FOCUS – La Métropole de Grenoble a reconduit le dispositif de « permis de louer« , instauré par la ville-centre à titre expérimental, à l’occasion de son conseil métropolitain du 8 novembre 2024. Si quelques critiques se sont fait entendre de la part d’Alain Carignon ou d’Émilie Chalas, le vice-président à l’Habitat Jérôme Rubes a salué un levier supplémentaire pour la politique du logement et invité les autres communes à s’en emparer.
Quel premier bilan peut-on tirer du « permis de louer », instauré par la Ville de Grenoble à titre expérimental? À l’occasion du conseil métropolitain du vendredi 8 novembre 2024, le vice-président à l’Habitat Jérôme Rubes a soumis aux élus la reconduction du dispositif, dont la municipalité grenobloise a été la seule à s’emparer jusque-là, sur les secteurs Gabriel-Péri et Saint-Laurent. De quoi permettre de prolonger l’expérimentation jusqu’en 2026.

Les secteurs Gabriel-Péri et Saint-Laurent ont été les deux retenus pour expérimenter le permis de louer sur le territoire de la Ville de Grenoble. © Florent Mathieu – Place Gre’net
En moins de trois mois – l’expérimentation ayant été lancée le 1er juillet 2024 et le premier bilan arrêté au 21 septembre –, ce sont 155 dossiers de demande de mise en location qui ont été traités, a indiqué Jérôme Rubes. Si la majorité des dossiers ont été approuvés, 28 d’entre eux ont fait l’objet d’un refus de la part des services, tandis que 18 ont obtenu un accord sous réserve pour cause de manquements mineurs.
Un permis de louer ? Une « usine à gaz » pour Alain Carignon
Si le permis de louer n’a pas suscité de levée de boucliers dans les rangs de l’opposition, le conseiller métropolitain et conseiller municipal Alain Carignon a toutefois pris la parole pour dire tout le mal qu’il pensait du dispositif. Une « usine à gaz » à ses yeux, susceptible de freiner la fluidité du marché du logement. « Souvent, on entend dans cette assemblée qu’il faut simplifier et, nous, on ajoute, on alourdit!« , a accusé l’opposant.

Alain Carignon a désigné le permis de louer de la Ville de Grenoble comme une « usine à gaz ». © Métropole de Grenoble
Seconde critique, encore plus appuyée, de la part d’Alain Carignon: « On impose aux autres ce qu’on ne fait pas pour soi-même. » Le conseiller se demande en effet pourquoi les bailleurs sociaux ne sont pas, eux aussi, soumis à un permis de louer. Et d’ironiser en prenant pour exemple Actis, présidé par Pierre Bejaji, membre de la majorité métropolitaine, ou Grenoble Habitat, présidé par Claus Habfast, à la fois membre des majorités métropolitaine et grenobloise.
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