Le Département lance Isère bénévolat, plateforme d’annonce pour les bénévoles

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FOCUS – Le Conseil départemental de l’Isère, en lien avec France bénévolat Grenoble Isère, lance une plateforme d’annonces d’un genre nouveau. Isère bénévolat s’adresse en effet aux associations désirant déposer des offres d’actions bénévoles, que les candidats peuvent parcourir en sélectionnant les domaines qui les intéressent.

 

 

« Le béné­vo­lat, c’est une démarche qui ne rap­porte rien mais qui apporte énor­mé­ment », estime la pré­si­dente de France béné­vo­lat Grenoble Isère Marie-Noëlle Pinel. L’association s’est alliée au Conseil dépar­te­men­tal de l’Isère pour lan­cer un site d’un genre nou­veau, Isère béné­vo­lat, pla­te­forme d’an­nonces des­ti­née aux per­sonnes sou­hai­tant mener une action béné­vole dans le dépar­te­ment.

 

Marie-Noëlle Pinel et Luc Verona, présidente et vice-président de France Bénévolat Grenoble Isère -© Florent Mathieu - Place Gre'net

Marie-Noëlle Pinel et Luc Verona, pré­si­dente et vice-pré­sident de France Bénévolat Grenoble Isère -© Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Pourquoi un tel site ? « On ren­contre sou­vent des gens qui veulent s’in­ves­tir et ne savent pas com­ment faire, et des asso­cia­tions qui recherchent des béné­voles », explique Jean-Pierre Barbier, pré­sident du Département. L’objectif est bien d’ai­der les can­di­dats béné­voles à trou­ver des actions dans des sec­teurs qui les inté­ressent. Et de remé­dier à un manque de petites mains dans cer­tains domaines ou cer­taines zones géo­gra­phiques, espère encore le pré­sident.

 

 

« Une chance pour les jeunes »

 

Pas ques­tion pour autant de par­ler de « crise du béné­vo­lat », pré­vient Marie-Noëlle Pinel. « Ce qui a changé, c’est la popu­la­tion : les moins de 35 ans font une per­cée dans le béné­vo­lat et sont de plus en plus pré­sents, alors que les seniors aug­mentent plus dou­ce­ment ». Aujourd’hui, 14 mil­lions de Français sont ins­crits dans une action béné­vole auprès d’une asso­cia­tion. Avec une per­cep­tion bien éloi­gnée de la “cha­rité” d’an­tan : « Les dames patron­nesses, c’est une géné­ra­tion ter­mi­née ! »

 

Page d'accueil du site Isère Bénévolat © Isère Bénévolat

Page d’ac­cueil du site Isère Bénévolat © Isère Bénévolat

 

Et France béné­vo­lat de mettre par­ti­cu­liè­re­ment l’ac­cent sur les jeunes, pour qui le béné­vo­lat peut être une manière d’ex­ploi­ter leurs com­pé­tences et de se valo­ri­ser au sein d’une struc­ture, en par­ti­cu­lier lorsque les recherches d’emploi au sor­tir des études s’a­vèrent longues et infruc­tueuses. « Pour les jeunes, c’est une porte ouverte à l’ex­pé­rience, et pour les asso­cia­tions c’est une chance », résume Marie-Noëlle Pinel.

 

Si d’au­cuns pour­raient pen­ser que le recours au béné­vo­lat des jeunes révèle leurs dif­fi­cul­tés à s’in­sé­rer sur le mar­ché de l’emploi, la pré­sident de France béné­vo­lat pré­fère insis­ter sur le carac­tère inté­gra­teur de la démarche. « Quelques mois plus tard, ils sont dans le monde du tra­vail, parce que ça leur redonne une dyna­mique, un réseau social, et la petite étin­celle qui leur man­quait ! », assure-t-elle.

 

 

Des associations de moins en moins aidées financièrement ?

 

Le site per­met aux can­di­dats béné­voles de choi­sir les champs d’ac­tion qui les inté­ressent parmi quinze caté­go­ries, et d’a­voir accès aux annonces dépo­sées par les asso­cia­tions. Actuellement, 97 struc­tures se sont signa­lées sur le site. Avec une pré­do­mi­nance pour le social (34 annonces), la jeu­nesse (seize annonces) et la culture (quinze annonces). Maillons faibles, les domaines de la défense des ani­maux, de l’en­vi­ron­ne­ment ou de l’en­tre­pre­neu­riat éco­no­mique affichent encore une page vide.

 

Certaines annonces peuvent aussi tra­duire une réa­lité éco­no­mique dif­fi­cile. On se sou­vient ainsi que Roms action a récem­ment lancé un appel aux béné­voles, afin de pou­voir mener cer­taines de ses actions suite au désen­ga­ge­ment finan­cier de col­lec­ti­vi­tés, notam­ment du Département. Une perte de sub­ven­tions qui a conduit l’as­so­cia­tion à licen­cier ses sala­riés.

 

La scolarisation des enfants faisaient partie des missions de Roms Action, contrainte de licencier ses salariés et de se resserrer sur le bénévolat. © Roms Action

La sco­la­ri­sa­tion des enfants fai­sait par­tie des mis­sions de Roms Action, contrainte de licen­cier ses sala­riés et de déve­lop­per le béné­vo­lat. © Roms Action

 

Jean-Pierre Barbier rap­pelle à ce pro­pos que le Département sou­tient sur son ter­ri­toire 2 300 asso­cia­tions, qui se par­tagent 19 mil­lions d’eu­ros. Et que la ques­tion des Roms ne relève pas de ses com­pé­tences. « Nous avons des asso­cia­tions par­te­naires dans le domaine du social. Nous tra­vaillons par conven­tions et leur confions nos publics à accom­pa­gner. Une asso­cia­tion qui ne relève pas de notre com­pé­tence, pour le coup, nous n’y allons pas ! »

 

 

La valeur positive du bénévolat

 

Et le pré­sident du Conseil dépar­te­men­tal de plai­der pour une répar­ti­tion des sou­tiens entre col­lec­ti­vi­tés. « Chacune, dans son domaine, à un public. Et si cha­cune, dans son domaine, assu­mait ses com­pé­tences, ça irait peut-être mieux ! », juge-t-il. Tout en recon­nais­sant que les baisses de dota­tion de l’État pèsent sur les finan­ce­ments des asso­cia­tions, au pro­fit du recours au béné­vo­lat. Un phé­no­mène auquel s’a­joute la baisse du nombre de contrats aidés.

 

Jean-Pierre Barbier © Florent Mathieu - Place Gre'net

Jean-Pierre Barbier © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

« L’objet du site n’est pas là. Et ce n’est pas ce qui a motivé sa créa­tion », pré­cise tou­te­fois Jean-Pierre Barbier, qui veut sur­tout mettre en avant la dimen­sion posi­tive de l’i­ni­tia­tive. Tout comme Marie-Noëlle Pinel, pour qui le béné­vo­lat peut don­ner du sens au quo­ti­dien. « On ne choi­sit pas tou­jours son tra­vail, mais le béné­vo­lat, on le choi­sit. Les mêmes per­sonnes qui ont des dou­zaines d’a­mis sur Facebook ont envie de concret, de savoir ce qu’ils font. Et ça, c’est impor­tant ! » conclut-elle.

 

 

Florent Mathieu

 

 

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Commentaires 1
  1. Finalement, M. Barbier est assez amu­sant … Il fait réduire les sub­ven­tions de son conseil dépar­te­men­tal à la FRAPNA de 75% et il s’é­tonne que les éco­los ne se soient pas pré­ci­pi­tés pour pas­ser des annonces de béné­vo­lat, alors qu’ils ont été obli­gés de licen­cier ? 😉

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