Enseignants, personnels et lycéens ont (encore) fait entendre leur colère devant le rectorat de Grenoble

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EN BREF — Des enseignants et personnels de l’Éducation nationale se sont de nouveau rassemblés devant le rectorat de Grenoble ce mercredi 2 décembre. Une nouvelle manifestation pour faire entendre des revendications disparates, que le Collectif défense éducation résume en une seule : la démission du ministre Jean-Michel Blanquer.

 

 

« Madame la rec­trice doit en avoir un petit peu marre parce que nous sommes tou­jours là. Le pro­blème, c’est que Blanquer est tou­jours là. » Devant le rec­to­rat de Grenoble, ce mer­credi 2 décembre, Xavier Lecoq du Collectif défense édu­ca­tion (CDE) 38 donne le ton. Une fois encore, des ensei­gnants et per­son­nels de l’Éducation natio­nale se sont retrou­vés pour crier leur colère. Notamment contre un ministre dont ils espé­raient le départ avant le rema­nie­ment du mois de juillet.

 

Une quarantaine de personnes se sont rassemblées devant le rectorat de Grenoble le 2 décembre 2020. © Florent Mathieu - Place Gre'net

Une qua­ran­taine de per­sonnes se sont ras­sem­blées devant le rec­to­rat de Grenoble le 2 décembre 2020. © Florent Mathieu – Place Gre’net

Entre un pro­to­cole sani­taire jugé inap­pli­cable, les absences d’en­sei­gnants non rem­pla­cés, le refus d’a­mé­na­ger les pro­grammes, sans oublier la réforme du bac­ca­lau­réat tou­jours contes­tée, les sujets de grogne ne manquent pas. Mais tous semblent conver­ger vers un point com­mun, comme le sou­ligne Xavier Lecoq : « Nos reven­di­ca­tions ne partent pas dans tous les sens, elles se résument en une for­mule : Blanquer démis­sion ! »

 

 

Les AED représentés devant le rectorat de Grenoble

 

« Blanquer démis­sion » et même… « Blanquer en pri­son ». Le membre du CDE 38 revient sur la polé­mique autour du finan­ce­ment du syn­di­cat Avenir lycéen. Un syn­di­cat que le mili­tant juge monté de toutes pièces par le ministre, dans le but de « mani­pu­ler » les lycéens. Des accu­sa­tions que Jean-Michel Blanquer a démen­ties en bloc, de même que le Premier ministre Jean Castex. Mais pas de quoi convaincre la qua­ran­taine de per­sonnes réunies devant le rec­to­rat.

 

Des affichettes qui témoignent de l'hostilité contre le ministre Jean-Michel Blanquer © Florent Mathieu - Place Gre'net

Des affi­chettes qui témoignent de l’hos­ti­lité contre le ministre Jean-Michel Blanquer. © Florent Mathieu – Place Gre’net

Le ras­sem­ble­ment est aussi l’oc­ca­sion pour un repré­sen­tant des assis­tants d’é­du­ca­tion de prendre la parole.

 

Les AED étaient en grève en Isère comme dans toute la France mardi 1er décembre, pour récla­mer de meilleures condi­tions de tra­vail. Mais aussi annon­cer la pour­suite de la mobi­li­sa­tion et appe­ler les per­sonnes à sou­te­nir le mou­ve­ment. Notamment en fai­sant savoir la date de leur pro­chaine assem­blée géné­rale dans les éta­blis­se­ments.

 

 

Des lycéens inquiets pour leur niveau face aux épreuves

 

L’occasion encore pour quelques lycéens pré­sents de témoi­gner de leurs inquié­tudes. Eux aussi ont bien du mal à com­prendre pour­quoi les pro­grammes ne sont pas adap­tés aux condi­tions sani­taires. « Nous sommes en demi-groupes, mais on refuse d’al­lé­ger les pro­grammes. Les pro­fes­seurs sont cen­sés faire des cours pour que l’on puisse tra­vailler à la mai­son, mais une jour­née ne dure que 24 heures ! », dénonce Lenny*.

 

Banderole déployée devant le rectorat © Florent Mathieu - Place Gre'net

Banderole déployée devant le rec­to­rat. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Résultat ? Le sen­ti­ment de ne pas être au niveau. « C’est inquié­tant, on a pris trop de retard », juge Mathis. Jade redoute d’ores et déjà les épreuves du mois de mars, ins­crites dans le cadre de la réforme du bac. Lenny, pour sa part, affiche une double inquié­tude : « J’ai peur pour le bac, parce qu’on a pris du retard, mais j’ai sur­tout vrai­ment peur pour Parcoursup. Est-ce que je vais réus­sir à faire ce que je veux ? », s’in­ter­roge le jeune homme.

 

Quid des mesures sani­taires dans les lycées ? Tous sont una­nimes : le res­pect des dis­tan­cia­tions phy­siques n’est pas pos­sible. Et si les lycéens estiment que leurs cama­rades essayent, pour la plu­part, de faire atten­tion, quelques « gens un peu bêtes » se dis­pensent de por­ter le masque, déplore Jade. Plus pro­blé­ma­tique encore, quand Emma, élève de pre­mière, explique avoir vu deux de ses pro­fes­seurs reti­rer leur masque pen­dant le cours.

 

Florent Mathieu

 

* Certains pré­noms ont été modi­fiés.

 

Ligue contre le cancer
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