Premier jour de soldes sous contraintes sanitaires

À Grenoble, bilan en demi-teinte pour le pre­mier jour de soldes sous contraintes sanitaires

À Grenoble, bilan en demi-teinte pour le pre­mier jour de soldes sous contraintes sanitaires

FOCUS – Comme par­tout en France, les soldes ont débuté mer­credi 15 juillet à Grenoble. Masque, gel hydro­al­coo­lique, dis­tan­cia­tion sociale… les contraintes sani­taires sont strictes pour ces soldes dif­fé­rents de tous les autres. Les com­mer­çants espèrent ainsi réduire leurs pertes liées au confi­ne­ment, tout en satis­fai­sant une clien­tèle au bud­get par­fois réduit.

Premier jour de soldes sous contraintes sanitaires

Masque et dés­in­fec­tion des mains obli­ga­toires : les ven­deurs “font la police” et essayent de faire res­pec­ter les règles sani­taires, même pen­dant les soldes. © Thomas Imbert – Place Gre’net

« Bonjour, je vais vous deman­der de vous mettre du gel, s’il vous plaît. » Dans la bouche des ven­deurs, cette phrase revient sans arrêt, telle un man­tra. Alors que la période des soldes d’été com­mence ce mer­credi 15 juillet, les com­mer­çants accueillent leurs clients dans un contexte dif­fi­cile. Car la crise sani­taire les a tou­chés de plein fouet.

Chez André, maga­sin de chaus­sures en centre-ville de Grenoble, les échanges sont par­fois ten­dus. Laurence, une pile d’affiches à la main indi­quant – 50 %, recadre poli­ment une cliente distraite.

« Vous pour­riez imi­ter la petite et vous pas­ser du gel hydro­al­coo­lique, s’il vous plaît ? demande-elle en dési­gnant une enfant se frot­tant les mains. Je ne vous ai pas vu faire », se jus­ti­fie-t-elle. « On se retrouve à faire la police ! », déplore la res­pon­sable du maga­sin. Un rôle pénible à tenir pour cette vendeuse.

« La rela­tion client-ven­deur s’est détérioré »

« Parfois, les gens se plaignent, on reçoit beau­coup de remarques », raconte Laurence. « La rela­tion client-ven­deur s’est dété­rio­rée à cause des pré­cau­tions sani­taires », regrette-t-elle.

Les mesures barrières rendent parfois les échanges compliqués entre les clients et les vendeurs. © Thomas Imbert - Place Gre'net

Les mesures bar­rières rendent par­fois les échanges com­pli­qués entre les clients et les ven­deurs. © Thomas Imbert – Place Gre’net

La res­pon­sable du maga­sin est inquiète : son enseigne est en redres­se­ment judi­ciaire depuis le début de la crise sani­taire. Les 450 sala­riés du groupe sont mena­cés de licen­cie­ment. Et si ces soldes devraient per­mettre aux com­mer­çants de ren­flouer en par­tie leurs caisses, beau­coup s’accordent à dire qu’ils arrivent trop tard dans la saison.

Décalés de trois semaines suite au confi­ne­ment, ces soldes doivent ainsi durer jusqu’au 11 août. Mais les com­mer­çants ignorent encore quelles retom­bées finan­cières ils vont géné­rer à la fois en période de crise sani­taire et de vacances.

Des mesures dras­tiques… pas tou­jours appliquées

« C’est sûr que c’est dif­fé­rent des années pré­cé­dentes », explique Claudiana, res­pon­sable de la bou­tique Jacqueline Riu. Pour elle, les clients « pri­vi­lé­gient plu­tôt les vacances aux soldes, cette année. » Afin d’assurer à sa clien­tèle des courses en toute sécu­rité, elle a adopté, comme de nom­breux autres com­mer­çants, des mesures drastiques.

Certains ont ainsi fait le choix d’interdire les essayages : un choix déran­geant pour les clients « tac­tiles » comme Dominique.« Si je ne peux pas tou­cher ni essayer, je n’achète pas », recon­naît-elle. Difficile en effet de s’en­ga­ger sans essayer. D’autant que le rem­bour­se­ment n’est pas sys­té­ma­tique dans les bou­tiques, bon nombre d’entre elles pri­vi­lé­giant échanges et avoirs.

Premier jour de soldes sous contraintes sanitaires

« Impossible d’interdire aux clients d’essayer les chaus­sures, ce serait une catas­trophe ! », selon Samira. Dans sa bou­tique, les essayages se font avec des bas. Les chaus­sures sont dés­in­fec­tées après chaque essai. © Thomas Imbert – Place Gre’net

Pour limi­ter les injonc­tions à ne pas tou­cher les vête­ments, l’usage des net­toyeurs vapeurs s’est lar­ge­ment popu­la­risé. Ces appa­reils, dif­fu­sant une vapeur sèche à plus de 100 °C, sont uti­li­sés plu­sieurs fois par jour pour éli­mi­ner le virus. Chez les chaus­seurs, on s’adapte éga­le­ment. Chez Geox, Samira dés­in­fecte chaque chaus­sure après essayage. Ici, « impos­sible d’interdire aux clients d’essayer, ce serait une catas­trophe ! Mais il faut d’abord enfi­ler un bas avant de tes­ter une paire », explique-t-elle.

Incertitudes éco­no­miques

Premier jour de soldes sous contraintes sanitaires

Monique, retrai­tée, affirme « ne pas chan­ger ses habi­tudes » mal­gré les contraintes impo­sées par l’é­pi­dé­mie de Covid. © Thomas Imbert – Place Gre’net

« Pour l’instant, on n’a encore rien vendu », obser­vait Samira, encore en pleine ins­tal­la­tion mati­nale, ce mer­credi matin. Elle, qui s’attendait à des « soldes calmes », a ouvert sa bou­tique un peu plus tard que d’habitude.

Si elle ne pense pas pou­voir rat­tra­per le retard pris durant les deux mois de fer­me­ture du confi­ne­ment, il s’agit là, pen­dant quatre semaines, de « liqui­der les stocks ». Dès le pre­mier jour en effet, les réduc­tions des­cendent par endroits jusqu’à – 70 %.

Mais si les fran­chi­sés peuvent comp­ter sur un sou­tien logis­tique impor­tant, ces soldes revêtent un inté­rêt stra­té­gique pour les indé­pen­dants. Michelle, gérante de Clin d’œil coup de cœur, assure cette année « prendre des risques ». « Ma mar­chan­dise, j’ai dû l’acheter à mes frais », confie-t-elle, sans garan­ties de pou­voir l’écouler.

La com­mer­çante se déclare tou­te­fois « opti­miste ». Après le confi­ne­ment, sa bou­tique, comme beau­coup, a pro­fité d’une affluence bien­ve­nue qui, espère-t-elle, se pour­sui­vra pen­dant ce mois de soldes.

Soldes et dis­tan­cia­tion sociale, un mariage difficile

En ce pre­mier jour de soldes, cer­taines bou­tiques ont cepen­dant eu du mal à faire appli­quer la dis­tan­cia­tion phy­sique entre leurs clients. Dans les vitrines, les maga­sins annon­çaient un nombre maxi­mum de per­sonnes auto­ri­sées, par­fois d’ailleurs revu à la hausse après quelques semaines d’accalmie, comme chez Promod. Mais ces limi­ta­tions, qui vont d’une petite poi­gnée de clients jusqu’à plu­sieurs dizaines pour les plus grosses struc­tures, n’ont pas tou­jours été respectées.

Premier jour de soldes sous contraintes sanitaires

En dépit des contraintes sani­taires, les clients se déplacent par­fois en masse dans les maga­sins. Dans cette enseigne bon­dée, Nicole vient d’a­voir un « coup de cœur ».

« On essaye d’être souples. L’idée, c’est que les clients s’au­to­dis­ci­plinent », admet Laurence, ven­deuse chez André, dont le nombre de clients en bou­tique était alors deux fois supé­rieur à la limite indiquée.

À Kanoé, quelques rues plus loin, les soldes ont démarré en trombe. Une ving­taine de clients se sont amas­sés dans la petite bou­tique, à la recherche de bonnes affaires. « On dépasse le nombre affi­ché en vitrine mais, au moins, les clients sont tous mas­qués et ils se dés­in­fectent les mains », se défend une vendeuse.

Christine et sa fille, Aurélie, viennent y faire leurs achats « avec un bud­get réduit ». « On a appris à vivre avec moins pen­dant le confi­ne­ment, alors aujourd’hui on va à l’essentiel », expliquent-elles. Elles assurent prendre leurs pré­cau­tions vis-à-vis des autres clients : « On fait atten­tion. Là, par exemple, il y a du monde, alors on va évi­ter d’aller dans le fond du maga­sin. On veut se faire plai­sir, mais on reste rai­son­nables », promettent-elles.

Thomas Imbert

VENTE EN LIGNE : UN DÉBUT DE SOLDES DÉCEVANT POUR SPARTOO

Le groupe Grenoblois Spartoo, spé­cia­lisé dans la vente en ligne et pro­prié­taire de la marque André, a annoncé une baisse notable de ses ventes dès la pre­mière heure des soldes par rap­port à d’habitude.

Les résul­tats enre­gis­trés sur le site « confirment la fri­lo­sité des consom­ma­teurs », annonce le groupe. 8 000 colis, avec un panier moyen de 78 euros par consom­ma­teur, ont en effet été expé­diés aujourd’hui entre 8 et 9 heures. C’est 20 % de moins que l’an dernier.

Boris Saragaglia, PDG du groupe, recon­naît que « les consom­ma­teurs sont très exi­geants sur les rabais et à la recherche des meilleures affaires dès le démarrage ».

Il annonce, par ailleurs, avoir dou­blé les effec­tifs de ses équipes de logis­tiques et SAV. Tout en pro­met­tant aux inter­nautes « une livrai­son dès le len­de­main avec retour offert dans les trente jours pour être hyper compétitifs. » 

TI

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