REPORTAGE – À la suite de la manifestation lycéenne très suivie du mardi 6 octobre 2026 à Grenoble, la question des suites du mouvement s’est immédiatement posée. Réunis en assemblée générale au rectorat après le cortège, quelque 128 personnels mobilisés de l’Éducation nationale ont adopté un appel à la grève pour jeudi 8 octobre et décidé de préparer la mobilisation dès mercredi dans les établissements. De leur côté, les lycéens, réunis à la Maison des associations, entendent eux aussi poursuivre leur mouvement.
« Les élèves ont fait le taf, eux. Ils nous ont réveillés, c’est à nous d’embrayer ! » Quelques heures après la manifestation ayant réuni plusieurs milliers de personnes dans les rues de Grenoble, mardi 6 octobre 2026, la formule d’une enseignante du lycée Mounier résumait assez bien l’état d’esprit d’une partie des personnels réunis en assemblée générale au rectorat. Après plus d’une semaine de mobilisation lycéenne, certains enseignants ne veulent désormais plus se contenter de soutenir leurs élèves : ils souhaitent entrer eux-mêmes dans le mouvement, notamment via la grève.
Et l’AG ne s’est pas limitée à en débattre. Après les prises de parole de représentants de plusieurs établissements de l’agglomération, les quelque 128 participants ont été amenés à se prononcer à main levée sur plusieurs propositions.
Un appel à la grève adopté pour jeudi 8 octobre
La principale proposition ? Un appel à la grève programmé pour le 8 octobre. Cette décision constitue la principale suite donnée, côté personnels, à la manifestation qui venait de s’achever, place de Verdun. Elle ne doit toutefois pas être confondue avec un appel de l’intersyndicale Éducation de l’Isère. Au moment de l’AG, celle-ci ne s’était pas encore réunie pour arrêter une nouvelle échéance, tandis que l’intersyndicale interprofessionnelle appelait, quant à elle, à une mobilisation le 5 novembre.
Plusieurs participants ont précisément estimé cette échéance trop éloignée au regard de la dynamique actuelle. Louison, enseignant en histoire-géographie, a ainsi plaidé pour une grève dès jeudi, au moment où lycéens et étudiants devraient eux aussi continuer à se mobiliser. Quitte, reconnaissait-il, à ce que les grévistes soient dans un premier temps minoritaires. Une proposition finalement soumise au vote et adoptée.

Quelque 128 enseignants, universitaires ou représentants d’associations de parents d’élève ont pris part à l’assemblée générale. © Joël Kermabon – Place Gre’net
À Mounier, certains personnels avaient déjà décidé de ne pas attendre. Une enseignante a expliqué qu’une quarantaine de collègues s’étaient retrouvés à l’issue de la manifestation et avaient voulu décider eux-mêmes de leur mobilisation, indépendamment de la décision des élèves de bloquer ou non l’établissement. « On ne peut pas juste compter sur eux », a-t-elle insisté, après avoir estimé que les lycéens avaient « réveillé » les personnels.
Poursuivez votre lecture
Il vous reste 54 % de l’article à lire. Obtenez un accès illimité.
Vous êtes déjà abonné.e ? Connectez-vous








