FOCUS – Une saison 2024 – 2025 principalement placée sous les signes de l’écologie et de la parole féminine. Voilà ce que réserve à son public l’équipe de l’Hexagone de Meylan qui multiplie ses propositions avec Le Prunier sauvage, Mix’Arts, le Tympan dans l’œil, les Détours de Babel ou encore les Arts du récit. Au programme, une trentaine de rendez-vous : danse, musique, théâtre, cirque, jeune public et humour, le tout avec son lot d’expérimentations, notamment avec le retour de la biennale Experimenta.
Cela fait maintenant trois ans que Jérôme Villeneuve a pris les rênes de l’Hexagone de Meylan labellisé scène nationale Arts et Sciences par le ministère de la Culture. Et cette nouvelle saison 2024 – 2025, « il y a de quoi en être fier parce que sa programmation est un vrai travail collectif mené avec trois artistes associés. Nous avions une super méthode et nous avons adoré ces moments de programmation passés ensemble », a expliqué le directeur lors de la présentation des spectacles à la presse.
D’ailleurs, c’est sous de bons auspices que se présente son année culturelle si l’on en croit le bilan 2023 – 2024. « Avec une fréquentation qui a atteint 72 % sur la totalité de la jauge disponible, vous nous voyez très satisfaits de la saison qui s’achève », a ainsi assuré Laurence Bardini, secrétaire générale de l’Hexagone. En tout cas, certainement de quoi encourager Jérôme Villeneuve qui, de son côté, évoquant une programmation « engagée », a annoncé « de nouvelles lignes de désir, vers les paysages artistiques d’insondés ».
C’est hors les murs, en association avec le festival Merci, bonsoir!, qu’aura lieu le lancement de la saison culturelle de l’Hexagone. Ce dernier propose gratuitement aux petits et aux grands le spectacle Fantômes du collectif La Méandre, les 13 et 14 septembre sur l’esplanade Alain-le-Rey de la caserne de Bonne.
« Un soulèvement poétique pour place publique », basé sur un film d’animation qui combine arts vivants et numériques, musique et théâtre d’objets, indique la programmation. En tout cas, « une belle occasion de faire un coup un peu tonitruant en plein cœur de la ville », a commenté Jérôme Villeneuve.
L’écologie et la parole féminine au centre de la programmation de l’Hexagone
Si l’éclectisme est une nouvelle fois au rendez-vous avec des spectacles de danse, musique, cirque théâtre, ciné-concert, jeune public ou encore d’humour, ce sont l’écologie et la parole féminine qui imprimeront leur marque tout au long de la saison. Notamment, concernant l’écologie avec Nous voulons la lune de Marion Baeriswyl et D.C.P. Une pièce « contemplative » tournant au ralenti, conjuguant danse et musique qui pose la cruciale question de ce qui nous lie au monde et à notre environnement.
Côté féminisme, entre autres propositions, la pièce de théâtre transdisciplinaire Coeurcolère met en scène trois performeuses qui explorent « les analogies entre la colère rentrée du genre féminin, souvent tabou, et le nucléaire qui fascine », décrit le programme.
La danse ne sera pas le parent pauvre de la programmation avec plusieurs prestations artistiques qui vont ponctuer la saison. Et s’il ne fallait ne parler que d’une seule, ce serait Outrenoir, une chorégraphie qui s’inspire de la quête du « noir lumière » de Pierre Soulages faisant partie de la trilogie Humain trop Humain. Autant de spectacles à découvrir au mois de décembre à La Rampe d’Échirolles et à la MC2.
Rayon musique, ne surtout pas rater le concert de la jeune bassiste et compositrice polonaise Kinga Głyk, organisé en partenariat avec le Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival. Entourée d’une poignée de musiciens de la sphère funk et R’n’B, la musicienne déploiera un répertoire de douze titres instrumentaux originaux « avec une approche esthétique singulière », vante l’Hexagone.
Le retour de la biennale Experimenta programmé en février 2025
Pour autant, les fameuses soirées AV1Pour audiovisuel., fort prisées du public de l’Hexagone, ne passeront pas à la trappe. En particulier la soirée « double AV » Monocolor + Murcof & Simon Gelfus composée de deux parties faisant la part belle aux synthétiseurs, aux délais, aux saturations des bandes, « avec une touche de nostalgie, servant de bande-son à une forêt inquiétante et à des événements étranges qui s’y déroulent ».
Toujours dans la veine électro, citons encore Annabelle Playe et Harry Gorski-Brown – Elelephant, you shake your sheep, une œuvre sonore explorant les limites de la cornemuse avec les possibilités infinies de l’électronique.
Au nombre des spectacles réservés à un jeune public, la pièce Skolstrejk revient, par la voie fictionnelle, sur le mouvement de grève scolaire pour le climat lancé par Greta Thunberg. « Ce sera très vivant, très amusant et en même temps avec des vrais sujets de société en discussion avec les enfants », garantit la scène nationale.
Pour le côté expérimental cher à Jérôme Villeneuve, c’est une nouvelle édition de la biennale Expérimenta pilotée par l’Hexagone qui fera son retour sur toute l’agglomération grenobloise, le Grésivaudan et le Voironnais, du 19 au 22 février 2025. L’occasion de rassembler plus d’une cinquantaine de propositions artistiques de toutes provenances, de toutes disciplines, formes et échelles s’adressant à un large public.
L’Hexagone devrait bénéficier d’une extension sur le territoire de Meylan
Lors de la présentation de la saison, Laurence Bardini a insisté sur la volonté de l’Hexagone de s’ancrer encore plus dans le territoire. Tout particulièrement à travers la multiplication de nouveaux partenariats sources de propositions, avec notamment Mix’Arts, le Prunier sauvage, le D.A.M.E. Festival, Le Tympan dans l’œil, Les Détours de Babel ou encore les Arts du récit.

La salle de l’Hexagone prête à accueillir son public pour sa nouvelle saison. © Joël Kermabon – Place Gre’net
Par ailleurs, la secrétaire générale a laissé entendre que l’Hexagone allait être réhabilité avec une extension sur le territoire de la commune de Meylan. Une dynamique engagée par la Métropole de Grenoble qui devrait permette « d’augmenter l’aura de la seule scène nationale labellisée sur la spécificité des arts numériques », a pu se réjouir Laurence Bardini.













