DÉCRYPTAGE – Dispositifs d’aide aux commerçants et mesures de sécurité décidées par la préfète de l’Isère, avec notamment des manifestations interdites dans une partie du centre-ville jusqu’au dimanche 25 octobre 2026. Quelques jours après les pillages et les dégradations qui ont frappé le centre-ville de Grenoble et à l’approche de nouvelles mobilisations dont celle des Gilets jaunes prévue samedi 24 octobre, le monde économique et les services de l’État font front.
Comment aider les commerçants à se relever des dégâts qui ont accompagné les manifestations du samedi 17 octobre à Grenoble tout en évitant de nouveaux débordements ? Cette double préoccupation a dominé les échanges entre les acteurs économiques et les pouvoirs publics, mercredi 21 octobre 2026, à 17 heures, à la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Grenoble.
La CCI y a présenté – comme elle l’avait annoncé – les premières mesures d’accompagnement des entreprises sinistrées. Puis la préfète de l’Isère, Catherine Séguin, a pris le relais, aux côtés de Pierre Streiff, président de la chambre consulaire, pour détailler les restrictions décidées en vue des prochaines manifestations.
« Le plus gros de la crise est maintenant et dans les semaines qui viennent »
Pierre Streiff a d’abord dressé un bilan des dégâts recensés : 106 commerces touchés, dont 24 pillés. Les arrêtés préfectoraux signés le même jour évoquent, eux, plus de 80 commerces et agences bancaires ayant fait l’objet de pillages. Une différence importante difficile à expliquer. Mais au-delà des vitrines brisées et des marchandises dérobées, les organisations professionnelles s’inquiètent des conséquences durables de ces violences sur l’activité commerciale du centre-ville.

La conférence de presse à la CCI a réuni plusieurs organisations professionnelles pour présenter les premières mesures d’accompagnement des commerces sinistrés. © Joël Kermabon – Place Gre’net
Emmanuel Lenoir, vice-président chargé du commerce de la CCI et président de l’association de commerçants Labelville, a quant à lui salué la mobilisation des services de nettoyage, ainsi que les témoignages de solidarité envers les professionnels touchés. Puis il a insisté sur l’urgence de préserver leur trésorerie. Car les entreprises sinistrées doivent non seulement réparer leurs locaux et reconstituer leurs stocks, mais également continuer à payer leurs salariés, leurs fournisseurs et leurs charges.
« Il faut qu’on ait des avances de trésorerie parce que, sinon, on ne pourra pas faire face aux dépenses qui nous arrivent », a-t-il averti. La CCI et ses partenaires ont notamment engagé des démarches auprès des assureurs, des établissements bancaires et des organismes sociaux pour faciliter l’accompagnement des commerçants. Parmi les pistes évoquées, figurent l’accélération des indemnisations, l’échelonnement des paiements, les reports de charges et le recours à l’activité partielle lorsque la situation le justifie.
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