FOCUS – L’Ampérage, à Grenoble, a dévoilé, en cette fin septembre, son orientation musicale pour la saison 2024-2025. Sa ligne directrice : privilégier le « permettre de faire » plutôt qu’une programmation préétablie.
« Il n’y aura pas de changement de cap, nous allons continuer ce qui fait notre identité : la multiplicité des esthétiques », confie David Bonat, coordinateur de programmation à L’Ampérage, à Grenoble. Le 26 septembre 2024, la salle a en effet annoncé la direction vers laquelle elle souhaite tendre pour la saison 2024-2025.
Au programme : des projets, des concerts et des activités tous plus variés les uns que les autres. Pour le Stud, l’association qui gère la salle depuis 2008, il s’agit ni plus ni moins que de « favoriser la démocratie culturelle et l’éducation populaire ».
Une salle de spectacle, oui, mais aussi une association d’accompagnement à la création
Le Stud souhaite en effet accompagner les projets artistiques et culturels. « Il est important pour nous de travailler avec des amateurs, de les suivre et de permettre à certains d’accéder pour la première fois à une scène », confie Reda Khelfi, président du conseil d’administration de L’Ampérage.
Concrètement, des personnes engagées se retrouvent autour d’un projet culturel et partagent leurs compétences dans différents domaines pour mener le projet à bien. Qu’il s’agisse de connaissances en programmation, en communication ou technique, ils doivent monter leur projet jusqu’au bout. Bien souvent, cela crée des propositions solides en termes de programmation pour L’Ampérage.
La salle permet aussi la pérennisation de projets. Il s’agit du format Early bird (lève-tôt), tous les derniers jeudis du mois. De 21 heures à 1 heure du matin, L’Ampérage invite une association grenobloise à mettre en avant de jeunes artistes de musique électronique. Cela leur offre ainsi la possibilité de se produire sur une scène professionnelle.

Les ateliers DJing permettent de découvrir les techniques pour mixer. © L’Ampérage
La salle met aussi en place des initiations et des ateliers DJing. Nemoz, en charge de ces activités, explique qu’il y a « un tronc commun pour découvrir les bases ». Puis, des ateliers pratiques « séparés par groupes d’esthétiques », c’est-à-dire par genres musicaux. Enfin, il organise les ateliers parcours, consistant à « caler une soirée de restitution en fin de saison ». Le tout rythmé par des « événements spéciaux » : conférences, projections documentaires… en cohérence avec l’ouverture culturelle de la salle.
Des partenariats culturels à l’éducation populaire
L’Ampérage travaille aussi avec de nombreux partenaires. Leur objectif commun ? Permettre au public grenoblois de découvrir une scène musicale différente. Mais ils veulent aussi jouer un rôle dans l’éducation populaire. C’est par exemple le cas de l’association Cap Berriat.
« Nous intervenons auprès de jeunes en rupture avec les institutions, invisibles. Ils peuvent être au collège, comme avoir 25 ans », explique Fanny Battaglino, chargée de projet de parcours jeunes dans cette structure. Les ateliers « Pass test », notamment, ont pour rôle de les resociabiliser et de leur faire découvrir les métiers du spectacle vivant.

Les partenaires culturels de L’Ampérage, le 26 septembre 2024. © Morgane Poulet – Place Gre’net
L’association La Fièvre, qui promeut les cultures hip-hop et afro-descendantes, accompagne quant à elle « les esprits créatifs grenoblois ». Gaëtan Ndoumbé, organisateur dans la structure, précise que son objectif est de « montrer aux intéressés qu’ils peuvent tout à fait faire de la musique leur métier ».
Les artistes que La Fièvre accompagne se produiront par ailleurs à L’Ampérage le 12 octobre. L’occasion pour le public de découvrir la musique autrement que par l’écoute de concerts uniquement professionnels.








