CHRONIQUE – Place Gre’net s’associe à la radio RCF Isère chaque lundi midi dans la chronique L’Écho des médias. Notre objectif? Revenir sur une actualité, décrypter une information… ou révéler les coulisses du traitement d’une nouvelle. Pour cette chronique sur RCF épisode 88 du lundi 24 juin 2024, retour sur le conseil municipal de Grenoble.
« Aujourd’hui nous allons parler d’un conseil municipal qui risque d’être agité. À savoir le conseil municipal de Grenoble qui doit se tenir ce lundi 24 juin, dans quelques heures à peine. Et que beaucoup vont suivre avec attention, de par le contexte dans lequel il se déroule. Entre l’actualité nationale et l’actualité locale, nous sommes en effet face à ce qu’il convient d’appeler une parfaite conjonction des désastres.
On pense forcément aux élections législatives. L’Assemblée nationale a été dissoute le 9 juin, et le 30 juin les Français sont appelés aux urnes. Un délai tellement court qu’il en est ridicule, et qui donne lieu à des campagnes dont certaines se font dans la précipitation, pour ne pas dire dans la panique. Le tout avec la possibilité d’une victoire pour le Rassemblement national, qui met forcément sous pression les élus d’une municipalité de gauche comme Grenoble.
L’affaire Piolle-Martin en toile de fond du conseil municipal
Mais à cela vient s’ajouter la fameuse affaire Piolle-Martin. Rappel de faits : selon un article du Canard enchaîné, l’ancienne première adjointe du maire de Grenoble, Élisa Martin, aurait touché pendant plusieurs années 400 euros mensuels de la part du conseiller spécial de ce dernier. Les révélations de ces faits présumés ont donné lieu à l’ouverture d’une enquête pour concussion. Et les élus d’opposition demandent des comptes.
Résultat? La conseillère municipale d’opposition Émilie Chalas appelle à un rassemblement devant l’Hôtel de Ville de Grenoble, en amont du conseil municipal, pour exiger des réponses sur cette affaire. Mais Émilie Chalas est aussi candidate aux législatives sur la troisième circonscription de l’Isère, opposée à la députée sortante… Élisa Martin, qui l’avait battue en 2022. Dès lors, aussi transpartisan se veut-il, le rassemblement n’est sans doute pas dénué de quelques considérations électorales.
Notons encore que le groupe d’opposition Société civile a demandé à ce que la Ville se porte partie civile dans l’affaire, en considérant qu’Alain Carignon devrait être désigné pour la représenter. Une pression supplémentaire initié par un groupe qui compte en son sein Nathalie Béranger, candidate LR sur la première circonscription de l’Isère.
Unions et désunions côté gauche
Du côté de la gauche, ce n’est pas mieux. Nous avions parlé, dans notre précédente chronique, de la confusion qui entoure ces législatives. Rassurez-vous : elle est toujours d’actualité. Nous avons ainsi des élus d’opposition socialistes de Grenoble qui soutiennent le candidat Nouveau front populaire de la première circonscription, aux côtés d’élus de la majorité comme la communiste Isabelle Peters ou l’insoumis Alan Confesson.
On peut déjà trouver ironique que des élus soutiennent au niveau national une union qui n’existe pas au niveau local, mais la Métropole nous a depuis longtemps habitués à ce genre de pirouettes. En revanche, le PS refuse de soutenir la candidate Élisa Martin sur la troisième circonscription, du fait de l’affaire présumée qui pèse sur elle. Élisa Martin qui, rappelons-le, fait toujours partie de l’équipe municipale de Grenoble.
Bref, ce conseil municipal risque fort de mettre en lumière une vie politique grenobloise qui, plus que jamais, alterne entre épisodes ensoleillés, lourdeur implacable et orages tumultueux. C’est à dire le climat que nous avons eu tout ce mois de juin. »
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