© Joël Kermabon - Place Gre'net

Les gilets jaunes gre­no­blois à la croi­sée des che­mins avant un éven­tuel ras­sem­ble­ment régional

Les gilets jaunes gre­no­blois à la croi­sée des che­mins avant un éven­tuel ras­sem­ble­ment régional

REPORTAGE VIDÉO - Plus de 400 gilets jaunes ont défilé dans Grenoble à l'occasion de l'acte XIV de leur mouvement, ce samedi 16 février. Une manifestation sous le signe de l'opposition à toute violence, qui a été suivie de pas moins de deux assemblées générales. Mais après trois mois de mobilisation, les gilets jaunes cherchent en effet un nouveau souffle et veulent multiplier autant que diversifier leurs actions.

 

 

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Et de quatorze ! Trois mois, jour pour jour après les débuts de leur mouvement, les gilets jaunes de l'agglomération grenobloise poursuivent leur lutte. Partis comme à l'habitude du parc Paul-Mistral, ils étaient plus de 400 à défiler pacifiquement à Grenoble, ce samedi 16 février.

 

Ce juste après une action avortée à Saint-Just-de-Claix devant l'usine de la fromagerie l’Étoile du Vercors, propriété du géant mondial de l'industrie laitière Lactalis (cf. encadré).

 

Cette nouvelle marche était placée sous le signe du refus de tout acte de violence. Ce afin d'éviter de discréditer le mouvement, de perturber les troupes ou de dissuader des gilets jaunes de participer aux différents rassemblements ou actions envisagées. Un thème sans doute pas étranger à la récente interpellation d'un jeune homme lié au mouvement, en possession de substances potentiellement explosives.

 

 

Une vive altercation devant le McDonalds de l'Aigle

 

Une brève altercation devant le McDonald's du quartier de l'Aigle a toutefois quelque peu entaché en fin d'après-midi une marche jusqu'alors bon enfant. Des jeunes « des quartiers » selon des personnes présentes, qui avaient brisé des rétroviseurs sur le trajet, auraient lancé un ou plusieurs pétards dans le fast food où se trouvaient des clients accompagnés d'enfants.

 

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Il ont alors été pris à parti par des manifestants, pour certains en état d'ébriété, toujours selon des témoins. Des incidents analysés et discutés, entre autres sujets, le lendemain, au cours de deux assemblées générales. S'il n'est pas question de scission, preuve en est malgré tout que le bateau du mouvement grenoblois traverse une période de mauvais temps.

 

Retour en images sur ce week-end de l'acte XIV du mouvement. Deux journées également marquées par une météo au beau fixe et des températures généreusement printanières.

 

 

 

« Les marches c'est bien gentil, on ne manifeste plus, on défile ! »

 

« Chacun doit pouvoir faire ce qu'il a envie mais les agressions, non ! » Une nouvelle fois, la question de la violence dans le mouvement était à l'ordre du jour de l'assemblée générale de ce dimanche 17 février, au QG de Saint-Martin-d'Hères. Un quartier général fait de bric et de broc, situé a proximité des friches Neyrpic où se sont rassemblées une cinquantaine de personne. Quant aux prises de parole, elles se faisaient avec le code gestuel adopté par les Indignés espagnols, repris ensuite par le mouvement Nuit debout.

 

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Outre l'altercation de la veille, bien d'autres sujets ont été abordés. « Faut-il poursuivre le mouvement avec des marches ? », ont questionné certains, fatigués d'enchaîner des manifestations improductives. « On a eu des miettes de pain, rien de plus ! On ne marche plus, on défile ! Ce n'est pas comme cela que nous allons y arriver ! », a dénoncé l'un d'eux.

 

 

Un rassemblement régional organisé à Grenoble ?

 

Parmi les autres questions débattues : comment mieux impliquer les différents quartiers de Grenoble ? Faut-il participer à l'appel inter-lycées pour les marches pour le climat ? Quid des initiatives conjointes entre gilets jaunes et grévistes lors des prochains mouvement sociaux ? Comment faire évoluer les modes d'action ?

 

Mais aussi des annonces telles que le rassemblement de ce lundi 18 février organisé par des femmes gilets jaunes devant la Caisse d'allocations familiales de Grenoble. Ou bien encore les actions envisageables contre le projet d'élargissement de l'A480.

 

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Sans oublier la demande de délégués pour participer, à Saint-Nazaire, à l'élaboration d'une plateforme commune de revendications.

 

Une initiative succédant à « l'assemblée des assemblées », qui a débouché sur l'appel de Commercy. Un thème sur lequel revient Vincent :

 

 

En tout état de cause, les gilets jaunes, même moins nombreux sur le terrain, rejettent l'idée que le mouvement puisse se tarir. Le projet d'organiser un rassemblement, régional celui-là, à Grenoble commence d'ailleurs à prendre corps. Cela va faire l'objet d'un vote sur les réseaux sociaux, comme pour toute décision stratégique. « Libre à chacun d'y participer », assure l'un des porte-parole du mouvement citoyen.

 

En attendant sans doute l'acte XV pour ce prochain samedi.

 

Joël Kermabon

 

 

UNE ACTION AVORTÉE DEVANT L'USINE LACTALIS DE SAINT-JUST-DE-CLAIX

 

Les gilets jaunes de l'agglomération grenobloise l'avaient annoncé : au risque de « la manifestation de trop », ils souhaitaient diversifier et donner plus de punch à leurs actions. D'où l'idée d'investir le terrain de l'écologie avec une action dirigée contre l'Étoile du Vercors de Saint-Just-de-Claix appartenant à Lactalis. À cet effet, une centaine d'entre eux se sont rassemblés devant l'entreprise laitière, le 16 février au matin.

 

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Ils bénéficiaient de renforts provenant de Saint-Étienne et de la Drôme. L'idée ? Comprendre le bras de fer qui oppose Lactalis à la commune de Saint-Just-de-Claix. En question, le rejet d'effluents dans l'Isère et le refus du raccordement au réseau d’assainissement. Le tout sans bloquer l'entreprise, ont assuré les gilets jaunes.

 

Une action qui a fait long feu. Les dirigeants de l'usine, craignant que les salariés soient pris à partie, ont en effet décidé de fermer l'usine. « Ils ont choisi de fermer le site pour, peut-être, n'avoir pas à affronter le dialogue mais, pour nous, l'action est réussie », déclare Dam's, l'une des figures du mouvement grenoblois.

 

La suite ? L'envoi d'un courrier au préfet de l'Isère pour demander des analyses pratiquées par un laboratoire indépendant. Objectif : déterminer si le traitement des rejets par la station d'épuration communale est réellement impossible. « Lactalis dit qu'elle ne peut pas se raccorder aux stations d'épuration telles qu'elles sont conçues actuellement. Il faut nous expliquer pourquoi 70 % des fromageries le peuvent », ironise le gilet jaune.

Joël Kermabon

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