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Grenoble Alpes : une marque pour tordre le cou au « Grenoble bashing » et renforcer l’attractivité du territoire

Grenoble Alpes : une marque pour tordre le cou au « Grenoble bashing » et renforcer l’attractivité du territoire

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FOCUS – Un collectif d’acteurs touristiques, économiques, culturels, institutionnels ou sportifs de la métropole vient de lancer la marque « Grenoble Alpes ». Un symbole autant qu’une stratégie marketing visant à promouvoir l’image, la notoriété, l’attractivité et le rayonnement du territoire. Le tout en s’appuyant sur ses habitants autant que sur les partenaires publics et privés impliqués dans son attractivité et sa compétitivité.

 

Christophe Ferrari entouré de Jacques Reboh, David Roguet, Joris Benelle, Jean-Charles Guibert et Anne-Laure Oudinot lors du lancement de Grenoble Alpes. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Christophe Ferrari entouré de Jacques Reboh, David Roguet, Joris Benelle, Jean-Charles Guibert et Anne-Laure Oudinot lors du lan­ce­ment de Grenoble Alpes. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Cette stra­té­gie Grenoble Alpes répond à l’im­pé­rieuse néces­sité de reprendre la main sur l’i­mage de marque et la répu­ta­tion de notre ter­ri­toire. » C’est ainsi que Christophe Ferrari, le pré­sident de la Métropole, a intro­duit le lan­ce­ment de la toute nou­velle marque ter­ri­to­riale Grenoble Alpes, le 22 mai dernier.

 

En sub­stance ? « Une stra­té­gie d’at­trac­ti­vité glo­bale menée avec les habi­tants et les par­te­naires publics et pri­vés impli­qués dans la com­pé­ti­ti­vité du ter­ri­toire », indiquent ses initiateurs.

 

À savoir, un col­lec­tif d’ac­teurs tou­ris­tiques, éco­no­miques, cultu­rels, ins­ti­tu­tion­nels ou spor­tifs de la métro­pole. Tous déter­mi­nés et sou­cieux d’ap­por­ter de la valeur ajou­tée, autant que de don­ner une nou­velle impul­sion à la métro­pole gre­no­bloise. Les objec­tifs de cette démarche plé­bis­ci­tée par nombre d’ac­teurs locaux ? Répondre encore plus effi­ca­ce­ment à la “concur­rence” entre les régions fran­çaises et étran­gères, atti­rer plus d’in­ves­tis­seurs, pro­mou­voir et ani­mer le territoire.

 

Mais aussi redo­rer son bla­son, quelque peu terni par le “Grenoble bashing » ambiant, afin qu’il puisse « rayon­ner en matière de noto­riété, d’i­mage et de visi­bi­lité ». Bref, tout faire pour « voir plus loin » ou en anglais « Get ahead », comme y invite l’ac­croche repre­nant les ini­tiales de Grenoble Alpes rete­nue pour la com­mu­ni­ca­tion à l’international.

 

 

Dire stop au dénigrement du territoire grenoblois

 

Grenoble en mal d’a­mour, de consi­dé­ra­tion, d’at­trac­ti­vité ? Oui, répond Christophe Ferrari qui, au nom du col­lec­tif, sou­haite « reprendre la main » sur l’i­mage de marque et la répu­ta­tion de la ville et de sa métropole.

 

Christophe Ferrari, président de Grenoble-Alpes Métropole. © Joël Kermabon - Place Gre',et

Christophe Ferrari, pré­sident de Grenoble-Alpes Métropole. © Joël Kermabon – Place Gre”,et

« Nous avons de nom­breuses réus­sites sec­to­rielles à valo­ri­ser […]. Si nous n’en écri­vons pas nous-mêmes le récit, que nous ne le por­tons pas, alors d’autres vont l’é­crire à notre place », assure-t-il.

 

L’élu l’af­firme haut et et fort, « il faut désor­mais dire stop ! » à tout ce qui a conduit, les années pas­sées, au déni­gre­ment de Grenoble. Encore une énième opé­ra­tion de com­mu­ni­ca­tion ins­ti­tu­tion­nelle, direz-vous ?

 

Que nenni. Il s’a­git bien d’une gou­ver­nance col­lec­tive, assure Christophe Ferrari : « Ce n’est pas la Métropole qui orches­trera la parole com­mune de tous les acteurs du ter­ri­toire ». Dont acte.

 

 

Jacques Reboh, président des Brûleurs de loups, pilote de Grenoble Alpes

 

Toujours est-il qu’il aura fallu quatre enquêtes pré­li­mi­naire pour mener à bien cette opé­ra­tion séduc­tion lan­cée en novembre 2017 et « ne rien lais­ser sous le paillas­son ». Autrement dit, explique Christophe Ferrari, « faire en sorte que tout ce qui devait être par­tagé le soit » pour conduire cette aven­ture collective.

 

Jacques Reboh, président des Brûleurs de loups. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Jacques Reboh, pré­sident des Brûleurs de loups. © Joël Kermabon – Place Gre’net

En retour ? Sept mille réponses d’ha­bi­tants, d’é­tu­diants, de chefs d’en­tre­prise ainsi que de tou­ristes ont per­mis à des groupes de tra­vail de se consti­tuer. Leurs membres n’ont ensuite guère attendu pour entre­prendre leurs pre­miers tra­vaux et plan­cher sur le pro­jet tout au long de 2018.

 

Pour une mise en œuvre auto­nome et opé­ra­tion­nelle, l’i­dée a été de la confier à Jacques Reboh, le pré­sident des Brûleurs de loups .

 

« Une per­son­na­lité de ter­rain, de confiance, un meneur d’é­quipe qui croit en la valeur du col­lec­tif et du ter­ri­toire », l’en­cense le pré­sident de la Métro.

 

Jacques Reboh nous en a dit un peu plus sur ses moti­va­tions, lors de la pré­sen­ta­tion de Grenoble Alpes à la pati­noire Pôle Sud :

 

 

 

Dix mille « ambassadeurs » de la marque Grenoble Alpes

 

La suite ? Cinq groupes de tra­vail menés par Joris Benelle, le DGS de l’Université de Grenoble-Alpes (UGA) ont été mis en place. Dont le groupe des “pion­niers”, char­gés d’être les « pre­miers ambas­sa­deurs du ter­ri­toire » sous la ban­nière Grenoble Alpes.

 

L'une des affiches de la campagne de communication de Grenoble Alpes. © Agence Hula Hoop

L’une des affiches de la cam­pagne de com­mu­ni­ca­tion de Grenoble Alpes. © Agence Hula Hoop

Leur typo­lo­gie ? « En pre­mier lieu, des entre­prises, des ins­ti­tu­tions publiques et para­pu­bliques. Mais aussi des repré­sen­tants des sphères cultu­relles et asso­cia­tives », indique le direc­teur. Le col­lec­tif, plein d’op­ti­misme, espère pou­voir en réunir une cin­quan­taine d’ici la fin de l’an­née 2019.

 

Ensuite, des « pion­niers à forte noto­riété » ayant une grande visi­bi­lité, un rayon­ne­ment impor­tant et recon­nus sur le ter­ri­toire. Des ambas­sa­deurs de luxe, en somme. Grenoble Alpes espère en fédé­rer entre cinq et dix, tou­jours en 2019.

 

Des ambas­sa­deurs aux­quels vont s’a­jou­ter des citoyens lambda et des étu­diants, soit au total 10 000 ins­crip­tions atten­dues. Le tout à tra­vers le site web de la marque et dans le cadre d’une asso­cia­tion en cours de création.

 

 

Faciliter l’appropriation de la marque et de son logo par le grand public

 

Un autre groupe est chargé de la com­mu­ni­ca­tion de Grenoble Alpes. Une tâche tout à fait dans les cordes de Anne-Laure Oudinot, la direc­trice de la com­mu­ni­ca­tion de Grenoble école de mana­ge­ment (Gem). Dans ses car­tons, une offen­sive média et digi­tale des­ti­née à mobi­li­ser le plus lar­ge­ment pos­sible le grand public qui peut ainsi décou­vrir la marque à tra­vers une cam­pagne d’af­fi­chage multimédia.

 

Digitale dans les tram­ways et à la gare de Grenoble, séri­gra­phies sur les bus et aux arrêts de tram et encarts dans les médias locaux. Grenoble Alpes s’ap­puie aussi sur son site web et sur les réseaux sociaux pour per­mettre aux per­sonnes inté­res­sées d’en savoir plus. Et, pour­quoi pas, de s’ins­crire pour rejoindre le col­lec­tif de pion­niers. Autant de vec­teurs qui devraient faci­li­ter, estime Anne-Laure Oudinot « l’ap­pro­pria­tion de la marque et de son logo.».

 

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Mais là ne s’ar­rête pas ce tra­vail de réha­bi­li­ta­tion. Il s’a­git aussi de tra­vailler, grâce à une agence spé­cia­li­sée, sur l’e‑réputation des entre­prises. Les cibles ? Celles dont la marque com­porte le mot Grenoble dans le but de voir ce qui se dit, ce qui est faux pour, le cas échéant, contrer les argu­ments néga­tifs ou peu valo­ri­sants. Enfin, Anne-Laure Oudinot entend bien fer­railler sur le clas­se­ment du ter­ri­toire à tra­vers des outils de mar­ke­ting territorial.

 

 

L’attractivité internationale au cœur des préoccupations

 

Travailler sur les mani­fes­ta­tions « qui portent les cou­leurs du ter­ri­toire », c’est le job d’un autre groupe de tra­vail. Le Grenoble street art fest est ainsi le pre­mier évé­ne­ment majeur où Grenoble Alpes pourra impri­mer sa marque. D’autres vont suivre comme la Coupe Icare, les Rencontres du cinéma de mon­tagne, le Festival de géo­po­li­tique et bien d’autres encore.

 

Mais atten­tion, tient à pré­ci­ser Jacques Reboh, « Grenoble Alpes n’a pas pour but d’être uni­que­ment un finan­ceur de ces évé­ne­ments ». De fait, Grenoble Alpes veut sur­tout leur appo­ser sa propre empreinte – celle d’un relais évé­ne­men­tiel d’im­por­tance, d’une charte de qua­lité à tra­vers son label –, autant qu’of­frir un sup­port média­tique important.

 

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L’attractivité inter­na­tio­nale a éga­le­ment fait l’ob­jet de toutes les atten­tions de Grenoble Alpes.  « Nous avons fait un scan de tout ce qui existe autour des acteurs du monde des affaires, des scien­ti­fiques et des étu­diants », explique Jean-Charles Guibert. Le direc­teur de Minatec et le groupe de tra­vail qu’il anime ont ainsi isolé deux grands axes de travail.

 

Le pre­mier ? La visi­bi­lité avec la pré­sen­ta­tion d’i­mages du ter­ri­toire, notam­ment au cours des salons pro­fes­sion­nels où il pré­co­nise ins­tam­ment de « par­ler de Grenoble ». Ensuite, vient l’hos­pi­ta­lité. Celle de ceux qui viennent s’ins­tal­ler et aux­quels il faut appor­ter une aide per­ti­nente, telle trou­ver un loge­ment, une cau­tion loca­tive… Et puis, il y a ceux qui sont en voyage d’af­faires et doivent repar­tir avec une image posi­tive de Grenoble et de ses environs.

 

 

« Grenoble Alpes ne peut et ne doit pas être un objet politique »

 

« Attention, inter­vient David Roguet, bâton­nier de l’Ordre des avo­cats de Grenoble, Grenoble Alpes ne peut et ne doit pas être un objet poli­tique. Et sur­tout pas au ser­vice de la Métropole ». Responsable du groupe de tra­vail concer­nant les aspects juri­diques de la marque, l’a­vo­cat tient à ce que le col­lec­tif reste ras­sem­blé tel qu’il est né, autour d’ac­teurs du ter­ri­toire, ni plus ni moins.

 

David Roguet bâtonnier de Grenoble 2018 © Ordre des avocats Grenoble

David Roguet bâton­nier de Grenoble 2018 © Ordre des avo­cats Grenoble

Quant à la struc­ture juri­dique la plus appro­priée pour coif­fer l’en­semble, « c’est l’as­so­cia­tion qui s’est presque impo­sée natu­rel­le­ment à nous parce que nous pour­sui­vons un but non lucra­tif », explique David Roguet.

 

Même si, pour­suit le bâton­nier,  « Grenoble Alpes va por­ter un modèle éco­no­mique, elle n’aura pas pour voca­tion d’en­ri­chir ses membres ».

 

Et d’en­fon­cer le clou. « Nous avons sou­haité une gou­ver­nance qui soit par­ta­gée, col­lec­tive, par­ti­ci­pa­tive et coopé­ra­tive. Nous ne vou­lons pas que qui que ce soit prenne le pou­voir », appuie-t-il. Avant de don­ner ren­dez-vous en sep­tembre, date à laquelle Grenoble Alpes va pré­sen­ter « tous ceux qui, autour de cette asso­cia­tion, vont fédé­rer les éner­gies autour du ter­ri­toire ».

 

Joël Kermabon

 

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Joël Kermabon

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