EN BREF – À 78 ans, le meylanais André Weill se lance le défi de marcher depuis le camp d’Auschwitz jusqu’à la ville d’Amsterdam « en mémoire de Etty Hillesum« . Cette jeune néerlandaise trouva la mort dans le camp nazi en 1943, après avoir laissé un journal intime et une correspondance révélant le cheminement spirituel l’ayant mené du judaïsme à un christianisme mystique. Objectif? « Faire connaître la vie et l’enseignement » de la jeune femme et « transcender l’horreur » de la Shoah.
« Une volonté de transcender l’horreur, en confrontation avec la Shoah et autres abominations du monde d’hier et d’aujourd’hui« . C’est ainsi qu’André Weill décrit son projet de marche depuis le camp d’Auschwitz jusqu’à Amsterdam, dont le départ est prévu pour le 10 mai 2026. Un défi que le Meylanais de 78 ans revendique « en mémoire de Etty Hillesum et des 105 000 juifs néerlandais déportés pendant la Seconde Guerre mondiale« .

La marche du grenoblois André Weill s’inscrit dans le parcours (tragique) d’Etty Hillesum. © André Weill
Etty Hillesum? Une jeune néerlandaise juive qui, durant la Seconde Guerre mondiale, tint un journal intime, puis une correspondance depuis le camp de transit de Westerbok, avant de trouver la mort à Auschwitz en 1943, à l’âge de 29 ans. « Ses écrits […] révèlent une fulgurante évolution spirituelle dans l’enfer de la Shoah, portée par une foi en un Dieu adogmatique qui résonne dans le cœur« , décrit André Weill.
Faire connaître sa vie et son enseignement
Dès lors, le projet vise « à faire connaître la vie et l’enseignement de Etty Hillesum« , explique le marcheur. Qui mènera sa « marche d’appropriation » en remontant la ligne de chemin de fer qui a mené, plus de quatre-vingt ans plus tôt, des milliers de personnes à la mort. Soit « un trajet de 1 500 km, suivant approximativement le parcours ferroviaire – Wroclaw, Fribourg/Oder, Berlin et Brême, en passant évidemment par le camp de transit de Westerbork aux Pays-Bas« .
La marche a-t-elle des allures de pèlerinage? Le cheminement religieux d’Etty Hillesum, du judaïsme au christianisme mystique, imprègne le projet. André Weill évoque ainsi « une discipline personnelle du retour à Soi, cet espace intérieur sacré, si proche, si intime« . Le projet est par ailleurs relayé et soutenu par Les Amis d’Etty Hillesum, association visant à faire connaître le parcours de la jeune femme et à « contribuer à maintenir la mémoire de la Shoah« , présidée par la romancière et essayiste chrétienne Cécilia Dutter.
Rodé aux longs parcours à pied, André a déjà marché de Drancy à Auschwitz en 2005 (sur 1500 km), puis jusqu’à Jérusalem en 2006 (3 000 km), mais aussi dans l’Himalaya, aux Sources du Gange, puis sur les traces des migrants en passant par Lampedusa… avant de rejoindre à pied depuis Meylan en 2021 la Mezquita de Cordoue et la Basilique Sainte-Sophie à Istanbul. Il entend cette fois relier Auschwitz à Amsterdam pour « ramener Etty à la maison » symboliquement.
Pour préparer son périple, André Weill s’est appuyé sur une campagne de financement participatif qui a d’ores et déjà atteint son objectif et dont le “surplus” sera reversé à l’association Accueil Migrants Grésivaudan. Aux côtés du marcheur, « une petite équipe grenobloise » et Orianne Faisandier, sa partenaire dans cette aventure. Cette dernière travaille comme coordinatrice de l’Espace culturel Le Moulin où elle anime des ateliers philosophie en région parisienne. C’est d’ailleurs à l’occasion d’une de ses conférences sur Etty Hillesum que la rencontre s’est faite avec André Weill.
Image de une © André Weill











