Sélection à l’université : des étudiants de l’UGA poursuivent leur action de blocage sur le campus

sep article



FOCUS – Des étudiants de l’Université Grenoble-Alpes (UGA) poursuivent leur manifestation « contre la loi Vidal et les violences policières ». Ce jeudi 5 avril, ils ont bloqué le bâtiment Arts & Sciences humaines (ARSH) où s’est tenue une assemblée générale. Parmi les propositions retenues lors de celle-ci : le blocage de l’ancienne université Stendhal à compter de lundi.

 

 

« Facs ouvertes à tous les bache­liers, facs fer­mées à tous les inté­rêts pri­vés ! » Des étu­diants de l’Université Grenoble-Alpes étaient très remon­tés ce jeudi 5 avril. Mobilisés « contre la loi Vidal et les vio­lences poli­cières » sur le cam­pus uni­ver­si­taire depuis mardi der­nier, deux cents d’entre eux ont annoncé leur inten­tion de pour­suivre la pro­tes­ta­tion « tant que la loi n’est pas reti­rée ».

 

Les étudiants de l'UGA poursuivent leur lutte contre la loi Vidal et les violences policières. Ce lundi, ils entament le blocage de l'ex-université StendhalBlocage des étudiants de l'UGA à l'ARSH, le 5 avril 2018. © Léa Raymond - placegrenet.fr

Blocage des étu­diants de l’UGA à l’ARSH, le 5 avril 2018. © Léa Raymond – placegrenet.fr

 

Première action mise en place ? Le blo­cage du bâti­ment Arts et Sciences humaines (ARSH). Une ini­tia­tive, qui a démarré ce jeudi matin dans une ambiance cha­leu­reuse et convi­viale, et se pro­lon­gera dans les jours à venir.

 

 

Une assemblée générale riche en idées

 

Vers 10 heures, les étu­diants pré­sents au ras­sem­ble­ment ont tenu une assem­blée géné­rale. L’occasion, pour les mani­fes­tants, de faire le point sur leur mobi­li­sa­tion… mais aussi de se concer­ter sur les pro­jets à venir.

 

Blocage des étudiants de l'UGA à l'ARSH, le 5 avril 2018. © Léa Raymond - placegrenet.fr

L’assemblée géné­rale des étu­diants de l’UGA s’est tenue devant l’ARSH, le 5 avril 2018. © Léa Raymond – placegrenet.fr

Parmi les idées rete­nues, outre la reven­di­ca­tion de la démis­sion du pré­sident Patrick Lévy, l’é­lar­gis­se­ment du blo­cage aux bâti­ments de l’u­ni­ver­sité Stendhal à comp­ter du lundi 9 avril et, éven­tuel­le­ment, le blo­cage de toutes les artères du cam­pus.

 

« L’objectif est de sen­si­bi­li­ser les autres étu­diants aux pro­jets de l’assemblée géné­rale, en leur expli­quant pour­quoi nous sommes contre la sélec­tion à la fac », résume Chloé, membre du comité Générations cam­pus Grenoble.

 

Une fois ter­mi­née cette consul­ta­tion, une par­tie du cor­tège est mon­tée dans le tram­way pour rejoindre les contrac­tuels de l’a­ca­dé­mie de Grenoble, mobi­li­sés devant le rec­to­rat contre la pré­ca­ri­sa­tion dans l’Éducation natio­nale.

 

 

Les étudiants répondent à Patrick Lévy… à coups de communiqués

 

Autre déli­bé­ra­tion votée par les mani­fes­tants : écrire un com­mu­ni­qué en réponse au cour­rier élec­tro­nique, défini comme « men­son­ger », envoyé par le pré­sident de l’UGA Patrick Lévy à l’en­semble du per­son­nel afin de dénon­cer les « dégra­da­tions » com­mises lors de l’oc­cu­pa­tion du bâti­ment de la pré­si­dence de l’université, mardi der­nier.

 

Les étudiants de l'UGA poursuivent leur lutte contre la loi Vidal et les violences policières. Ce lundi, ils entament le blocage de l'ex-université StendhalOccupation du bâtiment de la présidence par les étudiants de l'UGA, le 3 Avril 2018. © Léa Raymond - placegrenet.fr

Occupation du bâti­ment de la pré­si­dence par les étu­diants de l’Université Grenoble-Alpes, le 3 avril 2018. © Léa Raymond – placegrenet.fr

« Si nous avons mani­festé et débattu dans les locaux de la pré­si­dence, c’est bien en pro­tes­ta­tion face aux agis­se­ments de [Patrick] Lévy », se défendent les étu­diants dans un com­mu­ni­qué dif­fusé sur les réseaux sociaux. Ce der­nier « dégrade par ses choix poli­tiques l’u­ni­ver­sité bien plus gra­ve­ment que ces graf­fi­tis : en vali­dant un plan d’aus­té­rité qui sup­prime des mil­lions d’eu­ros d’ici 2020 au bud­get attri­bué à l’u­ni­ver­sité et entraîne des sup­pres­sions de postes de per­son­nels, ou en don­nant le 22  mars 2018 l’ordre à la police natio­nale d’in­ter­ve­nir sur le cam­pus ».

 

S’opposant à ces formes de « répres­sion » et d”« injus­tice », les mani­fes­tants rap­pellent les enjeux de la lutte « contre le pro­jet d’o­rien­ta­tion du gou­ver­ne­ment Macron ». Un plan « mas­quant le manque de moyens des uni­ver­si­tés par une sélec­tion hypo­crite, c’est-à-dire par la fin de l’ac­cès pour tous à l’u­ni­ver­sité », concluent-ils.

 

La fin jus­ti­fie­rait-elle les moyens ? Pas pour le comité Générations cam­pus Grenoble. Les « actes vio­lents décré­di­bi­lisent l’ensemble du mou­ve­ment social contre la sélec­tion à l’université alors que cette réforme orga­nise la repro­duc­tion sociale et pri­vera de nom­breux-euses jeunes du choix de leur ave­nir », blâme ainsi le groupe par le biais d’un com­mu­ni­qué.

 

Et l’une de ses membres de pré­ci­ser : « En tout cas, nous sou­hai­tons que le mou­ve­ment de contes­ta­tion contre la loi Vidal se fasse de manière rai­son­née et paci­fique ».

 

 

Une mystérieuse action de déblocage s’est déroulée pendant la nuit…

 

Par ailleurs, l’oc­cu­pa­tion envi­sa­gée du bâti­ment de l’ARSH serait pour l’heure tom­bée à l’eau, assure un repré­sen­tant du syn­di­cat Solidaires Etudiant-e‑s Grenoble. Qui pré­cise : « Le bâti­ment n’a jamais ouvert. On ne peut pas for­cer des portes pour entrer. »

 

Les mani­fes­tants se sont donc ins­tal­lés au pied de l’é­di­fice, trans­for­mant son par­vis en un « lieu de par­tage et d’é­change cultu­rel ». C’est là que, ce ven­dredi matin, ils pro­po­saient « des cours alter­na­tif» ani­més par des ensei­gnants de la faculté des sciences humaines de l’UGA.

 

Les étudiants de l'UGA poursuivent leur lutte contre la loi Vidal et les violences policières. Ce lundi, ils entament le blocage de l'ex-université Stendhal

Des étu­diants ano­nymes ont déblo­qué le bâti­ment de l’ARSH dans la nuit du 5 au 6 avril. DR

Une déci­sion qui, tou­te­fois, ne sem­ble­rait pas faire l’u­na­ni­mité. Dans la nuit du 5 au 6 avril, un groupe d’é­tu­diants sou­cieux de « reprendre leur vie uni­ver­si­taire » aurait rejoint le cam­pus pour déblo­quer les locaux de l’ARSH.

 

Leur objec­tif : « rendre le bâti­ment acces­sible aux étu­diants qui sou­haitent se rendre en cours et pas­ser leurs exa­mens », nous com­mu­niquent par cour­riel ces contre-mani­fes­tants ano­nymes « pour des rai­sons de sécu­rité ». Avant de dénon­cer : « Cette action paci­fiste s’est dérou­lée dans le calme. […] Cependant, les occu­pants de la zone ainsi que [le per­son­nel de] la sécu­rité du cam­pus ont pour­suivi vio­lem­ment et sans motif les auteurs du déblo­cage. »

 

Une accu­sa­tion que dément le syn­di­cat Solidaires Etudiant-e‑s Grenoble. « Personne (à notre connais­sance) n’é­tait sur le cam­pus cette nuit[-là]. » Quoi qu’il en soit, les oppo­sants à la loi Vidal se sont bien retrou­vés devant un por­tail “déver­rouillé”, ven­dredi au matin. Ce qui n’a pas empê­ché la mobi­li­sa­tion de reprendre son cours…

 

Giovanna Crippa avec Paul Serrano

 

 

Paysage>Paysages saison 04 été 2020 : spectacles expositions expériences en plein air en Isère
commentez lire les commentaires
5053 visites | 3 réactions
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 3
  1. *Des* étu­diants et non *les* étu­diants SVP.

    sep article
    • PT

      08/04/2018
      15:57

      Merci pour cette remarque tout à fait per­ti­nente. Nous sommes habi­tuel­le­ment atten­tifs à ne pas tom­ber dans la géné­ra­li­sa­tion, y com­pris dans les titres. Nous venons donc de pro­cé­der à cette modi­fi­ca­tion.

      sep article