CHRONIQUE – Place Gre’net s’associe à la radio RCF Isère chaque lundi midi dans la chronique L’Écho des médias. Notre objectif ? Revenir sur une actualité, décrypter une information… ou révéler les coulisses du traitement d’une nouvelle. Pour cette chronique sur RCF épisode 62 du lundi 16 octobre 2023, retour sur l’annonce de la démission du maire d’Échirolles Renzo Sulli.
Retrouvez ci-dessous la chronique RCF 62 sur la démission du maire d’Échirolles Renzo Sulli, et sa version radiophonique en cliquant sur le lecteur ci-dessous.
« Aujourd’hui nous allons parler de la démission annoncée du maire d’Échirolles. La rumeur courait et l’information a été officialisée le samedi 14 octobre : Renzo Sulli, maire d’Échirolles depuis 1999, a remis sa démission au préfet de l’Isère. Le conseil municipal devra donc élire un ou une nouvelle maire samedi 28 octobre.
Et si nous insistons sur le féminin, c’est bien parce que la première adjointe Amandine Demore semble en bonne place pour assurer sa succession.
La démission de Renzo Sulli, un changement de paysage politique ?
Cette démission annonce-t-elle un changement de paysage politique ? Oui et non, comme diraient les Normands. On vient de le dire, pour Échirolles c’est évidemment la fin d’une ère. Et pour l’agglomération, ce n’est pas anodin non plus, puisque Renzo Sulli était le dernier maire a avoir été élu au siècle précédent. Il faut dire qu’Échirolles a l’habitude de la stabilité : la commune n’a connu que trois maires depuis 1945. Sur la même période, on en dénombre dix pour Grenoble.
D’un point de vue plus général, si l’on part du principe que la majorité d’Échirolles élira le ou la successeur désigné de Renzo Sulli, la ligne politique de la Ville comme son expression au sein de la Métropole ne devraient connaître aucun bouleversement particulier.
Les municipales de 2026 en toile de fond
Mais cette transmission de flambeau vise sans doute, avant tout, à mieux préparer les élections municipales de 2026.
Échirolles représente en effet beaucoup pour les communistes de l’Isère. Pont-de-Claix n’est plus communiste depuis 2008, et peu se souviennent aujourd’hui qu’elle l’a été durant plus de 30 ans. En 2020, Franck Longo a mis fin à 75 ans de municipalité communiste à Fontaine. La fameuse ceinture rouge de Grenoble s’effiloche, puisque seules Saint-Martin-d’Hères et Échirolles continuent d’être dirigées par des maires PCF. On comprend que le parti n’a pas envie de perdre une commune aussi emblématique.
Bien sûr, on peut penser que le risque est faible pour le PCF. Mais lors des dernières élections municipales – certes sur fond d’abstention record – la liste menée par Renzo Sulli l’a remporté avec 36 % des suffrages, contre 45 % six ans plus tôt. Le résultat d’une division de la gauche qui pourrait, en plus d’autres événements imprévus, tout faire basculer en 2026.
Le PCF veut faire entendre sa spécificité
Or, le PCF veut faire entendre sa spécificité, notamment vis-à-vis de la ville centre. Par exemple, la Ville d’Échirolles n’a pas de complexes quand il s’agit de parler de sécurité ou de vidéosurveillance. Alors que Grenoble peut se montrer plus timide sur la question, même si elle fait clairement “des efforts”.
Du côté de Saint-Martin-d’Hères, on pourrait citer le projet Neyrpic, défendu mordicus par la municipalité PCF contre l’hostilité du maire de Grenoble et de ses proches. Et puis, rappelons que les communistes ont voté contre la vente des actions Grenoble Habitat de la Ville de Grenoble, alors que le PCF est allié à la majorité grenobloise.
Bref, tout comme à l’échelle nationale, le PCF veut faire entendre sa voix singulière au sein du concert de gauche en Isère. Et n’a donc certainement pas envie de voir ses facteurs d’influence, donc ses municipalités, diminuer encore sur l’agglomération.
Même si le risque semble mince, autant prendre ses précautions. Trop d’assurance peut mener à de grandes déceptions. Et cela vaut autant pour le rugby que pour la politique ! »
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