EN BREF – Intervenant au congrès des maires ruraux de France, samedi 30 septembre 2023, à l’Alpe d’Huez, Laurent Wauquiez a annoncé la sortie de la Région Auvergne-Rhône-Alpes du « Zéro artificialisation nette » (Zan). Un dispositif visant à stopper la bétonisation des sols en 2050 mais qualifié par le président de Région (LR) de loi « ruralicide ». Dénonçant une attaque « séparatiste », les élus écologistes régionaux appellent le gouvernement à réagir à cette décision.
Son discours, prononcé ce samedi 30 septembre 2023, à l’Alpe d’Huez, devant les membres de l’Association des maires ruraux de France (AMRF) réunis en congrès national, n’a sans doute pas fini de faire du bruit. Fustigeant une loi « ruralicide« , le président LR de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, a en effet annoncé vouloir sortir la Région du dispositif « Zéro artificialisation nette » (Zan).

Laurent Wauquiez a annoncé, samedi 30 septembre 2023, qu’il retirait la Région Auvergne-Rhône-Alpes du dispositif « Zéro artificialisation nette ». DR
« Mettre sous cloche les décisions des permis de construire sur la ruralité, cela signifie qu’on s’interdit toute forme d’avenir« , a-t-il déclaré à la tribune du Palais des sports et des congrès, disant « stop aux décisions prises par la technocratie« . Avant de lancer un pavé dans la mare : « J’ai décidé que notre Région se retirait du processus. »
Stopper la bétonisation des sols à l’horizon 2050
Acté par la loi « Climat et Résilience » de 2021, le « Zéro artificialisation nette » vise à stopper la bétonisation des sols et le recul des terres agricoles à l’horizon 2050. Avec un objectif intermédiaire : les régions – qui pilotent le dispositif -, départements et communes doivent réduire de 50 % le rythme d’artificialisation et de la consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers d’ici 2030 par rapport à la consommation mesurée entre 2011 et 2020.

L’objectif du Zan est de réduire la consommation des terrains naturels et agricoles pour à terme, stopper la bétonisation des sols en 2050. © Grenoble Alpes Métropole
Concrètement, la démarche Zan consiste ainsi à « limiter les constructions sur des espaces naturels ou agricoles » et à « compenser l’urbanisation par une plus grande place accordée à la nature dans la ville« , explique l’Office français de la biodiversité.
Le ministère de la Transition écologique précise de son côté : « Sur la décennie précédente, 24 000 hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers ont été consommés chaque année en moyenne en France, soit près de cinq terrains de football par heure. » D’où de nombreuses conséquences : perte de biodiversité, aggravation du risque d’inondations, baisse de productivité agricole…
« Le gouvernement doit mettre un coup d’arrêt aux attaques séparatistes et écocidaires de Laurent Wauquiez.«
« Sortir la Région Auvergne-Rhône-Alpes de l’objectif du Zan, c’est abandonner les maires des communes rurales, les laisser sans solutions face aux bétonneurs, et faire une croix sur notre agriculture à l’horizon 2050« , déplorent, dans un communiqué diffusé ce samedi 30 septembre, les conseillers régionaux et parlementaires écologistes – dont le sénateur Guillaume Gontard et les députés de l’Isère Cyrielle Chatelain et Jérémie Iordanoff.

Cyrielle Chatelain et Guillaume Gontard, députée et sénateur de l’Isère (entourant ici Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EELV), appellent, avec d’autres élus écologistes de la région, le gouvernement à empêcher Laurent Wauquiez d’appliquer sa décision. © Florent Mathieu – Place Gre’net
Loin d’être une loi « ruralicide« , ce dispositif « préserve les espaces naturels à l’heure de l’effondrement de la biodiversité et les surfaces agricoles nécessaires à notre souveraineté alimentaire« , affirment-ils. Et ceux-ci de dénoncer « l’hypocrisie de Laurent Wauquiez sur la protection des territoires ruraux » ainsi que « la nouvelle attaque d’un roitelet qui se croit au-dessus des lois de la République« .
Pour les élus écologistes, « la deuxième région de France et ses élus locaux ne peuvent se soustraire à la loi« . Un constat valable pour son président qui n’a, rappellent-ils, « pas de pouvoir législatif« . Les signataires du communiqué appellent donc le gouvernement à « mettre un coup d’arrêt aux attaques séparatistes et écocidaires de Laurent Wauquiez« .









