FOCUS – À l’heure où les musées redécouvrent les femmes artistes reléguées dans l’ombre de l’Histoire, le musée Hébert de La Tronche consacre une exposition aussi poétique que documentée à Gabrielle Hébert, photographe prolifique et pourtant méconnue. « Gabrielle Hébert, Amour fou à la Villa Médicis », présentée jusqu’au 31 mai 2026, plonge le visiteur dans l’univers intime et artistique d’une femme qui a su transformer sa passion pour la photographie en une œuvre à part entière.
Le public connaît surtout Ernest Hébert, le peintre. La nouvelle exposition inédite du musée Hébert de La Tronche à La Tronche donne l’occasion de découvrir son épouse, Gabrielle, une photographe dont l’œuvre, bien que prolifique, est restée dans l’ombre de l’histoire de l’art. Depuis le 7 mars et jusqu’au 31 mai 2026, « Gabrielle Hébert, Amour fou à la Villa Médicis », s’expose sur les murs du musée isérois avant de voyager jusqu’à la Villa Médicis de Rome.
Une artiste méconnue sous les projecteurs
Cette création, organisée en collaboration avec le musée d’Orsay, révèle pour la première fois au grand public le travail d’une femme qui a marqué son époque par sa sensibilité et son audace. À travers plus de 2 000 clichés réalisés entre 1888 et 1908, l’exposition retrace le parcours de Gabrielle Hébert dont la vie fut profondément liée à un lieu, un homme et une passion : la photographie.

L’exposition retrace la vie de la photographe Gabrielle Hébert, où chaque couleur représente une phase de son évolution dans la photographie. © Maureen Dufournet – Place Gre’net
Née Gabriele von Uckermann en 1853 à Dresde, Gabrielle Hébert s’installe à la Villa Médicis, à Rome, où elle vit pendant onze ans aux côtés de son mari, le peintre Ernest Hébert. Ce lieu, qui abrite l’Académie de France, devient le cadre de sa découverte de la photographie, un médium en pleine révolution grâce à l’avènement de l’instantané. Pour Gabrielle, la photographie n’est pas un simple loisir, mais une expression existentielle, comme en témoignent ses agendas où elle note inlassablement « Je photo ».
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