REPORTAGE – Pour la quatrième journée consécutive, la mobilisation lycéenne s’est poursuivie et étendue, jeudi 1er octobre 2026, à Grenoble et dans plusieurs villes de l’Isère. À Champollion, élèves et enseignants ont défendu des revendications portant sur les conditions d’études. Mais ailleurs, notamment à Mounier, Louise-Michel ou Pablo-Neruda, tirs de mortiers, incendies et affrontements avec les forces de l’ordre ont largement débordé le cadre des blocages. À 17 heures, les forces de l’ordre recensaient douze interpellations à Grenoble.
Devant le lycée Champollion, à Grenoble, où la mobilisation lycéenne ne faiblit pas, Aurèle veut parler de ce qui l’a conduit à participer au blocage de son établissement, ce jeudi 1er octobre 2026 au matin. Élève de seconde, il évoque « la clim l’été ou le chauffage l’hiver » et « les classes qui sont un peu trop remplies ». Et tient immédiatement à préciser : « On est venu pour manifester, mais tout va rester pacifique. », assure le lycéen.
En l’occurrence, une volonté qui illustre toute la difficulté de cette quatrième journée de mobilisation lycéenne. Car tandis que des élèves entendent faire entendre leurs revendications sur leurs conditions d’études, de nouveaux incidents ont émaillé la matinée à Grenoble et dans l’ensemble du département. Au point de rendre parfois difficile la distinction entre mobilisation lycéenne et actions commises par d’autres individus.
À Champollion, des revendications « très concrètes et très matérielles »
Aurèle le constate lui-même. Autour des blocages se retrouvent, explique-t-il, « beaucoup de gens des autres lycées » mais aussi « d’autres qui n’ont pas de lycée, et donc c’est pour ça que ça devient un peu dangereux », ajoute-t-il, sans pour autant imputer à ces derniers les affrontements avec les forces de l’ordre.
Deux enseignantes de Champollion sont également venues soutenir leurs élèves. Claire, qui enseigne depuis plus de vingt ans, estime leurs revendications légitimes et dit partager notamment leurs demandes concernant les effectifs des classes et les conditions de travail, ainsi que leur opposition à Parcoursup. Elle juge par ailleurs la réponse des forces de l’ordre « disproportionnée ».
L’enseignante insiste surtout sur des problèmes qu’elle qualifie de « très concrets et très matériels ».
Elle dit ainsi avoir des classes comptant jusqu’à 36 élèves, pour 35 places, évoquant un « jeu des chaises musicales ». Elle décrit également comme « insupportables » les conditions de travail durant la canicule et estime que la plateforme nationale officielle de préinscription en première année de l’enseignement supérieur place les élèves dans une situation de concurrence et de stress intense pour accéder aux études supérieures.
À côté d’elle, une collègue souligne que Champollion est « sans doute » mieux doté que d’autres établissements, mais assure que ses élèves sont informés des difficultés rencontrées ailleurs, notamment des absences d’enseignants non remplacés. Les deux professeures insistent toutefois sur l’autonomie de la mobilisation : « C’est leur mouvement », souligne Claire.
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