FOCUS – Le tribunal des activités économiques de Lyon a rejeté, mercredi 25 mars 2026, le projet Exalia, porté par d’anciens salariés de Vencorex pour relancer la plateforme chimique de Pont-de-Claix. Et ce malgré un financement bouclé et des soutiens publics. La décision remet en cause l’avenir industriel du site et suscite l’incompréhension.
C’est un coup de massue pour les porteurs du projet Exalia. Mercredi 25 mars, le tribunal des activités économiques de Lyon a rejeté l’offre de reprise de l’ancienne usine de Vencorex, située sur la plateforme chimique de Pont-de-Claix, dans l’agglomération grenobloise. Une décision qui surprend et déçoit énormément les initiateurs du projet, pourtant soutenu par l’État, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et la Métropole de Grenoble.
Un projet ambitieux au budget déjà bouclé
Porté par Olivier Six, chef d’entreprise et promoteur du projet, et Séverine Dejoux, ancienne salariée de Vencorex et représentante CGT, Exalia promettait de relancer une production chimique sur le site, avec la création de 250 personnes dans les deux ans, et plus de 1 000 d’ici cinq ans.
Les partenaires avaient déjà bouclé le budget du projet : 15 millions d’euros de fonds privés, 15 millions de prêts publics, 17 millions de promesses de subventions et 13 millions de la part des banques. La Métropole de Grenoble avait même voté, en novembre 2025, une délibération engageant jusqu’à 3 millions d’euros, sous forme d’avances remboursables pour soutenir la reprise.

Le tribunal de commerce de Lyon a rejeté l’offre de projet Exalia portée par d’anciens salariés de Vencorex. © Maureen Dufournet – Place Gre’net
« C’est hallucinant ! Personne ne s’y attendait », a réagi Olivier Six, selon qui le tribunal aurait refusé de confier un site classé Seveso à une PME ou un groupe familial, une pratique pourtant courante en Europe. Séverine Dejoux a quant à elle dénoncé, lors d’une conférence de presse organisée dans la foulée sur la plateforme chimique, une décision « incompréhensible », préférant le démantèlement du site à une reprise industrielle solide. « C’est le symbole de la désindustrialisation en France », a-t-elle ajouté, rappelant que le projet Exalia répondait à un besoin stratégique de souveraineté industrielle.
Un refus incompréhensible du projet Exalia
Le rejet d’Exalia intervient après la liquidation de Vencorex au printemps 2025, un événement qui avait marqué un tournant pour la filière chimique locale. Ce projet était perçu comme une lueur d’espoir pour relancer l’activité et préserver l’emploi sur le territoire. En novembre 2025, Christophe Ferrari, président de Grenoble-Alpes Métropole, avait d’ailleurs salué le soutien unanime du conseil métropolitain à Exalia, soulignant que ce projet était « une bonne nouvelle pour l’avenir industriel du territoire ».

Séverine Dejoux, porteuse du projet Exalia, ne perd pas espoir : « Nous épuiserons toutes les voies de recours possibles. » © Maureen Dufournet – Place Gre’net
Sur la plateforme chimique, Séverine Dejoux n’entend pas baisser les bras. « Nous épuiserons toutes les voies de recours possibles, affirme-t-elle. On est encore plus inquiets qu’avant. Sans le projet Exalia, la plateforme risque de mourir encore plus vite que prévu », redoute la syndicaliste.
Quel avenir pour le site ?
Avec ce refus, l’avenir de la plateforme chimique de Pont-de-Claix est désormais incertain. Les porteurs du projet craignent que le site ne soit confié à un ferrailleur, ce qui empêcherait toute reprise industrielle. « Il a été décidé de donner cette offre à un ferrailleur, rapporte en effet Séverine Dejoux. On préfère démanteler plutôt que se dire qu’il y a une chance que ce projet aboutisse ! » dénonce-t-elle.
Hasard du calendrier, le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, se rend jeudi 26 mars dans l’après-midi sur la plateforme chimique de Pont-de-Claix, aux côtés de la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, pour participer à une table ronde sur la situation industrielle du pays, organisée dans le cadre des Assises du made in France du syndicat. Ce après un passage dans la matinée à Noyarey sur le site de MagReesource, start-up spécialisée dans le recyclage d’aimants permanents, où il annoncera un partenariat industriel avec les groupes Chanel et Pochet.









3 réflexions sur « Le projet Exalia, porté par d’anciens salariés de Vencorex, rejeté par la justice : un coup dur pour l’industrie iséroise »
On en sait maintenant un peu plus sur les attendus de ce jugement.
https://www.lejournaldesentreprises.com/article/la-justice-rejette-le-projet-de-reprise-de-la-plateforme-de-vencorex-2139787
Ceux qui ont refusé ce projet ont-ils été payés pour? 🤔
Pour en savoir un peu plus sur la production du chlore, les marchés et les perspectives d’évolution dans un contexte de décarbonation, voici un lien vers différents documents très intéressants édités par l’ADEME.
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/8754-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-du-chlore-en-france-infographie.html