 30, environ 300 étudiants étaient réunis à proximité de l’arrêt de tramway Bibliothèques universitaires. Le cortège s’est ensuite dirigé vers Grenoble puis a grossi au fil du parcours. Vers 12 h 30, entre 500 et 600 étudiants défilaient dans les rues, avec l’objectif de rejoindre le rectorat de Grenoble.
Un second cortège, parti du campus Sud, a rejoint le premier vers 13 h 15, au niveau de l’avenue Jean-Perrot. Environ un millier d’étudiants (840 d’après la police) ont alors poursuivi leur mobilisation en direction du centre-ville, malgré l’interdiction préfectorale de manifester dans ce secteur, entrée en vigueur le matin même à 6 heures.
Un important dispositif policier attendait les manifestants aux abords du parc Paul-Mistral. Environ une centaine de policiers avaient été déployés, notamment du côté du boulevard Jean-Pain, pour leur barrer l’accès au centre-ville.
Face-à-face tendu et gaz lacrymogènes près du parc Paul-Mistral
Peu avant 14 heures, la situation s’est tendue. Les étudiants, qui scandaient des slogans et applaudissaient, se sont retrouvés à quelques mètres seulement des forces de l’ordre. Les policiers ont procédé à des sommations avant de faire usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Une charge policière a également eu lieu. Sous l’effet des gaz lacrymogènes, les étudiants se sont dispersés dans le parc Paul-Mistral.
Puis la situation s’est progressivement apaisée et les derniers participants ont quitté le secteur vers 15 h 30. La circulation automobile a alors pu reprendre, même si les policiers sont restés déployés sur place. La mobilisation avait entre temps également provoqué d’importantes perturbations sur le réseau de transports en commun grenoblois. Plusieurs portions des lignes de tramway A et C ont été interrompues et de nombreuses lignes de bus ont dû adapter leur itinéraire.
Cette nouvelle journée de mobilisation étudiante s’inscrivait dans la continuité du mouvement lycéen qui a aussi trouvé des relais auprès des Gilets jaunes et des syndicats, comme l’a montré la grande manifestation du 17 octobre 2026 à Grenoble. Une prochaine journée de mobilisation est prévue samedi 24 octobre.













