DÉCRYPTAGE – Le Département de l’Isère a validé le changement de gestionnaire de l’aéroport Grenoble-Alpes, à l’occasion de sa séance publique du 4 et 5 décembre 2025. Jusqu’ici exploité par le groupe Vinci, l’équipement isérois va passer sous pavillon Edeis. Un choix qui inquiète des salariés sur le terrain et que le Syndicat national du transport aérien et des aéroports avoue ne pas comprendre. Ce qui lui fait redouter de grosses difficultés à venir pour le site.
« Je pense que ça va être une catastrophe« . C’est par ces mots, parmi d’autres, que Pierre-Guy Cosimi, secrétaire général du Syndicat national du transport aérien et des aéroports (SNTA), décrit la reprise de délégation de service public (DSP) de l’aéroport Grenoble-Alpes par Edeis. Lors de sa séance publique du jeudi 4 décembre 2025, le Département de l’Isère a en effet validé le changement de gestionnaire, au détriment du groupe Vinci qui assurait le fonctionnement de la structure depuis dix-sept ans.
Pour le Département, le choix d’Edeis semble couler de source. La collectivité met en avant « un plan d’investissement important de 11,9 millions d’euros sur la durée de la DSP pour continuer à moderniser l’aéroport, décarboner l’exploitation de la plateforme, préserver la biodiversité et améliorer le parcours et la sécurité des usagers« . Le tout avec une prise en charge à hauteur de 50 % des coûts d’investissement et une contribution financière du Département « décroissante dans le temps« .
Les critiques de l’opposition de gauche du Département
Dans les rangs de l’opposition de gauche, le nouveau délégataire de service public a, en revanche, été accueilli avec une certaine fraîcheur. Le groupe Isère écologie solidarité (IES) a par ailleurs redit tout le mal qu’il pensait de l’engagement du Département de l’Isère en faveur de l’aéroport, jugé bien trop coûteux.
Il a une nouvelle fois préconisé sa vente, en partie comme en totalité. Pour l’élu Thierry Badouard, l’aéroport Grenoble-Alpes constitue en effet une « gabegie d’argent public« , pour une utilité jugée bien faible avec la présence voisine des aéroports de Lyon et Chambéry.
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