Élargissement de l’A480 : des scientifiques grenoblois appellent à revoir le projet porté par Area

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FIL INFO – Dans une tribune, cent trente-cinq scientifiques grenoblois réclament que soit reconsidéré le projet porté par Area d’élargir l’A480 dans la traversée de Grenoble. Les cosignataires en appellent aux élus et aux pouvoirs publics, dénonçant l’impact que pourrait avoir le passage de deux à trois voies sur les niveaux de la pollution de l’air.

 

 

L'A480 est bouchée à plusieurs heures de la journée.

L’A480 est bou­chée à plu­sieurs heures de la jour­née © Manuel Pavard

Dans une tri­bune publiée dans Le Dauphiné libéré ce mer­credi 16 jan­vier, cent trente-cinq scien­ti­fiques majo­ri­tai­re­ment gre­no­blois*, dont plus de cin­quante cher­cheurs, en appellent aux élus et aux pou­voirs publics afin de recon­si­dé­rer le pro­jet d’é­lar­gis­se­ment de l’A480 dans la tra­ver­sée de Grenoble.

 

Le pro­jet, porté par la société Area, a obtenu le feu vert du pré­fet de l’Isère ce 14 jan­vier. Et ce sans grande sur­prise, l’é­lar­gis­se­ment de l’A480, cou­plé au réamé­na­ge­ment de l’é­chan­geur du Rondeau, ayant d’ores et déjà fait l’ob­jet d’une décla­ra­tion d’u­ti­lité publique dès le 23 juillet der­nier.

 

 

Les effets sanitaires du réchauffement se combinent à ceux de la qualité de l’air dégradée

 

Mais le coup d’en­voi offi­ciel donné par le repré­sen­tant de l’État dans le dépar­te­ment au terme de la seconde enquête publique a fini par héris­ser une par­tie de la com­mu­nauté scien­ti­fique. « L’agglomération gre­no­bloise subit déjà les consé­quences du réchauf­fe­ment cli­ma­tique et les pro­jec­tions pour le XXIe siècle laissent augu­rer une inten­si­fi­ca­tion des situa­tions cani­cu­laires et des modi­fi­ca­tions pro­fondes de l’environnement dans et autour de la ville », sou­lignent les scien­ti­fiques dans cette tri­bune.

 

Pollution dans la cuvette grenobloise : pour la première fois, les véhicules les polluants (immatriculés avant 1997) seront interdits de circulation dès samedi 10 décembre. Lundi, avec la persistance du pic de pollution, l'interdiction devrait être élargie. Crédit Patricia Cerinsek

© Patricia Cerinsek

« Les consé­quences du réchauf­fe­ment se com­binent aux effets sani­taires de la qua­lité de l’air dégra­dée subie dans l’agglomération gre­no­bloise, du fait des émis­sions liées au trans­port et aux com­bus­tions rési­den­tielles et indus­trielles, dont les effets sont ampli­fiés par la confi­gu­ra­tion de notre val­lée alpine. »

 

En pas­sant de deux à trois voies, l’A480 va-t-elle voir le tra­fic, et ce fai­sant la pol­lu­tion, aug­men­ter un peu plus ? « La cir­cu­la­tion glo­bale aug­men­tera de 6 % sur l’480 et de 12 % aux heures de pointe, mais ce sera neutre au niveau de la qua­lité de l’air », sou­te­nait pour sa part Nicolas Orset, direc­teur adjoint de l’innovation à Area, lors de la réunion publique en décembre 2017 au Stade des Alpes, comme nous le rela­tions en mars der­nier.

 

Plus fluide, le tra­fic per­met­tra-t-il de jugu­ler la hausse atten­due des pol­luants ? De quoi faire tiquer l’autorité envi­ron­ne­men­tale. « L’observation pra­tique de l’évolution du tra­fic auto­mo­bile sur les infra­struc­tures urbaines met en évi­dence que la flui­dité de ces grands axes rou­tiers se dégrade au fil du temps et que cette dégra­da­tion se tra­duit alors par l’apparition de nou­veaux phé­no­mènes de conges­tion auto­mo­bile », notait-t-elle dans son avis en marge de la com­mis­sion d’en­quête.

 

PC

 

 

* Deux des cosi­gna­taires, Serge Bouyssi et Xavier Bodin, ont en outre déposé un pre­mier recours devant le tri­bu­nal admi­nis­tra­tif de Grenoble deman­dant l’an­nu­la­tion de la décla­ra­tion publique.

 

Musée de Grenoble et ses artistes du XIXe siècle
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Commentaires 2
  1. #A480 et #Rondeau, si les verts et rouges de l”#Ades, amis et com­plices poli­tiques de #Piolle, ne s’é­taient pas oppo­sés, comme aujourd’­hui à tous les pro­jets pro­po­sés depuis bien­tôt 30 années, de désen­cla­ve­ment de Grenoble, nous n’en serions pas là aujourd’­hui, alors que la démo­gra­phie a bien aug­menté depuis ainsi que la cir­cu­la­tion de fait.

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    • L’espace public est limité, qu’on le veuille ou non. On ne peut pas raser les immeubles pour y mettre des routes. On ne peut pas raser les mon­tagnes pour y construire des auto­routes. D’autant plus que de tels amé­na­ge­ments favo­risent l’é­ta­le­ment urbain.
      Favoriser un mode de trans­port pour trans­por­ter à peine plus d’une per­sonne est une inep­tie la plus totale. Mais il faut avoir un peu de cer­velle pour le com­prendre et de ne pas res­ter coin­cer sur des idées du milieu du XXème siècle.

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