EN BREF – Alors que le ministère de l’Éducation nationale a annoncé le gel de la part collective du Pass Culture, les élus d’opposition du groupe Uges du Département de l’Isère montent au créneau. Et dénoncent une mesure qui a déjà des conséquences sur des projets culturels ou artistiques dans des collèges isérois.
La polémique a éclaté mardi 4 février 2025, avec l’annonce du gel de la part collective du Pass Culture. Une décision gouvernementale annoncée en réalité aux chefs d’établissement scolaire le jeudi 30 janvier et qui risque de peser sur le financement des activités artistiques et culturelles dans les collèges et les lycées. En Isère, le groupe d’opposition Uges (Union de la gauche écologiste et solidaire) du Département a réagi par voie de communiqué.
« Si nous avons toujours émis des réserves sur l’efficacité du pass Culture individuel en tant qu’outil d’éducation artistique et culturelle et sur la gestion du dispositif global par une société privée, le pass Culture collectif est un levier efficace pour permettre aux élèves de bénéficier d’expériences artistiques et culturelles enrichissantes dans un cadre scolaire« , déclarent les élus. Qui soulignent son importance, tout particulièrement dans les établissements classés en Rep.

Les élus du groupe Uges du Département de l’Isère dénonce le gel de la part collective du Pass culture. © Florent Mathieu – Place Gre’net
Et les élus d’expliquer avoir déjà constaté les effets de la mesure dans les collèges où ils siègent au conseil d’administration. « Plusieurs projets […] sont remis en question: visites de musées, ateliers artistiques, cinéma, rencontres avec des scientifiques… Tout ce qui permet aux élèves, quel que soit leur milieu d’origine, de s’ouvrir au monde, de découvrir la culture et de s’émanciper« , déplorent-ils. Ce en précisant que les établissements ne pourront pas compenser le gel par leurs fonds propres.
« Les projets validés sont financés » assure le ministère
Entretemps, par l’entremise des rectorats, le ministère de l’Éducation nationale a adressé un communiqué pour tenter de désamorcer la grogne. Les services expliquent ainsi que le gel est lié à la nécessité « d’évaluer ce dispositif pour garantir son équité et son efficacité« . Ceci alors qu’au 31 janvier 2025, les réservations pour la période de janvier à juillet 2025 s’élèvent à 50 millions d’euros, soit plus des deux tiers du budget alloué. D’où la nécessité de « préserver le budget dédié à la période allant de septembre à décembre 2025« .
Cependant, le ministère l’assure: « Les projets validés sont financés [et] la plateforme réouvrira (sic) dans les prochains jours afin que les projets préréservés soient financés« . Ce tout en précisant qu’à ce stade, sur 2024-2025, « plus de 160 000 actions ont été validées, touchant près de 4 millions d’élèves de collèges et lycées« .
L’argument comptable ne convainc toutefois pas les élus d’opposition du Département, qui notent que les crédits pour 2025, d’un montant de 72 millions d’euros, sont inférieurs de 25 millions à ceux mobilisés en 2024, qui s’établissent à 97 millions d’euros.








