EN BREF – Le salon de coiffure Queen Hair, en plein cœur du quartier Championnet à Grenoble, a été réduit en cendres par un incendie criminel dans la nuit du 2 au 3 juin 2026. Un acte qui s’ajoute à une série noire d’attaques contre des commerces ces derniers mois. De quoi s’interroger sur d’éventuelles pratiques de racket.
Nouvel acte d’intimidation contre des commerçants grenoblois. Dans la nuit du 2 au 3 juin 2026 à 00 h 59, un incendie criminel s’est déclaré dans le salon de coiffure Queen Hair, situé 1 rue Condorcet à Grenoble. Selon les autorités, un témoin a entendu une explosion dans le salon, avant que les flammes ne ravagent l’établissement. Des individus encagoulés ont alors été vus en train de s’enfuir en courant, non sans avoir immortalisé la scène sur un téléphone.
Les riverains désemparés face à la situation
Les pompiers, rapidement sur place, ont maîtrisé l’incendie mais le salon a été entièrement détruit. Onze personnes de l’immeuble de quatre étages ont, en outre, fait l’objet d’une évacuation par les sapeurs-pompiers, tandis que quatorze autres, incommodées par les fumées, étaient prises en charge. Parmi elles, deux blessés légers transportés au CHU de Grenoble en urgence relative. Aucun décès n’est heureusement à déplorer.

Le salon de coiffure a été totalement détruit par les flammes. © Maureen Dufournet – Place Gre’net
Sur place, les habitants du quartier Championnet s’interrogent sur leur sécurité. « C’est la deuxième fois en quelques jours qu’un commerce du centre-ville est visé. C’est vrai que c’est inquiétant », déclare un riverain. « Ça fait mal au cœur », ajoute un voisin de la rue Lesdiguières. Un autre habitant du quartier est, quant à lui, désespéré : à 78 ans, il n’a jamais vu une telle violence dans la ville. Une enquête est en cours pour identifier les auteurs et les motivations de cet acte.
Un contexte de violences répétées à Grenoble
Cet incendie s’inscrit dans une série d’attaques contre des commerces qui ont marqué Grenoble le premier semestre 2026. Dernier événement en date, une boulangerie-pâtisserie du centre-ville, Au Chardon bleu, située dans une rue piétonne, a été détruite par une attaque à la voiture-bélier lors du dernier week-end de mai.

Les appartements de l’immeuble de quatre étages semblent ne pas avoir été touchés. En revanche, la montée d’escalier est bien noircie, suite à l’éclatement de la cloison du magasin sous l’effet des flammes. © Maureen Dufournet – Place Gre’net
En avril 2026, l’ancien bar SOS Apéro, sur le cours Jean-Jaurès, avait été touché par un incendie volontaire. En mars 2026, un restaurant de la place Saint-Bruno avait également subi une attaque à la voiture-bélier. Et en février 2026, une boucherie des Grands Boulevards avait été la cible d’un incendie d’origine criminelle.
Cette recrudescence d’attaques contre des commerces interroge forcément. Et n’est pas sans faire penser à des pratiques de racket par des groupes mafieux. Dans le sud de la France, notamment à Marseille avec la DZ Mafia. Mais aussi à Grenoble, avec le racket d’entreprises du BTP. Toutefois, à ce stade, ni la police, ni la justice n’ont communiqué sur une piste privilégiée.
La ville fait également face à une nette augmentation des règlements de comptes, notamment liés au narcotrafic. Le procureur de la République, Étienne Manteaux, avait alerté en mai 2026 sur une escalade de la violence : « Depuis six mois, les individus ne tirent plus pour impressionner, mais pour tuer. »











10 réflexions sur « Un salon de coiffure réduit en cendres quartier championnet : Grenoble face à la multiplication des incendies criminels »
Ils ne veulent pas installer de caméras, il n’y a rien à faire. Ce sont des idéologues, c’est comme ça. C’est vraiment agaçant, rien ne les fait changer d’avis parce que ça ne correspond pas à leurs valeurs. La réalité ? Ils s’en foutent.
Le dispositif de vidéo-protection de Grenoble comprend 118 caméras extérieures. Levez les yeux la prochaines fois que vous êtes arrêté à un feu rouge. 😉
Et pour votre gouverne, en l’absence totale de consensus scientifiques sur l’utilité des caméras de surveillance dans la lutte contre la criminalité, vouloir en installer est tout autant idéologique que ne pas vouloir en installer.
Combien de ces criminels ont-ils été filmés par les caméras inexistantes de Piolle-Ruffin ville ? Sans oublier les incendiaires de la biblliothèque Chantal Mauduit qui courent toujours. La bibliothèque était toute neuve mais sans aucune caméra !
La soeur de François Ruffin (« la meilleure de la famille » qu’il dit …) doit soit mettre toute son énergie dans le rétablissement de la sécurité à Grenoble, soit démissionner pour que quelqu’un d’autre prenne les commandes. Maintenant. C’est plus qu’urgent.
Malheureusement les caméras ne changeraient rien… d’ailleurs plusieurs de ces individus ont bel et bien été filmé tandis qu’ils commantaient leurs méfaits. Celà a t’il servi l’enquête ? À quoi ça vous sert une vidéo sur laquelle on voit passer trois gus cagoulés ? Même si notre pays connaissait un malheureux changement de régime, la vidéo-protection ne sera jamais omnipotente. Il y aura toujours une limite à la couverture vidéo. Et puis même pas besoin d’installer de caméra, ces bandits se filment eux-mêmes et pulient ces vidéos de provocation sur les réseaux sociaux… Quant on voit qu’un traficant chez qui la police a trouvé des dizaines de kilos de drogues s’en tire sans problème, on comprend que les vrais solutions pour entraver ces réseaux se trouvent ailleurs. Arrêtez de fantasmer cette lubie sécuritaire de flanquer des caméras partout : ça ne sert à rien !
Donner plus de moyen aux polices, à la justice, aux clubs de sports et associations culturelles, travailleurs sociaux, aux SCAPA et autres centres et associations de soin et de prévention en addictologie (car on ne parle jamais des consommateurs dépendants qui malgré leur volonté de s’en sortir restent plusieurs années sur liste d’attente avant de pouvoir être pris en charge par des services d’addictologie), créer les conditions d’une vie digne et vivable, même pour les plus précaires. Combattre l’exclusion et la popérisation massive.
Les inégalités sociales ne cessent d’atteindre de nouveaux sommets chaque année, notre environnement devient chaque saison moins vivable. Mais vous, vous pensez trouver la paix en flanquant des caméras partout. C’est navrant.
Informez vous.
https://www.placegrenet.fr/2026/01/26/tribunal-judiciaire-installation-du-president-alain-troilo-et-pique-du-procureur-etienne-manteaux-sur-les-cameras-de-videosurveillance-a-grenoble/670145
Mentionnant en comparaison des enquêtes menées à Échirolles, le procureur Étienne Manteaux a souligné combien les images des caméras « se sont révélées déterminantes pour faire progresser les investigations ». Et de vanter le travail mené en commun avec les autres communes entourant Grenoble « afin de mieux mailler leurs territoires de caméras pour faciliter l’élucidation de crimes et de délits ».
« On regrette qu’il n’en soit pas de même à Grenoble où, actuellement, sur la voie publique, en dehors des caméras protégeant les bâtiments de la Ville, seules vingt caméras fournissent des images utiles à Grenoble », a déploré le magistrat. Et d’enfoncer le clou : « Cela conduit à ce constat désolant qu’à Grenoble, les enquêteurs […] travaillent bien souvent à l’aveugle. S’il n’y a pas de témoins des faits, ou si les auteurs n’ont pas laissé d’ADN sur la scène de crime, les espoirs d’élucidation sont très faibles ».
Désolé de ne pas aller dans votre sens, mais des caméras ça sert pour retrouver les delainquants. Je suis partis de Grenoble depuis 18 mois et je suis dans une ville où il y a autant de caméra que d’habitant et je peux vous dire que la mairie retourne tous les « délinquants ». Un tagueur a été retrouvé et puni par la loi…
*M. Manteaux
M. Manteaux le dit lui-même et insiste, la vidéo-protection ne peut pas tout résoudre, juste perturber quelques points de deal, amasser des preuves aux long cours pour charger les petites mains. Lui même rappel qu’il faut s’attaquer à tout le spectre du narcotrafique. Que la mairie doive un minimum jouer son rôle avec l’installation de caméra c’est un fait… mais oh surprise qu’est il écris dans l’article que vous avez cité : « Laurence Ruffin envisage quant à elle bel et bien l’implantation de nouvelles caméras ». N’avez vous pas levé les yeux pour admirer ces magnifiques caméras fleurir sur tous les feux de circulation et à toutes les intersections ces derniers temps ?
Mais si rien n’est fait sur le plan social pour lutter contre la popérisation massive et croissante, c’est caméra n’apporteront pas plus de quiétude à la ville que d’accrocher des pétards à la ceinture de nos braves agents de la mumu. Une fois de plus, j’en référe aux propos de M. Manteaux lui-même, ce qui manque, c’est des OPJ. Et ça, ça ne dépend absolument pas de la ville.
Vous soutenez les propos de M. Bareau comme si ils étaient paroles d’évangile mais M. Bareaux est procureur. Les procureurs ont toujours été hyper chaux de la répression. C’est normal, c’est leur métier. Évidemment que les procureurs veulent plus de caméra. Et ils en voudront toujours plus. Et heureusement qu’il y a des contre-pouvoirs au sein du judiciaire, du législatif mais aussi nos chers et chères élu.es comme M. Ruffin par exemple. 😜
Je suis septique concernant la meilleure élucidation d’affaires grâce aux caméras car des études académique concluent exactement l’inverse. Parle t’on d’attraper des merdeux qui chouffes ou (j’en rie ! 🤣) de redoutables taggeurs qui font des graphittis sur les murs ? …ou bien parle t’on de régler durablement un profond mal-être collectif ?
* M. Manteaux (pas Bareaux 🙈)
Le procureur a raison de dire que les caméras sont nécessaires mais ne suffisent évidemment pas. Il faut aussi une volonté de combattre la déliquance, volonté qui est inexistante à Piolle-Ruffin ville.