FOCUS – Le 30ᵉ rapport annuel du Secours catholique sur l’état de la pauvreté en France, publié le 20 novembre 2025, révèle que le phénomène ne fait que s’aggraver. En Isère, sur les 6 000 ménages soutenus par l’association caritative, 73 % vivent sous le seuil d’extrême pauvreté, dont une large majorité de femmes célibataires, avec ou sans enfants. La pauvreté, devenue structurelle, se heurte de surcroît à des obstacles administratifs, constate Le Secours catholique.
« Il y a trente ans, quand le premier rapport a été publié en 1995, le sujet de la pauvreté était grande cause nationale […] et il y a eu un recul de la pauvreté en France. Maintenant, être pauvre, c’est être stigmatisé. La lutte contre la pauvreté est absente du paysage. » C’est par ce constat que Brigitte Gauthier, présidente du Secours catholique de l’Isère, a introduit son propos dans le local de l’antenne grenobloise, mercredi 19 novembre.
Ce à l’occasion de la publication du 30e rapport de l’association caritative sur l’état de la pauvreté en France. Les données chiffrées et consolidées issues des remontées du terrain y mettent en lumière une réalité particulièrement préoccupante : la pauvreté, qui a profondément changé de nature et de visage au fil du temps, ne fait que s’aggraver en France.

Brigitte Gauthier (à gauche), présidente du Secours catholique de l’Isère, et Audrey Mainguy, déléguée départementale. © Joël Kermabon – Place Gre’net
« La pauvreté est devenue structurelle. Elle touche davantage les femmes et les enfants, et se combine à des obstacles administratifs qui en accentuent la chronicité », a expliqué la présidente. Et celle-ci de pointer un niveau de vie médian en chute, un taux d’extrême pauvreté qui explose, et surtout une montée sans précédent du sans-abrisme touchant des femmes isolées, avec ou sans enfant, et des personnes âgées.
Malgré un taux de pauvreté national globalement stable sur trente ans, les indicateurs de grande précarité se sont ainsi nettement dégradés. Parmi les personnes accueillies au Secours catholique, 74 % vivent sous le seuil d’extrême pauvreté, contre 3,7 % dans la population générale. En Isère, où 700 bénévoles suivent 6 000 ménages, ce taux atteint 73 %, en hausse de 18 points depuis 2017.
Poursuivez votre lecture
Il vous reste 62 % de l’article à lire. Obtenez un accès illimité.
Vous êtes déjà abonné.e ? Connectez-vous



2 réflexions sur « Extrême pauvreté : le Secours catholique de l’Isère tire la sonnette d’alarme et appelle « à un sursaut collectif » »
Merci à Macron ainsi qu’aux députés et sénateurs qui ont validé, pour la réduction de l’assurance chômage, entres autres baisses, pendant les certaines de milliards de cadeaux fiscaux aux plus riches !
Les français se sont habitués à la pauvreté parce qu’ils sont submergés par la pauvreté d’importation. Alors, avec l’impression de verser dans un puits sans fond, ils ont baissé les bras, jusqu’à se dire même qu’aider attire encore plus de pauvreté.