Le Grenoblois Raymond Avrillier porte plainte contre Eric Dupont-Moretti. Et accuse le ministre de la justice de double conflit d'intérêt.

Raymond Avrillier veut empêcher le retour d’Alain Carignon au conseil municipal

Raymond Avrillier veut empêcher le retour d’Alain Carignon au conseil municipal

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

FOCUS – Raymond Avrillier, ancien élu de Grenoble et membre du mouvement politique Ades (Association pour la démocratie, l’écologie et la solidarité), a adressé un courrier au préfet de l’Isère pour empêcher le retour d’Alain Carignon au conseil municipal.

 

 

Raymond Avrillier, surnommé "le tombeur de Carignon", est connu pour avoir participé à la dénonciation des affaires Carignon. © Raphaëlle Denis - Place Gre'net

Raymond Avrillier, sur­nommé « le tom­beur de Carignon », est connu pour avoir par­ti­cipé à la révé­la­tion des affaires Carignon. © Raphaëlle Denis – Place Gre’net

Il a décidé de res­ter « le tom­beur de Carignon » jusqu’au bout. Raymond Avrillier, ancien élu de la ville, entend empê­cher le retour de l’ancien maire de droite au conseil muni­ci­pal le 16 décembre.

 

Alain Carignon, éga­le­ment can­di­dat pour les pro­chaines muni­ci­pales, va en effet faire son retour au conseil après la démis­sion de deux de ses colistières.

 

Ce lundi 9 décembre, jour­née inter­na­tio­nale de la lutte contre la cor­rup­tion selon l’Onu, Raymond Avrillier s’est donc exprimé dans les locaux de son parti poli­tique, l’Ades, pour pré­sen­ter la lettre qu’il a rédi­gée à l’attention du pré­fet de l’Isère.

 

 

De possibles conflit d’intérêts ?

 

Dans un livre, Alain Carignon, l'ex-maire de Grenoble, condamné pour corruption en 1996, officialise sa candidature à la mairie de Grenoble.

Alain Carignon va faire son retour au conseil muni­ci­pal le 16 décembre 2019, après la démis­sion de deux élues de droite. © Patricia Cerinsek

« Dans ce cour­rier, on pré­vient le pré­fet que la col­lec­ti­vité va être para­ly­sée », explique-t-il. Il en appelle à un texte de la Cour de Cassation de 1997 : « Il n’importe que des dons, pré­sents ou avan­tages aient été accep­tés par une per­sonne inves­tie d’un man­dat élec­tif public pos­té­rieu­re­ment à l’accomplissement de l’acte de la fonc­tion, le délit de cor­rup­tion consommé dès la conclu­sion du pacte entre le cor­rup­teur et le cor­rompu se renou­velle à chaque acte d’exécution dudit pacte. »

 

Selon Raymond Avrillier, Alain Carignon conti­nue­rait donc de por­ter pré­ju­dice à la ville – et ce, même après sa condam­na­tion en 1996 par la Cour d’appel de Lyon pour cor­rup­tion, abus de biens sociaux et subor­na­tion de témoins. L’ancien maire avait écopé de cinq ans de pri­son dont un avec sur­sis, de cinq ans d’inéligibilité et de 400 000 francs d’amende.

 

« Pour moi, Alain Carignon n’a pas payé sa dette vis-à-vis de la ville de Grenoble. » Raymond Avrillier

 

« M. Carignon s’est mis en situa­tion de ne pas pou­voir assu­rer ce man­dat, explique par consé­quent Vincent Comparat, pré­sident de l’Ades. Ses inté­rêts per­son­nels ne pour­ront jamais être l’intérêt géné­ral. » D’autant plus, d’après les deux mili­tants, qu’Alain Carignon reste « le rece­leur des 19 mil­lions de francs dont il a béné­fi­cié entre 1987 et 1994 », ne les ayant jamais rem­bour­sés. « Depuis 1995, les contri­buables gre­no­blois payent chaque année au moins 10 mil­lions d’euros pour un sur­en­det­te­ment créé par le maire cor­rompu par une très mau­vaise ges­tion de l’argent public. »

 

Les avan­tages dont a béné­fi­cié Alain Carignon auprès de la Lyonnaise des Eaux, deve­nue Engie, le lient donc encore à eux et le placent en situa­tion de conflit d’intérêts dans nombre de déci­sions muni­ci­pales. « Il va fal­loir à chaque fois véri­fier toutes les déli­bé­ra­tions qui concernent par exemple GEG, dont le prin­ci­pal action­naire privé est Engie, indique Raymond Avrillier. La Ville ne va pas pou­voir fonc­tion­ner nor­ma­le­ment. Nous appe­lons donc le pré­fet à exer­cer un contrôle de léga­lité. »

 

 

Les Républicains retournent l’attaque contre Eric Piolle

 

Mais com­ment est-il pos­sible d’écarter un conseiller muni­ci­pal ? « Le pré­fet a le droit de sai­sir le tri­bu­nal admi­nis­tra­tif ou même le conseil d’État pour un avis, signale Raymond Avrillier. Le juge pourra déci­der de l’empêcher de par­ti­ci­per aux com­mis­sions et aux déli­bé­ra­tions. »

 

Vincent Comparat devant le local de l'Ades. © Loïc Blache - placegrenet.fr

Vincent Comparat devant le local de l’Ades. © Loïc Blache – pla​ce​gre​net​.fr

Une situa­tion ten­due, à quatre mois des muni­ci­pales. « Il faut gar­der un pro­blème déon­to­lo­gique en tête, sou­ligne Vincent Comparat, c’est que nous sommes pour la réha­bi­li­ta­tion des délin­quants. Mais pas au milieu de leurs vic­times. » Ici, le contri­buable grenoblois.

 

Alain Carignon n’a pas sou­haité, pour l’heure, répondre aux décla­ra­tions de Raymond Avrillier.

 

 

François Tarantini, secré­taire géné­ral adjoint des Républicains de l’Isère, a néan­moins tweeté : « [Raymond Avrillier] pose une ques­tion mais se trompe de cible. C’est à Eric Piolle qu’il faut la poser car action­naire d’une société à Singapour dont l’antenne locale a perçu des sub­ven­tions publiques. »

 

 

Pour le cas Carignon, le pré­fet dis­pose en tous cas d’un délai légal de deux mois pour répondre au cour­rier de Raymond Avrillier. Rien ne l’oblige cepen­dant à y répondre.

 

Raphaëlle Denis

 

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

RD

Auteur

A lire aussi sur Place Gre'net

Pour l'Ades, Grenoble ne doit pas 1,5 million à la Métro.
La Ville doit-elle 1,5 million d’euros à la Métro ? L’Ades dénonce une « instrumentalisation politicienne »

FOCUS - La Ville de Grenoble doit-elle 1,5 million d'euros à la Métropole? Alors que des échanges acrimonieux ont eu lieu sur la question au Lire plus

La collecte de textiles de la Métropole récolte 24 tonnes à mi-parcours
Le Conseil d’Etat confirme l’élection de Christophe Ferrari à la présidence de la Métropole de Grenoble

  FLASH INFO - Le Conseil d'Etat a, dans une décision rendue le 29 décembre, confirmé l'élection de Christophe Ferrari à la présidence de la Lire plus

La collecte de textiles de la Métropole récolte 24 tonnes à mi-parcours
Les recours contre l’élection du président de la Métro et la désignation de délégués rejetés par la justice

  FLASH INFO — Les recours déposés suite à la réélection de Christophe Ferrari comme président de la Métro ont été rejetés par les magistrats Lire plus

Ades : un soutien à Eric Piolle. Sans surprise, l'association étant la base arrière militante du maire sortant de Grenoble...
L’Ades, base arrière militante de la majorité sortante, réaffirme sans surprise son soutien à Eric Piolle

  EN BREF - Ultime soutien à Eric Piolle pour les municipales en 2020 ? L'association pour la démocratie, l'écologie et la solidarité (Ades), base Lire plus

A Grenoble, le retour d'Alain Carignon se fait encore et toujours au son de ses vieilles casseroles. Le débat sur la gestion de la ville attendra.
À Grenoble, le énième retour d’Alain Carignon et de ses vieilles casseroles éclipse le débat politique

DÉCRYPTAGE - À Grenoble, le énième retour sur la scène politique d'Alain Carignon vient une nouvelle fois secouer le Landerneau. Sur la base du rapport Lire plus

La partie de Monopoly se poursuit à Grenoble autour de la Sem Minatec. Alors que le Département de l'Isère rechigne à vendre ses parts, l'affaire se déplace sur le terrain judiciaire.
Le Département de l’Isère refuse de vendre ses actions dans la Sem Minatec, le président de l’Ades saisit la justice

FOCUS - La Ville de Grenoble a vendu la totalité de ses actions dans la société d'économie mixte Minatec à la Métro. Laquelle en a Lire plus

SDH - Le futur compte sur nous

Flash Info

|

16/10

22h21

|

|

16/10

14h42

|

|

16/10

7h48

|

|

15/10

23h27

|

|

15/10

10h12

|

|

15/10

9h14

|

|

14/10

12h03

|

|

13/10

22h57

|

|

13/10

16h18

|

|

13/10

15h31

|

Les plus lus

Environnement| Des loups en plein centre-ville de Grenoble à la faveur du confinement ?

Des contrôles pour le respect des consignes de confinement. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Fil info| Confinement : à Grenoble, la police nationale a verbalisé… des policiers municipaux

Manifestation contre la loi de travail, 26 mai 2016. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'Net

Société| Manifestation contre la loi Travail : des licornes et des heurts à Grenoble

Bois Français. © Isère Tourisme

Société| Des points d’eau pour se rafraîchir !

Témoignage d'une ancienne allocataire du RSA en Isère, aujourd'hui sans aide sociale pour avoir voulu se réinsérer en reprenant une formation.

Société| “J’ai perdu mon droit au RSA pour avoir voulu me réinsérer”

Agenda

Je partage !
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin