Retour à l'école : des enseignants inquiets pour l'avenir

Des enseignants de l’Isère dénoncent les conditions du retour à l’école et s’inquiètent pour l’avenir

Des enseignants de l’Isère dénoncent les conditions du retour à l’école et s’inquiètent pour l’avenir

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

 

EN BREF – Le Syndicat national unifié des directeurs, instituteurs et professeurs des écoles (Snudi-FO) de l’Isère a dénoncé, ce mercredi 10 juin, les aménagements relatifs au retour à l’école, au cours d’une conférence de presse organisée devant les locaux de l’académie de Grenoble. Les enseignants craignent une perte du temps d’apprentissage en classe au profit de l’école à la maison et des activités périscolaires.

 

 

ÉCOLES : Blanquer "profite de la crise" pour la SNUDI-FO

Le Snudi-FO orga­ni­sait une confé­rence de presse ce 10 juin devant la direc­tion des ser­vices dépar­te­men­taux de l’Éducation natio­nale de l’Isère. © Julien Morceli – Place Gre’net

Ils s’in­quiètent du deve­nir de l’en­sei­gne­ment à l’é­cole et ont voulu le faire savoir ce mer­credi, lors d’une confé­rence de presse devant les locaux de la direc­tion des ser­vices dépar­te­men­taux de l’Éducation natio­nale de l’Isère.

 

En tête de leurs pré­oc­cu­pa­tions ? La perte du temps d’ap­pren­tis­sage, selon ces ensei­gnants en poste dans l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise, membres du Syndicat natio­nal uni­fié des direc­teurs, ins­ti­tu­teurs et pro­fes­seurs des écoles.

 

 

Les élèves auraient perdu 40 % des heures de classes

 

Pas moins de 40 % des heures de classes per­dues dans les écoles mater­nelles et élé­men­taires publiques. C’est le chiffre qu’a­vance le Snudi-FO Isère. Plus grave encore selon ces pro­fes­seurs des écoles, ce ne sont pas les élèves en dif­fi­culté qui reviennent en classe depuis le 11 mai 2020.

 

Ecole Les Genêts juin 2020 : salle de classe pendant le déconfinement dans © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Salle de classe pen­dant le décon­fi­ne­ment dans l’é­cole Les Genêts juin 2020 © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Si les enfants des per­son­nels mobi­li­sés par la crise sani­taire (soi­gnants, pom­piers…) et « la conti­nuité de la vie de la Nation » vont en classe toute la semaine, les élèves jugés non prio­ri­taires* par l’Éducation natio­nale n’au­raient droit qu’à un ou deux jours par semaine. Au mieux.

 

La rai­son ? Les condi­tions d’ac­cueil ne per­mettent pas le retour d’un nombre suf­fi­sant d’é­lèves. Pour ouvrir, les classes doivent en outre être net­toyées toutes les deux heures. La plu­part des villes ont donc décidé de mutua­li­ser leurs écoles et de fer­mer des salles de classe, faute de per­son­nel pour les net­toyer. Quant aux élèves les plus en dif­fi­culté, ils ne sont le plus sou­vent pas du tout reve­nus en classe, ce retour étant laissé au choix des familles.

 

 

Moins d’école en présentiel à l’avenir ?

 

Mais ce n’est pas tout. Cette situa­tion dégra­dée pour­rait se péren­ni­ser. C’est en tout cas ce que redoute le syn­di­cat Snudi-FO, qui s’ap­puie sur les consignes reçues par les pro­fes­seurs pour la ren­trée de sep­tembre en Guyane. Les élèves auraient alors deux jours de classe, une jour­née de télé-appren­tis­sage, puis deux jours d’ac­ti­vi­tés péri­sco­laires. Guillaume Vercruysse, secré­taire dépar­te­men­tal adjoint du Snudi-FO de l’Isère, se demande ainsi si ce pro­jet expé­ri­menté en Guyane est aussi des­tiné à la France. « Est-ce un dépar­te­ment pilote ? », s’interroge-t-il.

 

Dans le même esprit, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation pro­meut déjà dans l’Hexagone le dis­po­si­tif Sport, santé, culture, civisme abrégé 2S2C. Ce dis­po­si­tif a pour objec­tif d’ac­com­pa­gner le retour pro­gres­sif à l’é­cole en pro­po­sant aux élèves des acti­vi­tés « ludiques » et « édu­ca­tives » sur le temps sco­laire, indique le minis­tère de l’Éducation natio­nale. Un mil­lier de conven­tions ont déjà été signées avec les mai­ries. « Une réponse immé­diate mais aussi struc­tu­relle », estime Jean-Michel Blanquer.

 

 

La crainte de voir les écoles transformées en garderie

 

Bien que ces ordon­nances 2s2c signées entre les col­lec­ti­vi­tés locales et les direc­teurs aca­dé­mique soient pré­sen­tées comme pro­vi­soires, Guillaume Vercruysse craint leur géné­ra­li­sa­tion l’an­née pro­chaine. Selon lui, cet enca­dre­ment se fait entiè­re­ment en dehors de la res­pon­sa­bi­lité de l’enseignant et, donc, sans aucun contrôle sur les apports péda­go­giques. Il appelle à réser­ver l’enseignement aux ensei­gnants et l’animation aux ani­ma­teurs employés des com­munes sur le temps périscolaire.

 

Julien Morceli

 

 

* Les élèves jugés prio­ri­taires par l’Éducation natio­nale sont ceux « en situa­tion de han­di­cap, les élèves décro­cheurs ou en risque de décro­chage et les enfants des per­son­nels indis­pen­sables à la ges­tion de la crise sani­taire et à la conti­nuité de la vie de la Nation. Dans la mesure du pos­sible, il est éga­le­ment tenu compte des élèves rele­vant d’une même fra­trie ».

 

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Julien Morceli

Auteur

A lire aussi sur Place Gre'net

En Isère, de plus en plus de voix s'élèvent pour réclamer la fermeture des entreprises pour tenter de juguler l'épidémie de Covid-19.
De plus en plus de voix s’élèvent pour demander la fermeture immédiate des entreprises non stratégiques

  EN BREF - Alors qu'en Isère une intersyndicale réclame la fermeture des entreprises, services et collectivités considérés comme non stratégiques, la fédération des industries Lire plus

Personnels hospitaliers et usagers se sont mobilisés devant le groupe hospitalier mutualiste jeudi 30 janvier pour dénoncer la vente au privé lucratif. © Anissa Duport-Levanti
Vente du Groupe hospitalier mutualiste : salariés, patients et acteurs politiques se mobilisent

  FOCUS - Salariés et usagers se mobilisent pour "sauver" le Groupement hospitalier mutualiste (GHM) de la vente au privé lucratif. Une mobilisation soutenue par Lire plus

A Crolles, STMicro réduit la moitié de ses effectifs à la production jusqu'au 2 avril. Insuffisant pour la CGT qui réclame l'arrêt total de la production.
STMicroelectronics propose une prime, l’inspection du travail juge les mesures de protection insuffisantes

  DÉCRYPTAGE - À Crolles en Isère, le fabricant de puces électroniques STMicroelectronics instaure une prime de présence de 300 euros pour ses salariés mobilisés en Lire plus

Le Snes-FSU s’inquiète des sureffectifs et du manque de postes dans les collèges et lycées

FOCUS - La section académique du Snes-FSU, qui tenait ce jeudi 31 août sa réunion de rentrée à la Bourse du travail, s'inquiète de la Lire plus

Flash Info

|

16/06

15h50

|

|

16/06

15h20

|

|

16/06

11h47

|

|

15/06

22h48

|

|

15/06

17h34

|

|

15/06

16h20

|

|

15/06

15h00

|

|

15/06

12h15

|

|

14/06

16h51

|

|

14/06

16h12

|

Les plus lus

Économie| Le magasin en ligne de produits bio et locaux Oclico​.com fête ses dix ans

Abonnement| Le Grenoblois David Smétanine candidat pour être porte-drapeau paralympique aux Jeux de Tokyo

Environnement| La Ville de Grenoble met les agents (volontaires) à contribution pour observer sa population d’oiseaux

A écouter| Environ un millier de personnes à Grenoble pour la « Marche des libertés » et contre les idées d’extrême droite

Culture| Du vélo au Sénégal, deux expositions présentées au Musée dauphinois à l’occasion de sa réouverture

Agenda

Je partage !
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin