La coopérative pour la reprise du groupe hospitalier mutualiste de Grenoble vient de déposer son offre

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Offres de locations exceptionnelles aux 2 Alpes

 

EN BREF – Salariés, syndicats et collectif d’usagers ont déposé, lundi 10 janvier, leur offre de reprise du groupe hospitalier mutualiste (GHM) de Grenoble auprès de la mutuelle Adrea. Ils veulent ainsi préserver le statut d’établissement de santé privé d’intérêt collectif (Espic) et comptent sur les pouvoirs publics pour user au besoin de leur droit de préemption.

 

 

« C’est un grand jour, c’est le jour de la Scic », se sont réjouis ce lundi les membres du grou­pe­ment entre sala­riés, usa­gers et syn­di­cats du GHM. Et ils l’ont fait en seule­ment dix jours. Dix jours pour créer « un dos­sier solide et cré­dible », déposé à 18 heures sur la table d’Aesio Adrea Mutuelle, afin de reprendre le groupe hos­pi­ta­lier mutua­liste ouvert à la vente.

 

Les représentants de la SCIC ont tenu une conférence de presse ce lundi 10 février devant les locaux du groupe hospitalier mutualiste. © Anissa Duport-Levanti - Place Gre'net

Les repré­sen­tants de la Scic ont tenu une confé­rence de presse ce lundi 10 février devant les locaux du groupe hos­pi­ta­lier mutua­liste. © Anissa Duport-Levanti – Place Gre’net

 

La for­ma­tion en coopé­ra­tive des sala­riés, usa­gers et syn­di­cats du groupe hos­pi­ta­lier mutua­liste est une pre­mière en France pour ce type d’é­ta­blis­se­ment. « Avec ce pro­jet, nous sommes dans l’air du temps », affirme le Dr Nicolas Albin, chef du pôle can­cé­ro­lo­gie du GHM. Selon lui, « ce mode de ges­tion per­met­tra une plus grande impli­ca­tion des soi­gnants comme des soi­gnés ».

 

 

« L’offre de soins doit être universelle et gratuite »

 

« Nous vou­lons défendre une struc­ture sani­taire qui assure une mis­sion de ser­vice public », mar­tèle le Dr Albin, qui s’inquiétait, il y a peu, du risque sani­taire lié à une vente au privé lucra­tif.

 

Le Dr. Nicolas Albin a défendu la reprise du GHM par la SCIC afin de préserver la mission de service public du groupe hospitalier. © Anissa Duport-Levanti - Place Gre'net

Le Dr Nicolas Albin défend la reprise du GHM par la Scic afin de pré­ser­ver la mis­sion de ser­vice public du groupe hos­pi­ta­lier. © Anissa Duport-Levanti – Place Gre’net

 

Dans la lettre adres­sée à la mutuelle pro­prié­taire du groupe hos­pi­ta­lier, le col­lec­tif d’usagers rejoint Adrea sur la néces­saire qua­lité de l’offre de soins. Mais il ajoute qu’elle doit être « uni­ver­selle et gra­tuite. Sinon, à quoi bon défendre encore l’esprit mutua­liste et la beauté du sys­tème fran­çais si seul.e.s les plus fortuné.e.s ont accès à ces soins de qua­lité ? »

 

 

Une contribution demandée à la Scimi, qui touche les loyers

 

Le col­lec­tif défend donc trois reven­di­ca­tions prin­ci­pales : le main­tien du sta­tut d’établissement de santé privé d’in­té­rêt col­lec­tif (Espic) ; l’in­clu­sion des usa­gers dans les déci­sions ; mais aussi le rem­bour­se­ment des dettes du GHM avec les béné­fices de la Scimi, société pro­prié­taire des murs.

 

En effet, la Scimi, qui appar­tient à Adrea à hau­teur de 46,59 %, serait « béné­fi­ciaire de 20 mil­lions d’euros. Là où le GHM est lui défi­ci­taire de 20 mil­lions d’euros », sou­ligne Jean-Philippe Moutarde, coor­di­na­teur du col­lec­tif d’usagers.

 

Les membres de la SCIC dénoncent un mélange des genres entre le GHM et la SCIMI, société propriétaire des murs. © Anissa Duport-Levanti - Place Gre'net

Les membres de la Scic dénoncent un mélange des genres entre le GHM et la Scimi, société pro­prié­taire des murs. © Anissa Duport-Levanti – Place Gre’net

 

Les membres de la Scic trouvent nor­mal de lui deman­der une contri­bu­tion, sachant que la Scimi pré­lève des loyers men­suels dont elle fixe le mon­tant mais ne gère pas l’activité, lais­sée à la charge du GHM.

 

Autre demande de la part de la Scic : rece­voir les moda­li­tés de sélec­tion des pré­ten­dants à la reprise. « Pour l’instant, nous fai­sons face à un fonc­tion­ne­ment très opaque. Nous n’avons ni cri­tères de sélec­tion, ni calen­drier », dénonce Joëlle Estivals, membre du col­lec­tif d’usagers.

 

 

Un soutien (toujours) attendu des acteurs politiques

 

Face au risque de voir la vente se faire au privé lucra­tif, la Scic compte sur le sou­tien des acteurs poli­tiques, notam­ment via la pos­si­bi­lité d’une pré­emp­tion. Ses membres ont ainsi adressé une lettre au maire Éric Piolle, au pré­sident de la métro­pole Christophe Ferrari, ainsi qu’au député de l’Isère Olivier Véran, à la ministre de la Santé Agnès Buzyn et à l’agence régio­nale de santé.

 

Ils y demandent à « dis­po­ser d’informations tech­niques quant à la fai­sa­bi­lité de cette pré­emp­tion et invite(nt) les col­lec­ti­vi­tés à faire usage de leurs droits ». Le pré­sident de la métro­pole a d’ores et déjà pour sa part pro­mis de « ne pas lais­ser le GHM tom­ber dans le privé lucra­tif ».

 

Une pre­mière réunion publique du futur col­lège des usa­gers aura lieu ven­dredi 14 février à 18 h 30 à la Maison des asso­cia­tions.

 

Anissa Duport-Levanti

 

MC2 - A la Vie
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