FOCUS – Un programme copieux attend le public du Théâtre municipal de Grenoble pour la saison 2023-2024 : une grosse trentaine de spectacles. Du théâtre bien sûr, mais aussi du cirque et de la danse. Ce dans le respect d’une charte des transitions : climatique, démocratique et en faveur de « l’égalité femmes-hommes ». Petit avant-goût de ce qui va arriver dès la toute fin de l’été.
Quels artistes joueront sur les trois plateaux (Grand Théâtre, Théâtre 145 et Théâtre de Poche) du Théâtre municipal de Grenoble en 2023-2024 ? De nouveaux venus, bien sûr, mais aussi des visages familiers. Après un lancement festif, le 15 septembre, le TMG continuera en effet de travailler avec les artistes associés de la saison précédente.
La compagnie Les Veilleurs d’Émilie Le Roux prolongera en particulier son travail autour du sentiment d’inadaptation. Entre autres temps forts, elle entamera la création de Laughton, un texte sur les relations familiales et les injonctions quant à la place de chacun. Des sujets sensibles qui seront abordés lors d’une rencontre avec des jeunes.

Un moment rare : Ouvrir les trappes, un spectacle d’Émeline Nguyen, plonge le public dans les lieux insolites du Grand Théâtre. Rendez-vous les 1er et 2 décembre 2023. © TMG
Le TMG poursuit également son association avec La Guetteuse, la compagnie d’Émeline Nguyen. La metteuse en scène prévoit de poursuivre ses recherches sur le thème de la virilité. Elle a des projets plein ses cartons (dont un escape game !). Au plateau, elle proposera notamment O.N.O., en hommage à Yoko Ono, et la reprise d’Ouvrir les trappes, créé dans les coulisses du Grand Théâtre. Sans oublier un bal en fin de saison !
La Compagnie des Gentils fourmille elle aussi d’idées. Ces joyeux lurons se sont connus il y a 17 ans sur les bancs du Conservatoire de Grenoble. Ils annoncent notamment deux créations au TMG lors de la saison. Tout doit disparaître ?, d’abord, pour une relecture des mythes grecs en mode loufoque. Show Muse go on, ensuite, où Comédie et Tragédie s’affrontent dans un duel chanté volontairement ridicule.
Une fois encore, TMG rime avec diversité (des esthétiques)
Jusqu’à la fin de 2023, la programmation du Théâtre municipal s’avère résolument éclectique. Avec du cirque et de la danse, par exemple, et la compagnie Lapsus pour Le Chant du vertige, un spectacle avec acrobates, jongleurs et danseurs apparemment très immersif. Autre choix possible : Nuit, avec sept comédiennes. S’annonce ainsi « une belle entrée en matière pour découvrir le Fuitt-Fuitt, philosophie du mouvement créée par les chorégraphes Laurence Yadi et Nicolas Cantillon ».

Olivier Masson doit-il mourir ? Question cruciale et titre d’une pièce consacrée au sujet sensible de l’euthanasie, que le Théâtre municipal programme le 21 novembre 2023. © Simon Gosselin
Dans un tout autre genre, Olivier Masson doit-il mourir ? promet de secouer les consciences. « Sous la forme d’un procès fictionnel, cette pièce pose la question de l’euthanasie », dévoile le TMG. Pas question d’imposer un point de vue au public, mais bien de l’aider à réfléchir et débattre. Pour plus de légèreté, on pourra aussi découvrir Nez à nez. Une pièce déambulatoire qui sollicite particulièrement le sens olfactif. De quoi être étonné !
Ensuite, en 2024, activation des zygomatiques à prévoir autour d’À quoi servent les points-virgules, une perle signée Serge Papagalli. Ce savoureux duo réunit une femme optimiste et un homme désespéré, qui se rapprocheront (ou pas) au fil de la représentation.
Retour à la noirceur ensuite, le 13 février, avec Le Néther, œuvre d’anticipation portée par le collectif grenoblois Le Théâtre du Risque. L’occasion de s’interroger sur les limites juridiques du monde virtuel. D’autres spectacles parleront de la marginalité, des petits riens qui font la vie ou encore des conséquences de la colonisation. Avec du théâtre engagé, donc, mais aussi de la poésie et de la musique.
Des scènes en route vers les transitions
La ligne artistique du Théâtre municipal ? Elle figure en exergue du guide pour la saison 2023-2024 : « La fonction de l’artiste est fort claire. Il doit ouvrir un atelier et y prendre en réparation le monde, par fragments, comme il vient. » Cette citation du poète et écrivain Francis Ponge (1899-1988) qui précède les éditos de Lucille Lheureux, adjointe aux Cultures, et de Delphine Gouard, directrice des trois scènes de la Ville, est une façon d’introduire « un théâtre de service public ».

Le Théâtre municipal de Grenoble se propose de prendre soin de son public. Le 16 septembre, il proposera A Little piece of care, « une flânerie chorégraphique » pour danseuse et invité(e). DR
Nouveauté cette année : le TMG a participé à la rédaction d’une charte des transitions avec d’autres opérateurs culturels municipaux. Et, au niveau de l’aire grenobloise, avec des acteurs du spectacle vivant regroupé au sein d’un réseau : les VerdoYantes. L’impact attendu ? Du point de vue de la transition climatique, une mutualisation des tournées et la promotion de repas végétariens, bio et locaux servis aux artistes et aux techniciens.
Pour la transition démocratique, le TMG veut mettre en place un chantier ouvert au public. Objectifs : la végétalisation des abords du Théâtre de Poche et la confection de mobilier urbain. Pour la transition vers « l’égalité femmes-hommes« , enfin, sa direction indique avoir reçu 52 % de créatrices parmi tous les auteurs, metteurs en scène et chorégraphes venus depuis trois ans.








