EN BREF – Invité sur France 3 dans une émission diffusée le dimanche 5 avril 2026, Christophe Ferrari a indiqué quitter le parti Place publique. Le maire de Pont-de-Claix et président de la Métropole avait adhéré au mouvement de Raphaël Glucksmann en avril 2025 mais lui reproche désormais sa « verticalité« . En probable toile de fond? Le renouvellement de l’exécutif métropolitain et la nécessité pour l’élu d’apparaître plus LFI-compatible.
« J’ai toujours été un homme libre. » C’est par ces mots que Christophe Ferrari, maire réélu de Pont-de-Claix et président de la Métropole de Grenoble, a fait savoir son départ de Place publique. Une décision que l’élu a rendue publique à l’occasion de son passage à l’émission Dimanche en politique de France 3 Alpes le 5 avril 2026, mais qui aurait été prise dès le lendemain du second tour des élections municipales.
Christophe Ferrari aura été adhérent Place publique moins d’un an. C’est en effet dans un communiqué en date du 15 avril 2025 qu’il avait fait connaître son ralliement au mouvement de Raphaël Glucksmann. Non sans vanter alors « des idées pragmatiques et volontaristes, résolument tournées vers le progrès et engagées« , que ce soit en matière de sécurité, de logement ou de réindustrialisation des territoires.
Une volonté d’être plus LFI-compatible?
Pourquoi changer d’avis, un an plus tard? « J’étais très emballé par la campagne de Raphaël Glucksmann aux élections européennes [mais] un parti très verticalisé n’est pas véritablement ma tasse de thé« , indique aujourd’hui Christophe Ferrari. Qui semble ne pas avoir apprécié l’appel lancé par le fondateur de Place publique à refuser tout accord avec La France insoumise. « On ne combat pas pour la démocratie avec un ami des tyrans dans nos rangs« , avait-il notamment lancé.

Le groupe La France insoumise, présidé par Allan Brunon, au conseil municipal de Grenoble, compte bien créer un groupe LFI au sein de la Métropole de Grenoble. © Maureen Dufournet – Place Gre’net
Or, s’il se refuse encore à le dire, tout semble indiquer que Christophe Ferrari ambitionne de briguer un troisième mandat à la tête de la Métropole. De quoi l’obliger à composer avec un groupe LFI renforcé, qui devrait (au moins) inclure les treize élus insoumis de Grenoble, liés à la « fusion technique » avec la liste de la maire élue Laurence Ruffin entre les deux tours. Une nécessité de se rendre plus LFI-compatible?
Allan Brunon, candidat LFI aux municipales de Grenoble, a pour sa part confirmé avoir eu des échanges avec le président de la Métropole. « Christophe Ferrari s’est engagé à travailler en bonne intelligence avec nous s’il advenait qu’il soit réélu« , a-t-il ainsi fait savoir. L’Insoumis mettait, dans le même temps, en avant son intention de se présenter lui-même à la présidence de l’intercommunalité. Ses chances de l’emporter sur le papier sont toutefois restreintes, quand bien même il conteste toute « candidature de témoignage« .











2 réflexions sur « Moins d’un an après son adhésion au parti, Christophe Ferrari annonce quitter Place publique »
Opportunisme tactique politique qui se voit comme le nez au milieu de la figure, pas la peine de l’emballer avec des raisons vaseuses ! Ah les convictions….
D’un point de vue factuel, concernant Place Publique, il faut noter des résultats assez décevants au niveau de la métropole grenobloise avec les listes de Romain Gentil à Grenoble et de Laetitia Rahbi à Échirolles qui n’ont pas passé le cap du premier tour aux élections municipales d’une part, et d’autre part un positionnement contre toute alliance avec LFI revendiqué par Raphaël Glucksmann. C’était donc une décision de bon sens tactique de la part de Christophe Ferrari.
C’est la suite prévisible de la trahison de Raphaël Glucksmann et des électeurs de Place Publique qu’a été l’appel qu’il a fait, en duo avec Romain Gentil, à voter pour la fusion Ruffin-LFI.
D’ailleurs, Romain Gentil a poursuivi dans la forfaiture en ne déposant pas de recours contre son élimination à 3 voix près, alors que des bulletins avaient manqué. Manifestement, Ruffin-Brunon à la mairie de Grenoble, ça lui va.
Jean-Luc Méchencon, comme Julien Dray le surnommait, peut remercier Christophe Ferrari et Romain Gentil pour leur « compromission » (dixit François Hollande et leur « insincérité » (dixit Boris Vallaud).
https://www.lecanardenchaine.fr/politique/53230-jean-luc-melenchon-ou-meluchepen