REPORTAGE – Une quinzaine de visiteurs ont découvert, vendredi 16 octobre 2026, les coulisses de l’Abattoir de Grenoble, au Fontanil-Cornillon. Confronté aux difficultés économiques de la filière viande et aux interrogations croissantes sur le bien-être animal, l’établissement organise régulièrement des visites pour mieux faire connaître son activité. Jusqu’à montrer sans détour la mise à mort des animaux… mais sans autoriser de photos1Les photos d’animaux au sein de cet article sont ainsi des photos d’illustration ne provenant pas de l’abattoir de Grenoble.. Une expérience éprouvante dans un univers habituellement fermé au public.
Suspendu par les pattes arrière, un bovin vient d’être étourdi dans l’abattoir de Grenoble. Un opérateur s’approche et lui tranche la gorge pour procéder à la saignée. Le sang s’écoule abondamment et forme sur le sol une flaque qui ne cesse de s’élargir. La scène est saisissante. Difficile, pour qui découvre en direct la réalité d’une chaîne d’abattage, de rester insensible à ce spectacle.
Autour de l’animal, les salariés poursuivent leur travail. Les gestes sont précis, les opérations s’enchaînent. Ici, la mise à mort des animaux fait partie du quotidien. Ce vendredi 16 octobre 2026, à l’Abattoir de Grenoble (Abag), au Fontanil-Cornillon, une quinzaine de visiteurs découvrent cet univers très particulier, guidés par Éric Rochas, président de l’établissement.
Ouvrir les portes pour lever les incompréhensions
Quelques dizaines de minutes auparavant, c’est dans une salle de réunion qu’a débuté la visite. Au cours d’un tour de table, chacun a expliqué ce qui l’avait conduit à pousser les portes de l’abattoir. Certains ont évoqué leur curiosité, d’autres leur activité professionnelle ou leur volonté de mieux comprendre le passage de l’animal à l’assiette.
« On parle souvent des outils d’abattage de façon tabou, de façon négative », constate Éric Rochas, qui dirige l’Abag depuis 2013. Aussi, depuis un peu plus d’un an, l’établissement organise-t-il des visites mensuelles destinées aux professionnels, aux éleveurs et aux simples citoyens. L’objectif est de montrer concrètement ce qui se passe derrière ses murs et de répondre aux questions des participants.
Une transparence toutefois assortie d’une importante restriction : l’interdiction de photographier ou de filmer à l’intérieur de l’abattoir, y compris pour la presse. « On vous fait tout voir. Il y a rien à cacher, mais c’est avec les yeux ! », a ainsi prévenu le président.
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