FOCUS – À six jours du conseil métropolitain qui doit élire le nouveau président de Grenoble-Alpes Métropole, l’incertitude règne. Alors que Guillaume Lissy a lancé sa candidature lundi 13 avril au nom d’une « union de la gauche », deux autres prétendants ont concrétisé leur candidature : Raphaël Guerrero, candidat du groupe Notre Métropole Commune (NMC), et Allan Brunon, figure de La France insoumise (LFI), déterminé à jouer les arbitres. Actuellement, aucun camp ne semble en mesure d’atteindre seul la majorité absolue de 56 voix.
Après l’annonce de la candidature de Guillaume Lissy, lundi 13 avril, pour porter « l’union de la gauche », le paysage politique métropolitain se dessine plus précisément. En 48 heures, deux nouveaux prétendants ont officiellement concrétisé leur ambition sur la présidence de Grenoble-Alpes Métropole : Raphaël Guerrero, candidat du groupe Notre Métropole Commune (NMC), et Allan Brunon, figure de La France insoumise (LFI), qui entend bien jouer les arbitres. À six jours du conseil métropolitain du 23 avril, les lignes bougent, les alliances se dessinent, et l’incertitude reste totale.
Guerrero entre en lice, le groupe NMC se structure
Si le groupe NMC avait déjà répondu à l’offensive de Guillaume Lissy en déclarant vouloir présenter un candidat « issu de leur rang », son nom n’était pas encore connu. Depuis jeudi 16 avril, c’est chose faite. Le groupe a désigné Raphaël Guerrero, maire de Jarrie et vice-président sortant aux finances, comme son candidat. « Ce choix reflète la volonté des 27 maires du groupe », a souligné le communiqué du NMC, qui mise sur une « gouvernance de coopération intercommunale, qui respecte toutes les communes, qui tienne compte des choix politiques des électeurs et qui fédère les énergies et les compétences au service de tous ».

Raphaël Guerrero, maire de Jarrie et candidat à la présidence de Grenoble-Alpes Métropole. © Agathe Bréchemier, Place Gre’net.
Le groupe insiste sur la nécessité d’un « projet métropolitain commun et apaisé » et, avec la candidature de Raphaël Guerrero, il souhaite parvenir « à un contrat de gouvernance […] partagé avec les autres groupes et exigeant sur les priorités et les valeurs progressistes et républicaines ».
Poursuivez votre lecture
Il vous reste 59 % de l’article à lire. Obtenez un accès illimité.
Vous êtes déjà abonné.e ? Connectez-vous









4 réflexions sur « Présidence de la métropole grenobloise : aucune majorité claire pour l’heure… et beaucoup de questions »
Je suis complétement d’accord avec vous.
Néanmoins, si Ruffin avait fusionné avec Gentil la situation serait forcément différente:
– D’abord cela aurait un gage renvoyé vers Ferrari (qui était Place Publique), et c’était une voie d’apaisement dans la relation ville de grenoble – métropole
– L’alliance contre nature avec LFI fait de ce groupe un faiseur de roi à l’échelle d’une intercommunalité qui concerne 450 000 habitants.
Ce que j’observe aujourd’hui:
– Grenoble a perdu de son rayonnement qui rendait jalouse Lyon, St Etienne avant 2014, où on ne parlait pas de Chambéry ou Annecy à cette époque contrairement à aujourd’hui qu’on ose parfois comparer à Grenoble !
– Grenoble bénéficie pourtant d’atouts sérieux, sur le plan économique, universitaire ou industriels, mais ce rayonnement se paie, car les mutations de salariés vers Grenoble se réduisent, et la démographie se ressent, car contrairement aux métropoles de cette taille, elle ne grandit quasi plus, c’est un point central qui doit fortement interpeler, « qu’est-ce qui cloche, c’est cette question qu’il faut réfléchir de manière dépassionnée »
– sur le plan des connexions c’est une métropole qui ne verra pas son temps de parcours à Paris se réduire sur plus de 50 ans, c’est unique en France pour les métropoles à plus de 2h de Paris. Aucune décision qui moderniserait cet accès n’est annoncé, pire la position contre le Lyon-Turin affimé d’abord par Piolle, puis relayé par le vote à la Métro affaiblit encore Grenoble,
– sur le plan du logement, du transport interne (avec le refus du transport par cable, l’immobilisme du dossier RER métropolitain), sur le plan sécuritaire (encore des meutres cette semaine) doivent mobiliser la nouvelle majorité, qui doit forcément intégrer le côté « territorial » donc supra-communal de ces sujets.
Et c’est là que je suis inquiet, si c’est pour se retrouver avec des bloc politciens qui s’affrontent sans réponse aux citoyens, aux générations à venir, on fait quoi ?
Car si les sujets « urbanisme durable », « transport durable », « écologie verte » ont un sens réel dans les aspirations sociétales, ils se sont largement dilués dans tous les partis et ne sont donc plus uniquement le verbe d’EELV…
Alors qu’à contrario les sujets de développement économique, de rayonnement, de transports, de sécurité ou de logement sont davantage clivants, et nécessitent pourtant des réponses collectives.
Le PS soutient Guillaume Lissy ? Mais c’est devenu quoi le PS ? Le parti politique de la « compromission » avec LFI (dixit François Hollande) et de « l’insincérité » (dixit Boris Vallaud).
Les socialistes le disent eux mêmes, ils ont perdu tout crédit, plus personne ne les croit quand ils disent « plus jamais LFI ». C’est encore plus vrai de Guillaume Lissy qui avait voté contre Christophe Ferrari. Il est le candidat de Ruffin et Piolle à qui LFI doit de peser aussi lourd.
https://www.leparisien.fr/elections/municipales/on-va-redire-plus-jamais-lfi-mais-qui-nous-croit-olivier-faure-chahute-par-les-siens-apres-les-municipales-24-03-2026-RUX7QLPQGZB7DHXOVQWGELW5BA.php
Je pense que les élus de la ville centre n’ont toujours pas compris que leur attitude en 2020 consistant à jouer la division leur coûtera cher.
Il est probable que la ligne petites communes l’emporte, témoignant d’une part de l’erreur magistrate de Piolle de revoir la composition de l’hémicycle métropolitain (il pensait pouvoir assurer une élection de la présidence de la métropole facilement, mais c’était sans compter l’attelage cataclysmique EELV LFI de Ruffin qui bénéficie d’une très petite majorité finalement), et d’autre part d’avoir voulu couper les pieds de Ferrari à l’époque alors qu’ils avaient dû trouver un équilibre en 2014. Bref bassesse politicienne qui se retourne contre celui qui a lancé les hostilités.
La réalité d’un projet tranpartisan existe, et pire il va isoler probablement encore davantage la ville centre: au final que ce soit Guerrero ou Ferrari c’est le moins mauvais équilibre que l’on pouvait espérer.
Et dire que rien de tout ça ne serait arrivé si Ruffin avait fusionné avec Gentil. Les mauvais choix se paient toujours. Dommage pour nous tous. Grenoble perd un peu plus de son rayonnement, hormis peut être les gros titres sur la sécurité qui malheureusement retiennent davantage l’attention de l’attractivité de la métropole.
Je regretterai quand même Ferrari qui a fait un sacré boulot dans le tumulte lancé par Piollle, le même qui n’a pas su conseiller habilement Ruffin qui finira par le payer au sein même de son conseil municipal.
Je pense que Place Publique aurait été au deuxième tour si il n’y avait pas eu la duplicité de Romain Gentil qui a toujours laissé entendre qu’il était prêt à la tambouille avec LFI.
Il l’a d’ailleurs fait, quitte à trahir Raphaël Glucksmann, en soutenant la fusion Ruffin-Brunon au deuxième tour. Et ce n’est certainement pas Pascal Clouaire qui en a été surpris.
https://www.placegrenet.fr/2025/11/01/grenoble-pascal-clouaire-croit-toujours-en-la-dynamique-du-camp-de-base-citoyen-et-tacle-les-traitres/663391