FLASH INFO – L’association One Voice a déposé des recours en référé dans plusieurs départements alpins, afin d’obtenir la suspension en urgence des arrêtés préfectoraux autorisant la chasse des galliformes de montagne (lagopède alpin, tétras lyre, grand tétras, gélinotte des bois, perdrix bartavelle et perdrix grise de montagne). Trois audiences sont ainsi prévues successivement au tribunal administratif de Grenoble : lundi 2 octobre 2023 pour l’Isère, puis les 5 et 10 octobre, respectivement pour la Haute-Savoie et la Savoie.
« Entre la mi-septembre et le début du mois d’octobre, dans les zones montagneuses de France, les galliformes de montagne sont dans la ligne de mire des chasseurs et des préfectures« , dénonce One Voice dans un communiqué diffusé vendredi 29 septembre 2023. Dans les Alpes comme dans les Pyrénées, l’association a donc déposé une série de recours en référé-suspension contre les arrêtés préfectoraux autorisant la chasse de « ces six espèces emblématiques« .

En Isère, chaque chasseur pourra tuer deux lagopèdes alpins, une espèce pourtant menacée. © Sylvain Chapuis
Quatre audiences de référé auront ainsi lieu dans les prochains jours, dont trois au tribunal administratif de Grenoble1la quatrième est prévue au tribunal administratif de Pau, le 4 octobre, pour les Pyrénées-Atlantiques, qui jugera lundi 2 octobre la requête visant l’arrêté du préfet de l’Isère. Suivront les recours pour la Haute-Savoie, jeudi 5 octobre, et pour la Savoie, mardi 10 octobre.
« Partout, c’est l’hécatombe »
La situation et l’objet du référé-suspension diffèrent selon les départements, mais avec une posture commune de la part des autorités, selon One Voice. « Les préfets tentent de se retrancher derrière des calculs, plafonds et autres quotas pour justifier l’injustifiable : le maintien d’une traque sans merci pour le seul plaisir d’un groupe ultra-minoritaire et bien trop influent« , accuse l’association.

Le tétras lyre pourra être chassé en Haute-Savoie, selon un quota fixé par la fédération des chasseurs, s’insurge One Voice. © Bernard Bellon
Pour cette dernière, en effet, « derrière chaque oiseau tué, une nuée, voire l’espèce entière est menacée. Partout, c’est l’hécatombe« , s’alarme-t-elle, soulignant la raréfaction – et parfois la quasi-disparition – des différentes espèces de galliformes de montagne dans de nombreuses régions de l’Hexagone.
« En Isère, le préfet a autorisé chaque chasseur à tuer deux lagopèdes alpins et un nombre illimité de gélinottes des bois.«
Malgré tout, « en Isère, le préfet a autorisé chaque chasseur à tuer deux lagopèdes alpins et un nombre illimité de gélinottes des bois« , déplore One Voice. « Ce sont des centaines, voire des milliers d’oiseaux qui pourront donc être massacrés avec la complicité de l’État. En somme, c’est une sorte de Noël avant l’heure pour les chasseurs. »
En Haute-Savoie, ce sont les perdrix bartavelles et les tétras lyres qui sont visés. « Pour ces derniers, le préfet n’a même pas pris la peine de fixer un cadre : c’est le président de la fédération départementale lui-même qui a déterminé le nombre d’individus à tuer« , s’insurge l’association, qui pointe à la fois « la puissance incontrôlée de ce lobby et l’abstention fautive de l’État« .

One Voice a saisi le tribunal administratif de Grenoble d’une requête en référé-suspension visant les arrêtés préfectoraux de l’Isère, de la Savoie et de la Haute-Savoie. © Eléonore Bayrou
One Voice fustige ainsi des schémas qui « se répètent dans tous les départements alpins et pyrénéens« . Pour l’association, « les préfets signent les arrêts de mort de milliers d’animaux qui n’aspirent qu’à vivre paisiblement dans les massifs montagneux constituant leurs derniers refuges« . Un sort funeste que celle-ci refuse, ce qui la conduira trois fois en huit jours sur les bancs du tribunal administratif de Grenoble.









