EN BREF – Plusieurs milliers de personnes ont manifesté contre le « permis de tuer » à Grenoble dimanche 20 septembre 2026, dans le cadre d’une mobilisation nationale qui s’est étalée sur le week-end. Les manifestants, élus LFI en tête, dénonçaient la proposition de loi visant à instaurer une « présomption de légitime défense » pour les policiers, perçue comme une autorisation tacite à faire usage de la force létale.
Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté, le week-end des 19 et 20 septembre, dans une centaine de villes de France, à l’appel de plusieurs organisations et formations politiques dénonçant un « permis de tuer ». En l’occurrence, une proposition de loi visant à instaurer une « présomption de légitime défense » pour les forces de l’ordre, qui doit être soumis au vote des sénateurs. À Grenoble, la manifestation a rassemblé, dimanche, entre 2 000 et 5 000 personnes… selon les chiffres de la police ou des organisateurs.

Les drapeaux de La France insoumise étaient présents et visibles lors de la manifestation grenobloise. DR
Le texte de loi a été adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 7 juillet 2026, avec 225 voix pour et 129 voix contre. Sans grande surprise, l’ensemble des parlementaires écologistes, socialistes ou insoumis ont voté contre, tandis que les groupes LR, UDR ou RN l’ont unanimement approuvé, de même que la majorité présidentielle. Seul le groupe Modem affiche une légère division : sur ses 24 élus présents, deux ont voté contre et deux se sont abstenus.
Les élus LFI en première ligne de la manifestation
Si le texte de loi assure que la présomption de légitime défense peut « à tout moment être renversée par tout élément de preuve contraire », ses détracteurs n’en considèrent pas moins qu’il constitue un blanc-seing pour l’usage de la force létale par les policiers. La défenseure des droits Claire Hédon affirme, pour sa part, dans un avis rendu en juin 2026, « qu’une telle présomption est de nature à porter atteinte aux garanties attachées au droit fondamental à la vie, à l’accès au juge, à la manifestation de la vérité et à l’effectivité des voies de recours ».
À Grenoble, la manifestation a notamment fédéré les élus d’opposition du groupe La France insoumise, avec la présence remarquée de leur chef de file Allan Brunon et de la conseillère municipale Jasmine Nebili parmi les porteurs de banderole. De nombreux drapeaux LFI étaient par ailleurs de sortie, de même que ceux de la Coordination étudiante (ex-Union étudiante), syndicat proche de La France insoumise. Sans oublier plusieurs drapeaux palestiniens.
Le positionnement des élus LFI, à Grenoble comme au niveau national, sur la question des forces de l’ordre est fréquemment abordé par le groupe de centre-droit Réconcilier Grenoble, lors des conseils municipaux. Il leur est notamment reproché de déclarer que « la police tue », une formule fermement dénoncée par le président du groupe Clément Chappet. Et pleinement assumée par Allan Brunon. « Le fait de dire que la police tue est aussi vrai que de dire que l’eau mouille », avait ainsi rétorqué l’Insoumis, durant la séance du 28 avril 2026.











