Élisa Martin : “Ouvrir des places de crèche prend du temps !”

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ENTRETIEN – La rentrée 2015 approche. Déjà plus d’un an qu’Élisa Martin, première adjointe au maire de Grenoble déléguée à la tranquillité publique, est aussi en charge du parcours éducatif. Ses objectifs : renforcer et optimiser. Bilan d’étape.

 

 

Élisa Martin, première adjointe chargée du parcours éducatif et de la tranquillité publique, dans son bureau de l'hôtel de ville de Grenoble. © Paul Turenne - placegrenet.fr

Élisa Martin, pre­mière adjointe char­gée du par­cours édu­ca­tif et de la tran­quillité publique. © Paul Turenne – placegrenet.fr

Manque de places en crèche, de classes pas­se­relles, défi­cit d’in­for­ma­tion des familles, ou encore réforme impar­faite des rythmes sco­laires… Les chan­tiers ne manquent pas selon la pre­mière adjointe. Et l’a­mé­lio­ra­tion du par­cours édu­ca­tif n’est exempt ni de freins, ni d’obs­tacles.

 

Clairement enga­gée aux côtés des acteurs de ter­rain, où l’é­lue en est-elle aujourd’­hui, à deux mois de la ren­trée 2015 ? Coulisses d’un tra­vail de fond en trois actes : petite enfance, réforme des rythmes sco­laires et jeunes.

 

 

 

L’objectif 27 du programme de la liste “Grenoble une ville pour tous” choisi par les électeurs en mars 2014,  prévoyait la création de 200 places publiques d’accueil petite enfance. Combien de places supplémentaires en crèche avez-vous prévues pour la rentrée 2015 ?

 

 

Nous allons ouvrir une crèche dans le sec­teur Vigny-Musset – Villeneuve, fin juillet. L’établissement, struc­ture multi-accueil, pro­po­sera à la fois de l’accueil fami­lial et col­lec­tif. Concernant les places fami­liales, il accueillera en prio­rité celles de l’établissement La Bruyère, qui a brûlé en juillet 2012. En com­plé­ment, la nou­velle crèche offrira douze places col­lec­tives, dont six sont des créa­tions nettes, étant entendu qu’une place per­met d’ac­cueillir entre deux et trois enfants en moyenne en fonc­tion des équi­pe­ments. Ces places seront ouvertes pour de l’accueil régu­lier comme occa­sion­nel. Et cer­taines per­met­tront, d’ailleurs, l’accueil des enfants de la halte-gar­de­rie des Alpins ayant fermé ses portes fin juin.

 

 

 

Six créations nettes, c’est peu…

 

 

Non mais dites, ça prend du temps d’im­plan­ter des places de crèche ! Pourquoi ? D’abord parce qu’il ne faut pas les implan­ter n’im­porte où dans la ville et n’im­porte com­ment. Il s’a­git aussi de bien choi­sir la nature de l’ac­cueil : fami­lial ou col­lec­tif.

 

crèche - DR

Découverte des livres dans une crèche – DR

Et puis, il y a des sec­teurs de la ville où il y a une forte ten­sion sur le fon­cier, donc il n’est pas tou­jours facile de trou­ver des locaux dis­po­nibles. C’est le cas dans les sec­teurs 1 et 2 qui sont les plus urba­ni­sés.

 

Cependant, notre pro­gramme s’é­tale jus­qu’à la fin du man­dat et, d’ici là, du fon­cier va être rendu dis­po­nible. On tra­vaille donc en continu à l’a­dap­ta­tion de ce plan d’im­plan­ta­tion.

 

 

 

Vous souhaitez aussi créer les conditions pour une meilleure préparation à l’entrée à l’école maternelle, avec la socialisation et l’apprentissage de la séparation. Et ce, pas seulement pour les tout petits qui fréquentent les crèches…

 

 

On est sur­tout pré­oc­cupé par ceux qui ne fré­quentent pas nos struc­tures col­lec­tives.

 

 

 

Il est question de mettre en place des classes passerelles. Quelles sont leurs spécificités ?

 

 

Il en existe une à Jouhaux. C’est un dis­po­si­tif for­mi­dable par­tagé avec l’Éducation natio­nale. Dans ces espaces pas­se­relles, tra­vaillent en syner­gie une ins­ti­tu­trice ou un ins­ti­tu­teur, une édu­ca­trice ou un édu­ca­teur de jeunes enfants, et une ou un agent ter­ri­to­rial spé­cia­lisé des écoles mater­nelles (Atsem).

 

Pour une séparation progressive enfant - parents.   © Eléonore Bayrou  - placegrenet.fr

Classes pas­se­relles, pour une sépa­ra­tion pro­gres­sive enfant-parents.  © Eléonore Bayrou – placegrenet.fr

Ils y accueillent les parents et l’en­fant pour une sépa­ra­tion pro­gres­sive, dans les deux sens : enfant – parents et parents – enfant. Et l’ap­pren­tis­sage du col­lec­tif se fait aussi de façon pro­gres­sive.

 

Pour l’ins­tant, cela se joue sur une année sco­laire. Cette durée n’est pas for­cé­ment dans l’in­té­rêt de l’en­fant. Ce que l’on vou­drait, c’est que ces enfants qui font par exemple un tri­mestre dans la classe pas­se­relle puissent ensuite rejoindre l’é­cole mater­nelle de leur sec­teur. Cela sup­pose que l’Éducation natio­nale soit d’ac­cord. Elle ne l’est pas, bien sûr !

 

 

 

Pourquoi donc ?

 

 

Parce que je crois que c’est une vieille dame qu’il ne faut pas trop bous­cu­ler. Je ne remets pas en cause les ensei­gnants. C’est l’ins­ti­tu­tion, l’or­ga­ni­sa­tion et les orien­ta­tions déci­dées en haut-lieu que je cri­tique.

 

Ce serait évi­dem­ment for­mi­dable de pou­voir aussi mul­ti­plier les classes pas­se­relles. Et on pour­rait notam­ment avoir des oppor­tu­ni­tés simples et évi­dentes sur la Villeneuve. Mais l’Éducation natio­nale, encore une fois, ne veut pas ! Elle nous répond que ce n’est pas une prio­rité et qu’ils n’ont pas de postes. Le pro­blème est que ça ne peut fonc­tion­ner que si on a les deux enti­tés, la Ville et l’Éducation natio­nale…

 

 

 

Quelles sont les autres mesures phares du parcours éducatif en direction des tout petits ?

 

 

Le par­cours édu­ca­tif com­prend pour nous deux aspects. Pour com­men­cer, la mise en cohé­rence des inter­ven­tions publiques ou para­pu­bliques de type asso­cia­tif autour des petits enfants, des enfants, ado­les­cents et jeunes. Et le deuxième aspect, plus fon­da­men­tal, c’est qu’on a l’am­bi­tion de déclen­cher des droits. Par exemple, le droit à la socia­li­sa­tion pour les tout petits. Et il faut faire feu de tout bois car, fina­le­ment, rela­ti­ve­ment peu de jeunes enfants sont accueillis dans les struc­tures col­lec­tives de la Ville.

 

Entrée de l'école primaire Saint Laurent.

Entrée de l’é­cole pri­maire Saint Laurent. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Maintenant, nos actions : il y a tout ce qu’on peut faire à par­tir des temps col­lec­tifs des relais d’as­sis­tantes mater­nelles (Ram), des lieux d’ac­cueil parents-enfants, des per­ma­nences des pro­tec­tions mater­nelles et infan­tiles (PMI). Soit dit au pas­sage, pour ce qu’il en reste ! Parce que les PMI n’ont pas l’air de beau­coup inté­res­ser le conseil régio­nal…

 

Il s’a­git de créer, dans ces lieux, les condi­tions pour qu’on puisse appro­cher les familles et les enfants afin de les emme­ner vers l’é­cole, que ce soit sous la forme d’une visite simple ou par un échange avec les ensei­gnants.

 

On va aussi mettre en place, par sec­teur, des réunions d’in­for­ma­tion sur l’ar­ri­vée de l’en­fant. Actuellement, les infor­ma­tions qu’on délivre aux familles, c’est plu­tôt pen­dant le temps de gros­sesse. Or, ce n’est pas le meilleur moment parce que l’en­fant n’est pas encore là, si l’on peut dire. Surtout quand c’est le pre­mier. Il y a des tas de ques­tions qui n’existent pas encore pour les parents. L’idée est donc de repré­sen­ter un peu toutes les res­sources qui existent et toutes les pos­si­bi­li­tés qui s’offrent aux familles, une fois que l’en­fant est là.

 

 

 

Plus largement, sur la réforme des rythmes scolaires, vous avez déclaré dans le Recap Info de TéléGrenoble, en février dernier, que des premiers bougés ont déjà été réalisés à la rentrée 2014 et vont se poursuivre en 2015. Quels sont ces changements ?

 

 

[…]
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Commentaires 2
  1. Bonjour,
    Il est plus facile d’ou­vrir un compte à SHANGHAI, que de créer des places de crèche.
    Mais bon,avec la bouche tout est pos­sible.…..
    Benyoub ABDELKADER
    « ALLONS QUARTIERS  »

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  2. C’est incroyable «  » ouvrir une creche prend du temps «  » tout comme les deci­sions qui nn’ar­rivent pas tout comme ces dis­cus­sions inter­mi­nables qui soit disant s’ap­pellent concer­ta­tions.… Grenoble on dis­cute on n’a­vance sur pas grand chose, crèches, écoles, loge­ments, routes, etc…tout est donc si long à déci­der. La patience a laissé place à la dés­illu­sion. Avec piolle tout s’en­vole comme les pro­messes.

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