Raymond Avrillier veut empêcher le retour d’Alain Carignon au conseil municipal

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FOCUS – Raymond Avrillier, ancien élu de Grenoble et membre du mouvement politique Ades (Association pour la démocratie, l’écologie et la solidarité), a adressé un courrier au préfet de l’Isère pour empêcher le retour d’Alain Carignon au conseil municipal.

 

 

Raymond Avrillier, surnommé "le tombeur de Carignon", est connu pour avoir participé à la dénonciation des affaires Carignon. © Raphaëlle Denis - Place Gre'net

Raymond Avrillier, sur­nommé « le tom­beur de Carignon », est connu pour avoir par­ti­cipé à la révé­la­tion des affaires Carignon. © Raphaëlle Denis – Place Gre’net

Il a décidé de res­ter « le tom­beur de Carignon » jusqu’au bout. Raymond Avrillier, ancien élu de la ville, entend empê­cher le retour de l’ancien maire de droite au conseil muni­ci­pal le 16 décembre.

 

Alain Carignon, éga­le­ment can­di­dat pour les pro­chaines muni­ci­pales, va en effet faire son retour au conseil après la démis­sion de deux de ses colis­tières.

 

Ce lundi 9 décembre, jour­née inter­na­tio­nale de la lutte contre la cor­rup­tion selon l’Onu, Raymond Avrillier s’est donc exprimé dans les locaux de son parti poli­tique, l’Ades, pour pré­sen­ter la lettre qu’il a rédi­gée à l’attention du pré­fet de l’Isère.

 

 

De possibles conflit d’intérêts ?

 

Dans un livre, Alain Carignon, l'ex-maire de Grenoble, condamné pour corruption en 1996, officialise sa candidature à la mairie de Grenoble.

Alain Carignon va faire son retour au conseil muni­ci­pal le 16 décembre 2019, après la démis­sion de deux élues de droite. © Patricia Cerinsek

« Dans ce cour­rier, on pré­vient le pré­fet que la col­lec­ti­vité va être para­ly­sée », explique-t-il. Il en appelle à un texte de la Cour de Cassation de 1997 : « Il n’importe que des dons, pré­sents ou avan­tages aient été accep­tés par une per­sonne inves­tie d’un man­dat élec­tif public pos­té­rieu­re­ment à l’accomplissement de l’acte de la fonc­tion, le délit de cor­rup­tion consommé dès la conclu­sion du pacte entre le cor­rup­teur et le cor­rompu se renou­velle à chaque acte d’exécution dudit pacte. »

 

Selon Raymond Avrillier, Alain Carignon conti­nue­rait donc de por­ter pré­ju­dice à la ville – et ce, même après sa condam­na­tion en 1996 par la Cour d’appel de Lyon pour cor­rup­tion, abus de biens sociaux et subor­na­tion de témoins. L’ancien maire avait écopé de cinq ans de pri­son dont un avec sur­sis, de cinq ans d’inéligibilité et de 400 000 francs d’amende.

 

« Pour moi, Alain Carignon n’a pas payé sa dette vis-à-vis de la ville de Grenoble. » Raymond Avrillier

 

« M. Carignon s’est mis en situa­tion de ne pas pou­voir assu­rer ce man­dat, explique par consé­quent Vincent Comparat, pré­sident de l’Ades. Ses inté­rêts per­son­nels ne pour­ront jamais être l’intérêt géné­ral. » D’autant plus, d’après les deux mili­tants, qu’Alain Carignon reste « le rece­leur des 19 mil­lions de francs dont il a béné­fi­cié entre 1987 et 1994 », ne les ayant jamais rem­bour­sés. « Depuis 1995, les contri­buables gre­no­blois payent chaque année au moins 10 mil­lions d’euros pour un sur­en­det­te­ment créé par le maire cor­rompu par une très mau­vaise ges­tion de l’argent public. »

 

Les avan­tages dont a béné­fi­cié Alain Carignon auprès de la Lyonnaise des Eaux, deve­nue Engie, le lient donc encore à eux et le placent en situa­tion de conflit d’intérêts dans nombre de déci­sions muni­ci­pales. « Il va fal­loir à chaque fois véri­fier toutes les déli­bé­ra­tions qui concernent par exemple GEG, dont le prin­ci­pal action­naire privé est Engie, indique Raymond Avrillier. La Ville ne va pas pou­voir fonc­tion­ner nor­ma­le­ment. Nous appe­lons donc le pré­fet à exer­cer un contrôle de léga­lité. »

 

 

Les Républicains retournent l’attaque contre Eric Piolle

 

Mais com­ment est-il pos­sible d’écarter un conseiller muni­ci­pal ? « Le pré­fet a le droit de sai­sir le tri­bu­nal admi­nis­tra­tif ou même le conseil d’État pour un avis, signale Raymond Avrillier. Le juge pourra déci­der de l’empêcher de par­ti­ci­per aux com­mis­sions et aux déli­bé­ra­tions. »

 

Vincent Comparat devant le local de l'Ades. © Loïc Blache - placegrenet.fr

Vincent Comparat devant le local de l’Ades. © Loïc Blache – placegrenet.fr

Une situa­tion ten­due, à quatre mois des muni­ci­pales. « Il faut gar­der un pro­blème déon­to­lo­gique en tête, sou­ligne Vincent Comparat, c’est que nous sommes pour la réha­bi­li­ta­tion des délin­quants. Mais pas au milieu de leurs vic­times. » Ici, le contri­buable gre­no­blois.

 

Alain Carignon n’a pas sou­haité, pour l’heure, répondre aux décla­ra­tions de Raymond Avrillier.

 

 

François Tarantini, secré­taire géné­ral adjoint des Républicains de l’Isère, a néan­moins tweeté : « [Raymond Avrillier] pose une ques­tion mais se trompe de cible. C’est à Eric Piolle qu’il faut la poser car action­naire d’une société à Singapour dont l’antenne locale a perçu des sub­ven­tions publiques. »

 

 

Pour le cas Carignon, le pré­fet dis­pose en tous cas d’un délai légal de deux mois pour répondre au cour­rier de Raymond Avrillier. Rien ne l’oblige cepen­dant à y répondre.

 

Raphaëlle Denis

 

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Commentaires 3
  1. sep article
  2. D’après Avriller, Alain Carignon à lui tout seul va « com­pro­mettre l’im­par­tia­lité ou l’in­dé­pen­dance des déli­bé­ra­tions de la ville et donc para­ly­ser le fonc­tion­ne­ment de la col­lec­ti­vité???

    A LUI TOUT SEUL??????

    Quelle Grenoblois un mini­mum censé pour­rait gober cette Fake News digne de la muni­ci­pa­lité Piolle.

    Par contre créer un rideau de fumée pour qu’on parle d’autre chose que de son bilan catas­tro­phique depuis 2014 en mani­pu­lant l’o­pi­nion, grosses ficèles qui ne trompent per­sonne Eric Piolle !

    AFFLIGEANT

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    • le fait que Monsieur CARIGNON soit un cor­rompu, un tol­lard qui à « volé » la ville ne dore en rien le bilan de Monsieur PIOLLE.
      Monsieur CARIGNON a été condamné pour : cor­rup­tion, abus de biens sociaux, et subor­na­tion de témoins.
      C’est autre chose que tra­ver­ser la route hors des clous !
      C’est ce qui est dom­mage, c’est que son achar­ne­ment à divi­ser en refu­sant de regar­der la situa­tion. Hormis quelques per­sonnes comme vous, il y a un réel rejet de sa per­sonne d’un par­tie des Grenoblois anti PIOLLE. Monsieur CARIGNON condamne la ville à un second man­dant, l’op­po­si­tion étant divi­sée à cause de lui.

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