EN BREF – Depuis le début de l’année 2026, Grenoble et sa région subissent une vague importante d’incendies criminels et d’actes d’intimidation. Entre “paillassonnages” (mise à feu de paillassons), tirs contre les portes et incendies d’établissements, ces agissements menacent la sécurité des habitants.
L’incendie criminel qui a coûté la vie à trois personnes à Décines-Charpieu, dans la métropole de Lyon, le 12 mai 2026, a mis en lumière une tendance alarmante : actes d’intimidation par le feu et tirs contre les logements se multiplient dans la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Si ce drame a marqué les esprits, il s’inscrit dans une série d’événements similaires observés depuis le début de l’année 2026. Et particulièrement à Grenoble et son agglomération, où ces méthodes violentes deviennent de plus en plus fréquentes.
Des incendies criminels ciblés
Depuis janvier 2026, plusieurs incendies volontaires ont visé des logements et des commerces à Grenoble. Le 24 février, une boucherie halal de la rue Nestor-Cornier a ainsi été entièrement détruite par un feu d’origine suspecte. Le 10 mars, une voiture-bélier incendiée détruisait l’ancien restaurant Le Phouket, place Saint-Bruno, causant d’importants dégâts matériels.

Incendie boucherie halal, 25 février 2026. © Maureen Dufournet – Place Gre’net
Le 13 avril, c’était au tour de l’ancien bar SOS Apéro, situé rue Colbert, d’être ravagé par un incendie dont la piste criminelle est privilégiée. Ces actes, bien qu’ils n’aient pas fait de victimes directes, révèlent une volonté de nuire ou d’intimider.
Le « paillassonnage », une méthode d’intimidation en hausse
Parallèlement, une autre forme d’agression se développe : le « paillassonnage », qui consiste à enflammer des paillassons devant les portes des appartements. Cette pratique a été observée à plusieurs reprises dans l’agglomération grenobloise. Notamment dans la nuit du 23 au 24 janvier avenue Marcelin-Berthelot, ou mercredi 25 février, peu avant minuit. La porte d’un appartement où se trouvaient une jeune femme et son bébé avait alors été volontairement incendiée.
Plus récemment, les 9 et 10 mai à Saint-Martin-d’Hères et Grenoble, deux départs de feu criminels, allumés sur un paillasson, ont ciblé des appartements en pleine nuit. Bien que les dégâts soient souvent limités, ces actes créent un climat de terreur pour les habitants, exposés aux risques de propagation des flammes et d’asphyxie.

Le 10 mars, une voiture-bélier incendiée a détruit l’ancien restaurant Le Phouket, dans le quartier de Saint-Bruno à Grenoble. © Joël Kermabon – Place Gre’net
Ces “paillassonnages” sont parfois accompagnés de tirs contre les portes des appartements. Le 9 janvier, un logement du cours de la Libération, dans le quartier des Eaux-Claires de Grenoble, a ainsi été la cible de coups de feu, suivis d’une tentative d’incendie.
Le 27 février, un enfant de 7 ans a même été grièvement blessé par des éclats de balle alors qu’il était chez lui. Les enquêteurs ont retrouvé des douilles de gros calibre sur les lieux, confirmant l’utilisation d’armes à feu. Si les circonstances exactes restent floues, les autorités évoquent un possible règlement de comptes lié au narcotrafic.
Des enquêtes toujours en cours
Ces événements montrent que ces stratégies d’intimidation prennent des formes de plus en plus violentes. La police, sollicitée, n’a pas souhaité réagir, évoquant les nombreuses enquêtes toujours en cours pour déterminer les circonstances exactes de certains incendies.
Pour l’heure, faute de jugements, les motivations de ces actes restent donc à l’état d’hypothèses : règlements de comptes, intimidation envers des proches de personnes incarcérées ou liées aux trafics… Voire, pour certains cas, actes xénophobes.








3 réflexions sur « Incendies criminels et actes d’intimidation en hausse à Grenoble : cette évolution inquiétante qui interroge »
Laurence Ruffin va faire de la prévention en palabrant avec la racaille , et trouver un modus vivendi avec eux comme son mentor Piolle! 🙄👎🏼
Serait-ce à cause des « copains d’en bas » comme on dit à la mairie de Grenoble ?
https://www.placegrenet.fr/2024/01/08/grenoble-la-representation-de-la-piece-les-copains-den-bas-annulee-apres-la-polemique-autour-du-deal/621486
Il y a aussi les « mots d’intimidation » comme « brigade de réquisition » qui font peut-être plaisir à a une certaine partie de l’électorat mais les politiques qui les utilisent ne se rendent pas compte du climat anxiogène qu’ils créent.