Lancement de la reconstruction de la Casemate en forme de pied-de-nez aux incendiaires « obscurantistes »

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FOCUS – La reconstruction du premier étage de La Casemate vient de débuter à Grenoble, avec la pose symbolique de la première pierre. L’occasion de présenter les plans du bâtiment de ce CCSTI (centre de culture scientifique, technique et industrielle) et de réaffirmer sa mission de propagation de la culture scientifique. Une arme de lutte contre les « obscurantistes » affirmant combattre le « totalitarisme technologique » qui ont incendié les lieux en 2017.

 

 

Entre Phénix et sala­mandre. La Casemate de Grenoble renaît avec le début des tra­vaux de recons­truc­tion de son pre­mier étage, détruit par un incen­die cri­mi­nel en novembre 2017. L’occasion d’une pose de “pre­mière pierre” sym­bo­lique. Ou plu­tôt la pré­sen­ta­tion des plans du futur bâti­ment, en pré­sence de ses nom­breux par­te­naires, depuis la Métro à l’UGA, en pas­sant par le Département de l’Isère ou la Ville de Grenoble.

 

Les travaux du premier étage de la Casemate ont commencé © Florent Mathieu - Place Gre'net

Les tra­vaux du pre­mier étage de la Casemate ont com­mencé © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Bernard Pecqueur, pré­sident de la Casemate, rap­pelle aussi les orien­ta­tions à venir du CCSTI gre­no­blois. Avec, plus que jamais à l’ordre du jour, la péda­go­gie et l’ap­pro­pria­tion de la science par le plus grand nombre. Sans oublier l’ap­pro­pria­tion de ses outils, à tra­vers un Fablab qui repren­dra place à l’é­tage à la fin des tra­vaux. Bref, Bernard Pecqueur voit la Casemate comme un outil de déve­lop­pe­ment ter­ri­to­rial « qui fait du lien entre la science et la société ».

 

 

La lutte contre « l’obscurantisme » sur toutes les lèvres

 

Un pied-de-nez à ceux qui ont mis le feu à la Casemate au nom de la lutte contre le « tota­li­ta­risme tech­no­lo­gique ». « La place du débat, du dia­logue, de l’é­du­ca­tion aux sciences, ça reste dans notre ADN, sans doute est-ce pour cette rai­son que l’on a connu cet incen­die ! », pro­clame Jeany Jean-Baptiste, direc­trice du Centre scien­ti­fique. Qui prône le déve­lop­pe­ment de l’es­prit cri­tique pour mieux « com­battre l’obs­cu­ran­tisme ».

 

En novembre 2017, l'incendie avait ravagé le premier étage de la Casemate © Anaïs Mariotti - Place Gre'net

En novembre 2017, l’in­cen­die avait ravagé le pre­mier étage de la Casemate © Anaïs Mariotti – Place Gre’net

« Obscurantisme »  ? Le terme est repris par cha­cun des inter­ve­nants. Le pré­sident de la Métro se sou­vient de l’in­cen­die, de sa « rage », de sa « colère » et de son « incom­pré­hen­sion ».

 

« Sous cou­vert d’une forme de liberté abso­lue, on [brûle] comme on pou­vait brû­ler des livres dans dif­fé­rentes époques de notre his­toire humaine », accuse-t-il. Avant de l’af­fir­mer : « Nous serons tou­jours plus fortes que ces per­sonnes. »

 

« La culture est la plus grande crainte des tenants de l’obs­cu­ran­tisme », rap­pelle de son côté Pierre Gimel, vice-pré­sident du Département. Qui n’ou­blie pas de dres­ser la liste de tous les autres incen­dies ayant frappé l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise, comme ceux des gen­dar­me­ries de Grenoble et Meylan, de France Bleu Isère ou, plus récem­ment, de l’Hôtel de Ville de Grenoble. Chaque fois reven­di­qués de manière cré­dible par des textes aux accents liber­taires.

 

Christophe Ferrari aux incendiaires : « Nous serons toujours plus forts que vous » © Florent Mathieu - Place Gre'net

Christophe Ferrari aux incen­diaires : « Nous serons tou­jours plus forts que vous. » © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

« Ce ne sont pas seule­ment des dégâts maté­riels, c’est sur­tout la sym­bo­lique de ce qui se passe qui est dra­ma­tique pour nous et que nous devons com­battre », estime Pierre Gimel. Et l’élu dépar­te­men­tal de se réjouir des récentes per­qui­si­tions dans des squats gre­no­blois, preuves que les forces de l’ordre « conti­nuent à cher­cher les cou­pables de ces méfaits ». La repré­sen­tante du pré­fet Chloé Lombard n’en dira pas plus : « L’enquête judi­ciaire est en cours ».

 

 

La Casemate « fière d’être là plutôt qu’ailleurs »

 

Une chose semble cer­taine : la Casemate res­sort plus forte de cette ten­ta­tive de la mettre à bas. En atti­rant plus de 500 dona­teurs dans le cadre de sa cam­pagne de finan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif, elle a pu mesu­rer le sou­tien du grand public à son éta­blis­se­ment. Tout comme celui de l’État, de la Région, du Département ou de la Métro qui, tous, ont déblo­qué des fonds pour par­ti­ci­per au mil­lion d’eu­ros néces­saire à la recons­truc­tion.

 

Un panneau remercie les 500 donateurs de la Casemate © Florent Mathieu - Place Gre'net

Un pan­neau remer­cie les 500 dona­teurs de la Casemate © Florent Mathieu – Place Gre’net

Mieux encore, insiste son pré­sident, le CCSTI se sent aujourd’­hui plei­ne­ment à l’aise dans ce bâti­ment étrange, héri­tage du 19e siècle. Autre pied-de-nez aux incen­diaires : des équipes qui, par le passé, se plai­gnaient de se cogner aux murs et rêvaient de démé­na­ger se sont aujourd’­hui appro­prié les lieux, décrit Bernard Pecqueur. « Nous sommes fiers d’être là plu­tôt qu’ailleurs, ce qui n’a pas tou­jours été le cas his­to­ri­que­ment », conclut-il.

 

 

Cent mètres carrés supplémentaires sur la terrasse de La Casemate

 

La recons­truc­tion sera enfin l’oc­ca­sion d’ou­vrir davan­tage la Casemate, via des baies vitrées mieux agen­cées. Ou encore d’a­mé­lio­rer son acces­si­bi­lité, avec la pose d’un ascen­seur pour les per­sonnes à mobi­lité réduite. Sans oublier une meilleure cir­cu­la­tion des fluides et autres com­mo­di­tés, via un éton­nant réseau de “cani­veau” ins­crit dans le sol même, assu­rant le trai­te­ment d’air, l’é­cou­le­ment ou la dis­tri­bu­tion d’élec­tri­cité.

 

Les architectes Jean-Marc Aufauvre et Dominique Marcon présentent les plans des travaux à venir © Florent Mathieu - Place Gre'net

Les archi­tectes Jean-Marc Aufauvre et Dominique Marcon pré­sentent les plans des tra­vaux à venir © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Cerise sur le gâteau : le CCSTI va se doter de… cent mètres car­rés sup­plé­men­taires. Ses archi­tectes Jean-Marc Aufauvre et Dominique Marcon pré­sentent ainsi l’a­mé­na­ge­ment de sa ter­rasse comme lieu d’ex­po­si­tion ou de confé­rences, avec vue sur le quar­tier Île Verte et Belledonne. Une exten­sion 100 % réver­sible, pré­cisent les archi­tectes : « Si un jour cet espace n’est plus indis­pen­sable, on pourra reve­nir à la situa­tion anté­rieure ».

 

Florent Mathieu

 

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