Les élus de Pont-de-Claix demandent à l’État des moyens… et de la reconnaissance pour les communes

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FIL INFO – Les élus de Pont-de-Claix ont accompagné le vote du budget 2019 de « doléances » à l’intention des services de l’État. Leur objet ? Dénoncer la baisse des dotations, mais aussi la fermeture des services publics et, plus généralement, le « dénigrement » que pratiquerait le gouvernement envers les communes.

 

 

Un bud­get 2019 voté dans la dou­leur, voire avec une cer­taine aigreur à l’é­gard de l’État ? C’est ce que semblent décrire les élus de la Ville de Pont-de-Claix qui, fin décembre, ont accom­pa­gné le vote du bud­get de leur com­mune de « doléances » à l’in­ten­tion de l’Exécutif. Un texte qui vise le gou­ver­ne­ment actuel, mais éga­le­ment ses pré­dé­ces­seurs qui, « depuis plus de dix ans », dimi­nuent voire sup­priment les dota­tions à l’é­gard des muni­ci­pa­li­tés.

 

Christophe Ferrari, maire de Pont-de-Claix et président de Grenoble-Alpes Métropole. © Laurent Genin

Christophe Ferrari, maire de Pont-de-Claix et pré­sident de Grenoble-Alpes Métropole. © Laurent Genin

 

« Le bud­get de la Ville […] a été construit depuis 2012 avec la dis­pa­ri­tion de tout sou­tien de l’État au tra­vers de la dota­tion glo­bale de fonc­tion­ne­ment », écrivent ainsi les élus pon­tois. Le manque à gagner s’é­lève à 1,6 mil­lion d’eu­ros par an, « et donc en cumulé plus de 5 mil­lions d’eu­ros en moins », ajoutent-ils. Ceci dans une ville qui se targue, chiffres à l’ap­pui, d’af­fi­cher la taxe d’ha­bi­ta­tion la plus faible de France.

 

 

Des moyens pour l’action sociale

 

La situa­tion est jugée ubuesque, puisque la com­mune doit, de son côté, s’ac­quit­ter d’une somme de 250 000 euros annuelle, des­ti­née au redres­se­ment des comptes publics. Et ceci, ajoute-t-elle, « alors que la popu­la­tion de Pont-de-Claix a les reve­nus parmi les plus modestes du dépar­te­ment ». Et les élus de mettre en avant les mesures adop­tées lors du bud­get 2019, avec l’aug­men­ta­tion de la sub­ven­tion au CCAS ou le main­tien des tari­fi­ca­tions soli­daires.

 

Christophe Ferrari signe une convention entre le CCAS de Pont-de-Claix et Parcours confiance Rhône Alpes pour le microcrédit social © Caisse d'épargne Rhône Alpes

Christophe Ferrari à l’oc­ca­sion de la signa­ture d’une conven­tion entre le CCAS de Pont-de-Claix et Parcours confiance Rhône Alpes pour le micro­cré­dit social. © Caisse d’é­pargne Rhône Alpes

 

Aussi, la muni­ci­pa­lité demande-t-elle offi­ciel­le­ment à l’État des moyens sup­plé­men­taires, tout en pre­nant l’en­ga­ge­ment que « toute amé­lio­ra­tion de ses moyens finan­ciers obte­nue auprès de l’État et ses agences […] sera injec­tée dans les poli­tiques publiques de soli­da­ri­tés, édu­ca­tives et de pro­tec­tion des popu­la­tions ». La com­mune appelle éga­le­ment à la res­cousse, dans la fou­lée, les autres col­lec­ti­vi­tés que sont le Département de l’Isère et la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

 

 

Les élus exigent un moratoire sur les fermetures de services publics

 

La ques­tion des dota­tions n’est pas seule parmi les doléances expri­mées par les élus pon­tois. Un « mora­toire sur la fer­me­ture des ser­vices publics de l’État » est éga­le­ment réclamé, qu’il s’a­gisse des éta­blis­se­ments de santé, des écoles et autres orga­nismes de for­ma­tion. Le risque ? Que soit lais­sés à l’a­ban­don « des pans entiers de nos ter­ri­toires ruraux, mais aussi nos ban­lieues et quar­tiers en dif­fi­culté », décrit le texte.

 

La Ville de Pont-de-Claix dit encore attendre une recon­nais­sance de l’im­pli­ca­tion des com­munes dans la tran­si­tion éner­gé­tique, de vrais moyens pour le sport et la culture, ou encore pour les Ehpad. En matière de sécu­rité, la muni­ci­pa­lité pon­toise attend que la mise en œuvre d’une police de sécu­rité du quo­ti­dien se fasse « dans la limite des com­pé­tences res­pec­tives, sans trans­fert de charges et dans le res­pect du prin­cipe de libre admi­nis­tra­tion ». 

 

 

La « place particulière de la commune » inscrite dans la Constitution ?

 

Le mes­sage est clair : les élus de Pont-de-Claix adressent une véri­table lettre de défiance vis-à-vis de l’État dans sa rela­tion aux com­munes. Estimant les muni­ci­pa­li­tés pure­ment et sim­ple­ment « déni­grées », la Ville rap­pelle le gou­ver­ne­ment à son « devoir de sou­tien, de res­pect et de consi­dé­ra­tion à l’égard des maires, des élus et des ter­ri­toires ». Et juge lar­ge­ment insuf­fi­sante l’an­nonce de la créa­tion d’une Agence de cohé­sion des ter­ri­toires. 

 

Pont de Claix © Thibaut Ghironi - Place Gre'net

Pont-de-Claix. © Thibaut Ghironi – Place Gre’net

 

Les exi­gences ? Une concep­tion « véri­ta­ble­ment par­te­na­riale des contrats éta­blis entre l’État et les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales », le « réexa­men de la baisse des moyens » et un ajus­te­ment de la contri­bu­tion des com­munes à la réduc­tion de la dette publique. Ainsi que l’ins­crip­tion dans la Constitution fran­çaise de « la place par­ti­cu­lière de la com­mune », afin de don­ner « plus de liber­tés, de capa­ci­tés d’initiative et de sou­plesse aux col­lec­ti­vi­tés ».

 

FM

 

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Commentaires 1
  1. Je trou­vais Ferrari inté­res­sant. Il tombe dans le clien­té­lisme poli­tique.
    En quoi le pas­sage à la Métropole a‑t-il per­mis de réduire les dépenses publiques, la main d’œuvre, en quoi la qua­lité de ser­vice se serait amé­lio­rée ?
    Modestement je ne vois pas grand chose hor­mis des impôts locaux glo­ba­le­ment haus­siers années apres années, la part com­mu­nale dimi­nue mais la part Métro fait peur…
    Avant de tou­jours ren­voyer la faute aux autres, quand la per­for­mance éco­no­mique locale sera-t-elle visible ?
    J’aimerais dis­po­ser du nombre d’employés par com­mune et à la Métro sur une dixaine d’annee, tout en dis­po­sant de la dette des com­munes de la Métro et nous ver­rons.
    Je ne dis pas pour autant que l’Etat a rai­son de pres­ser les com­munes comme il Le fait, je regrette juste le clien­té­lisme

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