L’UGA va porter plainte pour vols et dégradations, après l’occupation du bâtiment de la présidence

sep article
48 € par an pour louer un vélo : et si c

EN BREF – Mobilisés depuis quelques semaines contre le projet de loi Vidal instaurant notamment la sélection à l’entrée de l’université, des étudiants du campus grenoblois ont occupé le bâtiment de la présidence ce mardi 3 avril. Suite aux dégradations commises par une dizaine d’entre eux restés sur place dans la soirée selon la direction, l’Université Grenoble Alpes (UGA) a annoncé son intention de porter plainte pour « dégradations, vols de biens publics et propos outrageux ».

 

 

Suite aux dégradations commises par une dizaine de manifestants dans les locaux de la présidence, l'UGA a annoncé son intention de porter plainte. © Léa Raymond - placegrenet.fr

Occupation du bâtiment de la présidence par les étudiants de l’UGA, le 3 avril 2018. © Léa Raymond – placegrenet.fr

« Ni chair à patrons, ni chair à matraques : les étudiants contre-attaquent ! » Comme dans d’autres villes de France, les étudiants grenoblois se mobilisent depuis plusieurs semaines contre la loi Vidal qui prévoit, entre autres, une sélection à l’entrée de l’université, une suppression des rattrapages et des compensations d’Unités d’enseignement.

 

Mais ils protestent aussi contre « les violences policières ». En particulier, celles qui seraient survenues suite à la tenue du colloque « De Frontex à Frontex » le 22 mars dernier. Le président de l’Université Patrick Levy avait en effet demandé une intervention des forces de l’ordre suite à l’envahissement du colloque par un groupe de manifestants. Une intervention qui aurait fait plusieurs blessés.

 

Dans ce contexte, plus d’une centaine d’étudiants de l’UGA ont investi le bâtiment de la présidence de l’université, ce mardi 3 avril aux alentours de 12 h 30. Avant d’y tenir une assemblée générale pour discuter des suites de la mobilisation contre la réforme Vidal.

 

 

Le bâtiment de la présidence de l’UGA victime de dégradations et de vols

 

Problème : cette occupation aurait dégénéré et entraîné des dégâts. D’où le courrier électronique adressé aux personnels par le président de l’UGA, ce mercredi 4 avril. Certains étudiants avaient le visage masqué ou partiellement dissimulé, selon Patrick Lévy, qui indique que le personnel du bâtiment a été évacué à 13 h 10, suite au déclenchement de l’alarme incendie.

 

Vidéo : Paul Serrano

 

« L’issue de sécurité donnant accès au parking a été bloquée par des poubelles et autres matériels […] la porte d’entrée principale a également été bloquée avec un barrage filtrant, précise-t-il dans ce courrier. Avant de rappeler que le personnel du bâtiment a été placé en autorisation d’absence à 13 h 40.

 

Dans l’après-midi, les locaux ont fait, selon le président de l’UGA, « l’objet de dégradations multiples (graffitis, boules puantes et poubelles renversées) ». À 19 heures, moment de la fermeture des locaux, une dizaine de personnes a refusé de les libérer et auraient, toujours selon Patrick Lévy, allumé des fumigènes sur le toit et sorti du mobilier.

 

Des personnels « sous le choc »

 

À 22 heures, la situation n’ayant pas évolué, la présidence a demandé l’évacuation du bâtiment. « Entre temps, les gardes du campus ont constaté que la dizaine d’individus qui s’était maintenue dans le bâtiment avait quitté de son propre chef les locaux, laissant derrière eux de multiples dégradations, outrages et vols de matériels« , indique le président dans son courrier.

 

« Ce mercredi matin, le personnel a rencontré des difficultés à intégrer le bâtiment dont les portes d’accès ont été cassées. Les personnels, constatant l’importance des dégâts, sont sous le choc. »

 

Occupation du bâtiment de la présidence par les étudiants de l'UGA, le 3 Avril 2018. © Léa Raymond - placegrenet.fr

Occupation du bâtiment de la présidence par les étudiants de l’UGA, le 3 avril 2018. © Léa Raymond – placegrenet.fr

Le président de l’université, qui déclare les condamner « avec la plus grande fermeté », annonce que « l‘Université portera plainte pour dégradations, vols de biens publics et propos outrageux ».

 

Très remontés contre la Loi Vidal et « les violences d’extrême-droite ou policière », les étudiants ont, de leur côté, voté un second blocage, lors de l’assemblée générale du mardi 3 avril. En l’occurrence celui du bâtiment Art & Sciences humaines (Arsh), ce jeudi 5 avril dès 6 h 30.

 

Léa Raymond et Paul Serrano

 

commentez lire les commentaires
3514 visites | 1 réaction
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 1
  1. compliqué… la police sur le campus c’est rare et je ne suis pas pour, un campus est un lieu particulier. Ce process de sélection qui tue l’âme de l’université, où d’ouvrir le savoir / former des citoyens on passe obligatoirement à former à un travail.
    Mais bloquer les amphis, et empêcher ceux qui veulent passer leurs partiels c’est juste non. Certains bossent pour payer leurs études.
    Dégrader / voler / salir c’est non, et même si c’est une extrême minorité de qq personnes, cela discrédite tous les autres. Zéro tolérances pour les politiques, entreprises ou voyous qui dégradent / volent le bien public

    sep article