Des Grenoblois lancent un appel de soutien à Emmanuel Macron face aux Gilets jaunes

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FOCUS – À l’initiative de Grenoblois « héritiers d’une tradition d’innovation sociale et de solidarité », une pétition de soutien à Emmanuel Macron est en ligne depuis ce dimanche 13 janvier. Un texte, d’abord été partagé via le réseau privé de ses initiateurs, qui a recueilli plus de 700 signatures en l’espace de quelques jours.

 

 

« Monsieur le Président, nous comptons sur vous, vous devez compter sur nous. » Ainsi débute l’appel lancé par des Grenoblois à l’intention d’Emmanuel Macron, en réaction au mouvement des Gilets jaunes. Un texte de soutien que ses auteurs ont tout d’abord diffusé dans un cadre privé, recueillant en quelques jours plus de 700 signatures. Et qui circule depuis le dimanche 13 janvier sous forme de pétition, sur la plateforme MesOpinions.

 

À 11 heures du matin le lundi 14 janvier, la pétition approche des 300 signataires.

À 11 heures du matin le lundi 14 janvier, la pétition approchait des 300 signataires.

 

Les initiateurs de cet appel ? Des Grenoblois qui se présentent « héritiers d’une tradition d’innovation sociale et de solidarité », et dont un certain nombre proviennent de l’ancienne équipe municipale d’Hubert Dubedout. Le texte est ainsi né de l’initiative de Pierre Frappat, ancien journaliste, ancien professeur d’économie, ancien conseiller municipal de la Ville de Grenoble, et auteur de plusieurs ouvrages dont Hubert Dubedout, une pensée en action (Pug).

 

 

Des initiateurs issus du militantisme

 

Pierre Frappat a, par la suite, sollicité des proches, en l’occurrence Gérald Dulac, ancien adjoint à l’Économie sous le mandat de Michel Destot. Ainsi que la militante des droits des femmes Marie-France Motte, membre notamment du Comité régional de liaison et de coordination des associations féminines et féministes de Rhône-Alpes. Ou encore Jean-Louis Schwartzbrod, qui fut membre de l’équipe municipale Dubedout et président des Musiciens du Louvre Grenoble jusqu’en 2010. Une position n’engageant aucunement l’Orchestre, a tenu à faire savoir ce dernier. Qui affirme ne pas souhaiter se positionner sur ce débat.

 

Des Grenoblois lancent en ligne un appel de soutien à Emmanuel Macron. D'abord partagé en réseau privé, le texte aurait recueilli plus de 700 signatures.Pierre Frappat, filmé en entretien par VidéoGazette © VidéoGazette - YouTube

Pierre Frappat, filmé en entretien par VidéoGazette © VidéoGazette – YouTube

 

D’autres personnes ont, elles aussi, rapidement rejoint l’aventure. Figurent ainsi les noms de l’avocat grenoblois Pierre-Jean Chapuis, militant ATD Quart-Monde. Du professeur et chercheur Félix Darve, et de Geneviève Clemancey, secrétaire de l’association Présence d’Hubert Dubedout. Des membres de la famille de Pierre Frappat répondent également à l’appel : le docteur Violaine Frappat et Thérèse-Marie Martin. Et même un prêtre, en la personne de Philippe Mouy !

 

« Nous nous sommes réunis et nous avons travaillé sur un texte que nous avons ensuite envoyé à notre réseau, sans distinction d’opinions », explique Gérald Dulac. L’objectif initial était de recueillir 200 signatures. Près de 750 personnes l’ont finalement signé. Un succès, privé, qui a motivé les rédacteurs du texte à se tourner vers une plateforme de pétition en ligne, afin de passer au niveau national.

 

 

Un soutien « vigilant et actif »

 

Objet de cet appel ? Rappeler la légitimité institutionnelle du président de la République, et l’inviter à « tenir bon » en s’appuyant « sur les territoires, les corps intermédiaires et les citoyens qui le veulent ». Ce alors qu’il a précisément été souvent reproché à Emmanuel Macron de vouloir “court-circuiter” les corps intermédiaires. Ou de ne pas assez prendre en compte les collectivités locales.

 

Rassemblement des Coquelicots à Grenoble. La question environnementale pèse également dans les revendications politiques du moment © Joël Kermabon - Place Gre'net

Rassemblement des Coquelicots à Grenoble. La question environnementale pèse également dans les revendications politiques du moment. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

C’est bien à un « soutien vigilant et actif » qu’appellent les auteurs. Leur texte comporte d’ailleurs des exigences : mettre au premier plan « la justice sociale en matière fiscale », lutter contre la pauvreté ou le mal-logement, ou encore soutenir les territoires ruraux comme urbains. Sans oublier la question climatique, qui figure parmi les axes de « vigilance » de l’appel. « Nous attendons que vous passiez aux actes pour maîtriser le changement climatique, préserver la nature et la qualité de notre environnement », mentionne-t-il ainsi.

 

 

Un hommage à l’action d’Emmanuel Macron

 

Est-ce à dire que le texte se veut critique vis-à-vis de l’action d’Emmanuel Macron ? Pas exactement. Il ne manque pas, au contraire, de vanter ses « résultats ». Pour les auteurs, en 2019, « le travail salarié paye davantage » et « les entreprises retrouvent de la capacité à investir et à créer des emplois ». Le satisfecit concerne même les écoles, qui se réorganiseraient « pour la réussite d’un plus grand nombre d’enfants ».

 

Les Gilets jaunes dans les rues de Grenoble, samedi 12 janvier © Joël Kermabon - Place Gre'net

Les Gilets jaunes dans les rues de Grenoble, samedi 12 janvier. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

La pétition salue encore l’augmentation des effectifs des forces de l’ordre, à même selon elle de mieux lutter contre la délinquance et le terrorisme. Enfin, ses auteurs disent clairement soutenir la volonté de l’État de « développer l’apprentissage et les formations qualifiantes ». Et y voient une réforme « décisive », en mesure à leurs yeux de « protéger chacun contre le chômage et [d’]apporter à l’économie et à la société les compétences qui leur manquent ».

 

Autant dire que les créateurs de la pétition ne portent pas spécialement dans leur cœur l’action des Gilets jaunes. Certes, écrivent-ils, ils doivent être « pris au sérieux » pour les besoins qu’ils expriment en matière de justice sociale ou de pouvoir d’achat. Mais les pétitionnaires estiment surtout que certains Gilets jaunes utilisent le mouvement « pour colporter leurs messages de haine, pour détruire, pour développer des menées factieuses ». Des dérives auxquelles la pétition ne veut pas laisser « le dernier mot ».

 

Florent Mathieu

 

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Commentaires 20
  1. Comme quoi, les  » héritiers d’une tradition d’innovation sociale et de solidarité », c’est comme les pauvres,  » il y en a qui déconnent ».
    Mais c’est intéressant, cet appel saugrenu à Macron, à la police, à l’ordre de la part de personnalités tout à fait respectables, effectivement souvent engagées depuis très longtemps à gauche et/ou dans l’action en faveur des populations précarisées.
    S’agit il d’un réflexe de crainte devant des « pauvres pas tous vraiment pauvres », pas comme d’habitude, ou un réflexe de classe de ceux qui savent comment le monde fonctionne et ce qui est bon, solidaire et raisonnable ?
    ( et l’on voit que cela transcende alors les questions de richesses et d’inégalités).
    A suivre

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  2. La seule différence entre messieurs Hollande et macron se situe dans le discours.
    Le personnel politique ne fait pas du bénévolat au service du peuple, qui lui permet d’accéder à une fonction rémunératrice , une fois élu grâce à ses beaux et nobles discours, le politicien a trouvé un moyen ingénieux pour gagner sa vie convenablement sans engager sa responsabilité personnelle (les problèmes du pays viennent toujours de ses prédécesseurs).

    Monsieur Macron est un grand séducteur « Jupitérien », il adapte son discours au public qui l’écoute. Curieusement, il a réussi à faire cohabiter dans son gouvernement les idéalistes socialistes avec leurs opposants LR.il fût un temps ou des Doriot et Déat étaient passés assez facilement de la Gauche à la Droite…

    Dans le débat qui se prépare, les véritables doléances devront disparaître, puisqu’il n’y a aucune possibilité de sortir du marasme dans lequel notre pays s’est fourré ( dette, immigration, mondialisation et insécurité. Ceux qui pensent qu’ils vivent dans la meilleure des démocraties se trompent. En indice de démocratie, nous nous trouvons derrière le Cap- Vert,l’Estonie et le Botswana. Pour l’indice de la liberté d’expression, nous nous trouvons derrière la Russie et la Hongrie…

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  3. Ma com ou mon post ? Désolé s’il y a doublon, j’ignore si j’en suis le fautif ou s’il y a bug – mais il me semble que le « bis repetita » a disparu.
    Je maintiens que « Macron and co » ne menace pas nos libertés comme vous le prétendez.
    Est-ce lui-même ou une décision de justice qui a interdit à certains condamnés de manifester ?
    Qui plus est, ma liberté immédiate, ce sont bien certains gilets jaunes qui la menacent ou l’ont menacée, concrètement, physiquement.

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    • L’interdiction de manifester vient de l’état d’urgence, appliquée aux manifs contre la loi travail, merci Valls et Cazeneuve.
      Quand un manifestant est interdit de manifestation, généralement il gagne en allant devant un tribunal : « le juge administratif relève que les interdictions constituent une « atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’aller et venir et à celle de manifester ».  »
      Ca fait un moment que nos libertés sont mises à mal et Macron s’en donne à coeur joie, avec sa police et sa justice aux ordres (parce que, malheureusement, la Justice est de moins en moins libre) pour faire peur et empêcher toute manifestation en désaccord avec sa politique.

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      • Quel bonheur d’être enfin sur la même longueur d’onde que Caro…

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  4. Comment puis-je faire pour signer

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  5. Bis repetita placent Non je n’ai pas bu et je vois votre com en double 😉
    Vous comprenez mal hélas. Ce n’est pas la pétition elle même qui menace nos libertés mais ce que fait Macron and co
    Le grand débat est du blabla avec thèmes imposés et surtout ne pas toucher à ce qui a déjà été imposé

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  6. Quand on est con, on est con, chantait Brassens…

    Wow, 700 signatures! Wow! Sur une métropole de 450 000 habitants:
    Ce qui est bien qu’au moins là on la liste des « complices » 3:)

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    • « La liste des complices »???
      Non mais c’est quoi ces blagues de facho? (en espérant qu’il s’agit bien d’une blague, même si elle en dit long sur votre esprit démocratique).
      Je vous rappelle que le droit de manifester sa pensée et ses opinions est reconnu en France depuis 1789. Visiblement, ça vous dérange…
      Du coup, je vais la voter cette pétition!

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    • GAM, vous ne nous avez pas manqué.
      Quel retour tonitruant !
      Traiter ses adversaires de « con », parler de « complices » (on a compris qu’il y avait un jeu de mots – mais un jeu de mots laid…. un truc au-dessous de la ceinture).
      Bravo l’argumentaire.
      Il est vrai qu’avec vous, ça vole toujours très haut.
      La Patrouille de France devrait vous choisir comme leader, pour le rase-motte.

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    • Gérald Dulac
      oh oh ! se faire traiter de con et de complice en même temps pourrait être déstabilisant ! « on » a une alternative, démocratique j’entends, au chômage de masse, cancer de notre pays ? un peu moins d’invectives svp.

      Source : article Des Grenoblois lancent un appel de soutien à Emmanuel Macron face aux Gilets jaunes | Place Gre’net – Place Gre’net

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    • C’est intéressant d’essayer de comprendre votre positionnement politique: j’arrive à vus définir par le « contre » (pas de souvenirs de soutiens à des projets / sujets/personnes). j’ai du mal à vous situer: il n’y a que les articles parlant de Monsieur Carignon qui n’ont pas eu droits à vos remarques. Mettons de cotés les deux extrêmes – je vous considère trop éclairé pour répondre à ces sirènes, je n’ose vous croire pro Carignon! rassurez moi, faites un jour une remarque à son sujet.
      (et dites nous qui trouve grâce à vos yeux, j’en serai curieux)

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  7. Pétition illustrant de manière symbolique le fossé grandissant entre, d’un côté, les gagnants des métropoles incluses dans la mondialisation, les mobiles, les cosmopolites qui peuvent faire des sauts de puce pour traverser la Manche pour trouver du boulot, et de l’autre côté, les oubliés de la mondialisation. Je leur conseillerais de lire « La France périphérique » et de s’enquérir par exemple de la situation des anciennes régions industrielles en friche. Ces régions sont en friche car des « gagnants de la mondialisation » ont notamment décidé d’appliquer les principes libre-échangistes en mettant en concurrence tous les ouvriers de la planète, au nom d’un ultralibéralisme contre lequel se battent d’ailleurs certains signataires de cette pétition, allez comprendre.

    Tout le monde n’a pas le CEA et le leader de la micro-électronique à côté de chez soi et tout le monde n’en profite pas! Ainsi, ces pétitionnaires devraient s’enquérir de la situation de certaines zones de pauvreté au sein-même de la métropole grenobloise, où beaucoup sont laissés pour compte! Ils devraient également consulter la cahiers de doléances, et pourquoi pas aller discuter avec des gilets jaunes sur les ronds-points! Mais non, voyons, ils n’iront pas, car ces gilets jaunes sont selon eux la haine incarnée et la peste brune, ainsi qu’ils ont été décrits par le gouvernement dès le début du mouvement, ce qui n’a fait que renforcer leur colère!

    Enfin, on peut être gilet jaune et écolo (des gilets jaunes ont d’ailleurs défilé lors de la marche pour le climat), on peut être gilet jaune sans être factieux ou proche de l’extrême-droite! Le gilet jaune, ça peut être votre boulanger bio du coin, concurrencé par les géants de la grande distribution et qui n’arrive plus à faire face aux fins de mois. Bref, que de clichés, cette pétition. A propos de Macron et de son attitude méprisante envers les inadaptés de la mondialisation, je leur conseillerais enfin de lire https://www.marianne.net/debattons/editos/lettre-ouverte-un-president-qui-joue-avec-le-feu . Cordialement

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    • Relisez l’article et lisez attentivement notre appel. Vous verrez alors que nous sommes loin des clichés que vous dénoncez à juste titre.
      Oui, nous sommes, comme vous peut-être, de cette élite que les populistes et les démagogues vomissent, cherchent à intimider et à faire taire.
      Non, nous ne sommes pas étrangers aux réalités complexes du monde d’aujourd’hui. Nos engagements professionnels et militants passés et actuels – des dix initiateurs de l’appel – en témoignent amplement.
      Je vous signale qu’à cette heure notre « appel de Grenoble au président de la République » a obtenu le soutien de près de 800 Grenoblois en quatre jours et, sur le site mes opinions.fr, de près de 1 400 personnes de toute la France en 24 heures.

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  8. Elle ne fait pas vraiment recette cette pétition, ils n’ont pas peur du ridicule, au moins.
    D’ailleurs comme disait EM Cioran « Sans l’assiduité au ridicule, le genre humain eut-il duré plus d’une génération ».
    On retrouve cette gauche intellectuelle, imbus d’elle même, qui n’a que mépris pour le peuple. Prétendre que la politique de Macron a porté des fruits c’est mentir effrontément, mais peut-être les rédacteurs de cette pétition sont-ils des actionnaires des grands groupes qui se sont partagés 57 milliards d’Euro.
    Pitoyable cette gauche d’opérette.

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  9. Il y a « gilets jaunes » et « gilets jaunes ». Ils ne sont pas tous derrière la marine …
    Je connais quelques uns de ces militants et ne comprends pas leur initiative … ils font fi de la répression grandissante, de l’inhumanité des modifications de la loi sur les étrangers, de la volonté de mise au pas des tribunaux où les juges ont de moins en moins de liberté, comme la condamnation à de la prison ferme de manifestants pacifiques ou de soutiens aux migrants, de la baisse des subventions des services publics, de la casse de l’éducation nationale, de l’interdiction de plus en plus grandissante de la liberté d’expression en interdisant à certains condamnés de manifester, etc
    Bref, sans moi et j’espère que cette pétition ne recueillera pas beaucoup de signatures, il en va de nos libertés.

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    • « Bref, sans moi et j’espère que cette pétition ne recueillera pas beaucoup de signatures, il en va de nos libertés. »
      Je l’ai signée, cette pétition. Je menace donc vos libertés ?
      La fin de votre message en disqualifie l’ensemble.

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      • « Je l’ai signée, cette pétition. Je menace donc vos libertés ? »

        Vous avez signé cette pétition ? c’est votre liberté.
        Je parle, moi, des libertés que Macron entend supprimer, comme celle de libre manifestation en faisant peur en faisant condamner des GJ à des interdictions de manifester

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        • Je vous ai déjà répondu mais je veux bien rabâcher : vous établissez un lien entre signer cette pétition et remettre en question « nos libertés ».
          A savoir : 1. Signer cette pétition est donner un blanc-seing à Macron; 2. Or, Macron menace nos libertés. 3. Donc signer cette pétition menace nos libertés.
          Il se trouve que dans les sophismes connus, chacune des prémisses est vraie mais que c’est leur mise en rapport qui aboutit à une ineptie (Socrate est un chat).
          Là, je conteste chacune des 3 assertions.
          Libre à vous de penser que la politique menée par EM est mauvaise et qu’il faille la combattre.
          Cela doit passer par les urnes, éventuellement par la grève et la manifestation.
          Pas par l’émeute, les intox, les menaces physiques (avez-vous passer la tribune des associations de journalistes ? avez-vous entendu parler des lettres reçues par maints députés LREM ?)
          Mais pas non plus par certaines exagérations verbales dont beaucoup trop de militants font preuve et je crois, sans acrimonie excessive, que vous en faites partie.

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