Campus grenoblois : Interasso condamne les dégradations, les étudiants de droite réclament la fin des blocages

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EN BREF – Face aux mobilisations étudiantes, l’association Interasso Grenoble Alpes, dont la liste Bouge ton campus est sortie majoritaire aux élections étudiantes de 2017, condamne les dégradations commises en marge des manifestations. Tandis que le syndicat étudiant de droite Uni moque les manifestants et appelle, lui, à mettre fin aux blocages.

 

 

Des voix dis­so­nantes ? Dans un com­mu­ni­qué, l’as­so­cia­tion étu­diante Interasso Grenoble Alpes condamne avec fer­meté « les méthodes et dérives employées par cer­tains » au cours des récentes mani­fes­ta­tions étu­diantes sur le cam­pus de Saint-Martin-d’Hères. En ligne de mire ? Les dégra­da­tions com­mises sur le bâti­ment de la pré­si­dence de l’Université Grenoble-Alpes (UGA).*

 

Occupation du bâtiment de la présidence de l'UGA par des étudiants, le 3 avril 2018. © Léa Raymond - Place Gre'net

Occupation du bâti­ment de la pré­si­dence de l’UGA par des étu­diants, le 3 avril 2018. © Léa Raymond – Place Gre’net

 

« L’Université est et doit res­ter un lieu d’émancipation et d’ouverture ! Il n’est pas conce­vable d’observer de tels débor­de­ments », juge ainsi Interasso. Force est de consta­ter que l’as­so­cia­tion, sor­tie majo­ri­taire des élec­tions étu­diantes de 2017 avec sa liste Bouge ton cam­pus, se trouve d’ailleurs sou­vent en conflit avec d’autres orga­nismes étu­diants comme l’Unef, Solidaires étu­diants ou la Licorne.

 

 

Un appel au calme et au dialogue

 

Dans son com­mu­ni­qué, le pré­sident d’Interasso Tom Denat n’ou­blie pas de « dénon­cer » dans le même temps « les vio­lences cau­sées par les forces de l’ordre à l’encontre de mani­fes­tants » durant le “col­loque Frontex”, le 22 mars der­nier. Il juge même « une par­tie de la colère expri­mée com­pré­hen­sible », dans le cadre des mani­fes­ta­tions contre la réforme de l’u­ni­ver­sité.

 

Les manifestations durant le colloque Frontex a été l'objet d'une riposte policière © Giovanna Crippa- Place Gre'net

La mani­fes­ta­tion durant le col­loque Frontex a fait face à une riposte poli­cière © Giovanna Crippa- Place Gre’net

 

Pour autant, écrit Interasso, « nos poings ne doivent pas être le moyen de faire entendre nos voix ». L’organisation affirme por­ter elle aussi des « reven­di­ca­tions impor­tantes en cette période de réforme », et lance un appel au calme et au dia­logue afin, espère-t-elle, « de sor­tir le plus rapi­de­ment de cette impasse qui ne sert per­sonne ».

 

 

Les étudiants de droite condamnent les blocages

 

Le ton est réso­lu­ment plus acerbe du côté des Jeunes Républicains de l’Isère et du Syndicat étu­diant mar­qué à droite Uni Grenoble (Union natio­nale inter-uni­ver­si­taire). Dans un com­mu­ni­qué com­mun, les deux mou­ve­ments dénoncent de leur côté les blo­cages de bâti­ments uni­ver­si­taires par des mani­fes­tants. En l’oc­cur­rence, les bâti­ments Arts et Sciences humaines (Arsh) et de l’an­cienne uni­ver­sité Stendhal.

 

Blocage des étudiants de l'UGA à l'ARSH, le 5 avril 2018. © Léa Raymond - Place Gre'net

Blocage des étu­diants de l’UGA à l’Arsh, le 5 avril 2018. © Léa Raymond – Place Gre’net

 

Le com­mu­ni­qué explique que ces blo­cages « issus de grou­pus­cules de gauche aucu­ne­ment repré­sen­ta­tifs des étu­diants », consti­tue­raient « la dic­ta­ture d’une mino­rité à une majo­rité d’étudiants qui ne demandent qu’une chose : aller en cours pour réus­sir leurs études ». Pour les mili­tants de droite, aucun doute : empê­cher l’ac­cès aux cours et aux amphis « n’est nul­le­ment une solu­tion ».

 

 

Empêcher les blocages au nom de la « liberté d’étudier »

 

L'Uni moque les « militants de gauche » sur sa page Facebook. © Uni Grenoble

L’Uni moque les « mili­tants de gauche » sur sa page Facebook. © Uni Grenoble

Le texte revient par ailleurs sur les dégra­da­tions au sein du bâti­ments de la pré­si­dence de l’UGA. « Il est incon­ce­vable de lais­ser la liberté de blo­quer à des indi­vi­dus qui, alors qu’ils réclament plus de moyens pour l’enseignement supé­rieur, n’hésitent pas dans le même temps à dégra­der les bâti­ments uni­ver­si­taires », écrivent les auteurs.

 

En conclu­sion, l’Uni et les Jeunes Républicains demandent au pré­sident de l’UGA Patrick Levy « d’user des moyens néces­saires pour déblo­quer les édi­fices concer­nés ». Autrement dit, de faire appel aux forces de l’ordre.

 

Et ceci, expliquent les étu­diants de droite, autant pour empê­cher un « sen­ti­ment d’im­pu­nité » qui pour­rait occa­sion­ner de nou­veaux blo­cages, qu’au nom de la « liberté d’é­tu­dier ».

 

 

Florent Mathieu

 

 

* Le col­lec­tif Générations cam­pus Grenoble l’a­vait pré­cédé, condam­nant lui aussi les vio­lences com­mises en plai­dant pour une contes­ta­tion « rai­son­née et paci­fique ».

 

 

LES JEUNES MACRONISTES CONDAMNENT LES BLOCAGES

 

Sans sur­prise, le mou­ve­ment des Jeunes avec Macron de l’Isère (Jam38) condamne à son tour « les vio­lences » et appelle à l’ar­rêt des blo­cages des uni­ver­si­tés. Les “macro­nistes” pointent notam­ment du doigt les dégra­da­tions com­mises sur le bâti­ment de la pré­si­dence de l’UGA. « Nous ne pou­vons que condam­ner l’envahissement et le sac­cage de bâti­ments ser­vant à l’ensemble de la com­mu­nauté uni­ver­si­taire », écrit ainsi leur réfé­rente, Marine Roche.

 

Prônant « le dia­logue et la tolé­rance », le mou­ve­ment se dit par ailleurs prêt à échan­ger « dans le res­pect de cha­cun » avec les oppo­sants à loi Orientation et réus­site des étu­diants, dans le cadre d’un « débat construc­tif » au sein des assem­blées géné­rales. Tout en renou­ve­lant son « sou­tien plein et entier à l’ac­tion de la ministre Frédéric Vidal ».

 

(Encadré ajouté le mardi 10 avril suite à la récep­tion d’un com­mu­ni­qué)

 

 

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Commentaires 2
  1. Nihil nove sub sole
    En 1968, (déjà 50 ans !) les mêmes dis­cus­sions entre les « bien gen­tils » qui veulent étu­dier et se contentent de ce qu’ils ont, et les autres, que j’es­père majo­ri­taires, qui veulent amé­lio­rer le sys­tème et par­fois même le chan­ger com­plè­te­ment.
    Et alors ? de temps en temps il faut savoir se faire entendre pour obte­nir au moins un petit quelque chose des reven­di­ca­tions.

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    • Quelle est la rai­son jus­ti­fiée / jus­ti­fiable pour se livrer à des dégra­da­tions ?
      Est-ce « démo­cra­tique » d’empêcher ceux qui ne sont pas de votre avis de faire ce qu’ils veulent ?

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