TRIBUNE LIBRE – Gratuité des transports le week-end, encadrement des loyers commerciaux, embellissement de l’espace public : les propositions pour le commerce de proximité de la candidate de la majorité sortante Laurence Ruffin ont déclenché une contre-offensive immédiate de la droite grenobloise. Derrière la polémique sur les places de stationnement, se joue bien plus qu’un débat d’aménagement, selon David Bodinier, urbaniste militant : un affrontement entre deux visions de la ville, de l’économie locale et du partage de l’espace public. Sa tribune dénonce les « instrumentalisations » et pose une question centrale : à qui appartient la ville ?
Fin décembre, Laurence Ruffin, candidate de l’Union de la Gauche aux municipales de Grenoble, présentait sur France 3 Alpes ses propositions pour le commerce de proximité : gratuité des transports en commun le week-end, plafonnement des loyers commerciaux, animations culturelles et embellissement de l’espace public.
La réponse de l’opposant Alain Carignon ne s’est pas fait attendre : ces propositions ont été réduites à de simples « couleurs au sol », comme si embellir l’espace public se résumait à repeindre des trottoirs.
Dans la foulée, le collectif « Touche pas à ma place » a diffusé des caricatures odieuses et ridicules pour contester toute transformation de l’espace public. Ce collectif virulant rassemblant des partisans d’Alain Carignon s’est mobilisé ces derniers mois contre plusieurs projets de réaménagement à Grenoble – avenue Jeanne-d’Arc, cours Berriat, place de Metz. Ces projets ont un point commun : la réduction de places de stationnement au profit d’espaces partagés, végétalisés et accessibles à tous.
Le mythe du « sans parking, pas de business »
Dans une campagne pour les élections municipales, le débat sur la ville que nous voulons construire est légitime. Mais il est instrumentalisé par un collectif et le candidat de la droite qui fabrique le récit d’une ville qui « se dégrade », alors même que les transformations engagées visent à améliorer la qualité de vie, la santé publique et la résilience face au changement climatique.
Cette instrumentalisation repose sur un argument rebattu : « sans parking, pas de business ». Or, cette idée reçue est aujourd’hui largement infirmée par les études urbaines et économiques. L’Ademe démontre que la vitalité commerciale dépend bien davantage de la qualité de l’espace public, de la marchabilité et de la fréquentation piétonne que du nombre de places de stationnement1Source : Ademe – « No parking, no business » en centre-ville : un mythe à déconstruire. Piétons, cyclistes et usagers des transports en commun fréquentent plus régulièrement les commerces de proximité – et y dépensent autant, voire plus et surtout mieux.
La vraie question est ailleurs : quels commerces et quels modes de vie voulons-nous soutenir ? Les commerces locaux vivent d’une offre de qualité, de la présence et des usages quotidiens de l’espace public. Ce qui les fragilise, ce n’est pas la réduction du stationnement : c’est la concurrence des plateformes mondialisées comme Shein, dont le modèle repose sur la surconsommation et les émissions massives de CO₂.
Derrière ce débat, se joue un choix de société. D’un côté, un modèle fondé sur la consommation individuelle, la surconsommation de biens produits à l’autre bout du monde et livrés par avion – un modèle qui génère des « faux besoins » que l’achat ne parvient jamais à combler. De l’autre, une prospérité écologique fondée sur les services universels partagés : parcs ouverts à tous, bibliothèques, librairies, espaces culturels, transports collectifs, lieux publics où il fait bon vivre.
Le “modèle de Preston”, expérimenté depuis 2013 dans cette ville du nord de l’Angleterre, montre qu’une autre voie est possible : relocaliser les achats publics, soutenir les coopératives et les commerces de proximité, créer de la richesse collective locale plutôt que de laisser fuir les capitaux vers des acteurs lointains.
Comme l’a montré l’urbaniste Jan Gehl, une ville plus marchable et plus agréable renforce cette économie de proximité. Ce sont les modèles commerciaux extractifs et déterritorialisés qui affaiblissent durablement les centres-villes – pas le partage de l’espace public.
« Ma place » : une logique de privatisation de l’espace public
Au-delà du fond, la forme choisie par le collectif des partisans d’Alain Carignon interpelle. « Touche pas à ma place » détourne explicitement « Touche pas à mon pote », slogan emblématique de SOS Racisme né dans le sillage de la Marche pour l’égalité et contre le racisme des années 1980.
Détourner ce symbole pour défendre une place de stationnement, c’est le vider de son sens. C’est fabriquer une fausse équivalence morale entre la protection des personnes et la préservation d’un usage particulier de l’espace public. C’est transformer un arbitrage collectif, démocratique et réversible, en atteinte personnelle.

L’aménagement de la place de Metz fait notamment l’objet de polémique entre candidats. © Google Maps
En parlant de « ma place », le slogan privatise symboliquement ce qui n’a jamais été une propriété individuelle : une portion d’espace public, historiquement allouée au stationnement automobile, mais qui appartient à la collectivité. Répondons donc clairement : ce n’est pas « ta » place. C’est un espace partagé, public et commun.
La privatisation symbolique de l’espace public par ce slogan s’inscrit d’ailleurs dans une continuité : celle d’un ancien maire qui, en son temps, avait privatisé le service de l’eau de Grenoble – avant d’être condamné pour corruption.
Cette logique d’appropriation rejoint aujourd’hui celle de l’extrême droite. À l’heure où la lutte contre les idées d’extrême droite constitue un enjeu politique majeur, nous ne pouvons accepter que les luttes antiracistes, leurs slogans et leurs symboles soient instrumentalisés pour défendre un privilège spatial hérité. Les combats contre le racisme protègent des personnes, des droits fondamentaux, des vies. Ils ne sauraient être détournés pour légitimer la défense d’une place de parking.
Une ville qui change de centre de gravité
Depuis une dizaine d’années, Grenoble a engagé une transformation ambitieuse de son espace public : végétalisation massive, plantations d’arbres, réaménagements visant à réduire les îlots de chaleur et améliorer la qualité de l’air. Ces projets concernent des lieux concrets du quotidien, dans tous les quartiers, du centre-ville à la Villeneuve. L’objectif est clair : sortir d’un modèle urbain où l’automobile individuelle occupait le centre de la place.
Ce modèle, profondément individualiste, a eu un coût élevé pour la collectivité : pollution de l’air, nuisances sonores, artificialisation des sols, contribution au changement climatique, exposition accrue des populations les plus vulnérables. Pendant des décennies, rues et places ont été organisées presque exclusivement autour de la voiture.

Des rues de Grenoble ont été réaménagées mais les opposants dénoncent les reports du trafic automobile du boulevard Agutte-Sembat sur la rue Lesdiguières, avec des embouteillages polluants quasiment chaque jour. © Manuel Pavard – Place Gre’net
Cette organisation est devenue si familière qu’elle a fini par apparaître comme naturelle. Elle ne l’est pas. Elle résulte de choix politiques – et d’autres choix sont possibles. L’espace public n’est jamais neutre. Les travaux féministes et les études sur le handicap montrent que les choix d’aménagement déterminent concrètement qui peut s’attarder, s’asseoir, circuler ou se sentir légitime dans la ville.
La place est celle de toutes et tous : piétons, personnes âgées, personnes à mobilité réduite, enfants, femmes, cyclistes. Elle est le lieu du repos, de la rencontre, de la vie sociale. C’est ici que la notion de « droit à la ville » formulée par Henri Lefebvre prend tout son sens : non pas le droit de conserver un usage exclusif hérité, mais le droit collectif de participer à la production, à la transformation et au partage de l’espace urbain.
Une écologie populaire, c’est précisément cela : une écologie qui part des besoins des habitant·es, qui améliore concrètement leurs conditions de vie, et qui fait de l’espace public un commun – un bien partagé, discuté et gouverné démocratiquement.
La prospérité ne se mesure pas en places de parking dans l’espace public
Au-delà des polémiques, nous avons besoin de poser les bonnes questions : quel avenir voulons-nous pour notre ville ? Il ne s’agit pas simplement de stationnement, mais d’un choix de société. Les causes de la fragilisation du commerce local sont connues : la spéculation immobilière qui fait exploser les loyers, la concurrence des plateformes numériques, le manque d’attractivité des centres-villes. C’est sur ces premiers leviers que nous devons agir.
Mais l’enjeu dépasse la seule question du commerce. Il s’agit de garantir à toutes et tous l’accès aux services essentiels : se déplacer, se cultiver, se rencontrer, habiter dignement. Par exemple, la gratuité des transports en commun, expérimentée dans plus d’une quarantaine de villes en France, est une mesure concrète de justice sociale et écologique. Elle permet aux plus modestes de se déplacer librement, réduit la dépendance à l’automobile et redonne vie aux centres-villes.

Les places aux enfants font partie des réalisations de la municipalité Piolle. La Ville de Grenoble a ainsi inauguré la Place aux enfants rue Aimon-de-Chissé, au sein du quartier Île verte, en septembre 2024.
Encadrer les loyers commerciaux, animer les quartiers par la culture, rendre l’espace public plus agréable et plus vivant : ces orientations s’inscrivent dans une autre idée de la prospérité qui ne se mesure pas à l’accumulation privée, mais à la capacité collective d’assurer des conditions de vie dignes, désirables et partagées.
Dans cette perspective, la qualité de vie cesse d’être indexée au pouvoir d’achat individuel pour devenir le produit de services publics forts, de communs urbains et d’usages sociaux de la ville. Une ville en transition est une ville qui assume de faire des choix et de les soumettre au débat public. Elle cesse d’être organisée autour de privilèges hérités pour faire de l’espace public un commun urbain, partagé et gouverné démocratiquement.
Et les autres candidats ?
Alain Carignon a clairement affiché sa position contre l’amélioration et le partage de l’espace public défendus par Laurence Ruffin. Mais qu’en pensent les autres candidats aux élections municipales de mars 2026 ?
Quelle vision de la ville portent-ils ? Sont-ils prêts à poursuivre la transformation de l’espace public engagée depuis dix ans ? Défendent-ils une écologie populaire fondée sur les communs urbains et les services partagés ? Ou préfèrent-ils le statu quo d’une ville organisée autour de l’automobile individuelle ? Ces questions méritent des réponses claires. Les Grenobloises et les Grenoblois ont le droit de savoir quels choix de société leur sont proposés – avant de voter.
David Bodinier, urbaniste
Rappel : Les tribunes publiées sur Place Gre’net ont pour vocation de nourrir le débat et de contribuer à un échange constructif entre citoyens d’opinions diverses. Les propos tenus dans ce cadre ne reflètent en aucune mesure les opinions des journalistes ou de la rédaction et n’engagent que leur auteur.
Vous souhaitez nous soumettre une tribune ? Merci de prendre au préalable connaissance de la charte les régissant.











30 réflexions sur « Tribune libre | Municipales à Grenoble : « la bataille de l’espace public n’est pas celle qu’on croit » »
« Des personnes viennent en burkini depuis trois ans : la Ville confirme son autorisation dans les piscines.» alors que la plus haute juridiction française l’a interdit !
https://www.ledauphine.com/societe/2026/01/28/des-personnes-viennent-en-burkini-depuis-trois-ans-la-ville-confirme-son-autorisation-dans-les-piscines
On n’entend pas Laurence Ruffin à ce sujet, qu’on doit à l’auteur de cette tribune vu qu’il est l’un des fondateurs de l’Alliance Citoyenne, les promoteurs du burqini.
Je précise un point factuel : établir un lien direct entre cette question et ma tribune sur l’espace public est hors sujet. Quant à mon engagement associatif passé, il est public et assumé, mais il ne détermine ni les décisions municipales ni le contenu d’une réflexion urbaine. Cette manière de déplacer la discussion vers des éléments périphériques relève d’une technique rhétorique bien connue, qui consiste à éviter le débat de fond. Je vous invite donc à faire l’effort de débattre publiquement de vos positions sur le sujet même de cette tribune, plutôt que de tenter d’en dévier le propos.
J’ai précisé un point factuel. Juger qu’il est hors sujet est votre appréciation, pas la mienne.
Ces deux derniers points m’interpellent ! « Indignation Sélective », certainement pas de ma part ! Mais il se peut que mes sources d’informations le soient. Pourriez-vous nous en dire plus ? Je ne suis au courant de ces faits. Pourriez-vous nous en dire plus ?
C’est vrai que l’honnêteté est de loin la première vertu à attendre d’un dirigeant politique, n’est ce pas !?! 😉😝
Pour les reste j’ai l’impression qu’on a fait le tour de nos positions respectives et qu’il ne sera pas utile de poursuivre cette discussion. Je reste très émue par l’image des secouristes devant faire du gymkhana entre les vélos et les trams ! Résolument héroïque ! 🤸
Il vous suffit de lire l’article du Postillon sur le business de Ruffin et de taper dans votre moteur de recherche Piolle Raise Partner
Merci pour cet apport. Cette article sur Alma m’a atterré !!! 😭😭😭
Pour d’autres lecteur’ices :
https://www.lepostillon.org/Devaster-le-monde-Oui-mais-en-cooperative.html
J’en peux plus de ces politicards ! 🤬
Pas étonnant que les scores des Insoumis et du RN ne cesse de grimper.
C’est une tribune purement politique de l’extrême gauche altermondialiste, pour venir à la rescousse de Piolle et de sa candidate Ruffin.
L’auteur signe sobrement David Bodinier, urbaniste. Il pourrait être plus complet sur son très long CV en disant (entre autres) qu’il a commencé dans le graffiti, qu’il a été cofondateur du collectif extrémiste la Rage du Peuple pour « répondre à la violence sociale, policière et politique », qu’il était parmi les organisateurs de Nuit Debout à Grenoble et qu’il a organisé les « Assemblées des communs » avec une l’adjointe de Piolle (Anne-Sophie Olmos), que son frère a été choisi par Piolle pour être le candidat EELV aux législatives face à Emilie Chalas.
Il pourrait surtout rappeler qu’il est l’un des fondateurs de l’Alliance Citoyenne, bien connue pour avoir promu le port du burqini !
Alors c’est sûr qu’avec autant de lunettes fortement déformantes sur les yeux, on se demande ce qu’est l’urbanisme tant il est instrumentalisé pour tout autre (alter) chose.
Merci d’avoir rétabli la vérité sur ce personnage qui tente de passer pour un citoyen lambda, alors qu’il est un militant très actif des sphères d’extrême-gauche et acoquiné politiquement avec Piolle et Ruffin
Rappelons aussi que « Nuit Debout » a été créé par un certain François Ruffin …
Je ne « tente » pas de passer pour un citoyen lambda : je signe une tribune avec mon nom, ma profession et un point de vue assumé. Rien n’est dissimulé. Vous ne répondez pas aux arguments du texte, mais vous cherchez à me disqualifier : en réthorique, c’est une attaque ad personam, pas une réfutation. Mon parcours est public. Il n’invalide en rien une analyse sur l’espace public, la place de la voiture ou les usages urbains.
Si vous pensez que mon analyse est erronée, il suffit d’en démontrer les erreurs factuelles ou les failles de raisonnement. À ce stade, ce n’est pas fait. Je note enfin que ce procès en intention est formulé sous pseudonyme, tandis que la tribune, elle, est signée. Cordialement
Votre commentaire relève très précisément de ce que la rhétorique appelle un argumentum ad personam.
Autrement dit, au lieu de discuter les arguments de la tribune, vous vous attaquez à la personne de l’auteur (son parcours, ses engagements, ses liens familiaux), éléments sans rapport direct avec le contenu du texte et qui, par ailleurs, sont publics et assumés. C’est une technique classique de déplacement du débat :
lorsqu’on ne répond pas sur le fond, on cherche à disqualifier l’énonciateur plutôt qu’à réfuter ce qu’il énonce. Cela ne démontre pas que les arguments sont faux ; cela permet surtout d’éviter d’y répondre. Si vous trouvez que cette tribune est contestable, la discussion utile consiste à en critiquer les thèses, les faits mobilisés et les raisonnements urbains. Le reste relève de l’attaque personnelle — pas du débat d’idées.
Mon commentaire n’a strictement rien de rhétorique, il ne fait que dire votre CV. Si vous considérez cela comme une attaque, c’est que ça vous dérange qu’on sache qui vous êtes.
Merci M.Bobinier pour cet article.
Je suis commerçante à Grenoble et je crois qu’il est temps de se résigner (résilier) à construire une autre façon de vivre la ville. Nous n’avons plus bien le choix. Si à l’échelle mondiale la tâche est incommensurable, nous pouvons au moins tenter de mieux vivre à notre modeste niveau. Je suis apolitique mais j’apprécie déjà ce qui a été fait ces dernières années en matière d´aménagement urbain. Je circule parfois à vélo, autant que je peux, avec mes 50 ans passé 😊 et j’adore ça ! Je me sens apaisée et quand il pleut je prends les transports avec un fond musical dans les oreilles. Ça me permet de faire une pause dans la journée. Je prends parfois le temps de flâner un peu sur mes temps, je m’attarde aux vitrines, je prends un café en terrasse… je prend le temps de vivre. Laissons les grands magasins et les grands parking à ceux qui n’ont pas compris l’enjeu. Faisons de notre centre ville une zone exclusivement piétonne (et + de parking vélo 😉) avec des espaces de repos verdoyants et un accès à la culture pour tous, dans la rue, pour nous (r)éveiller et permettre aux brebis égarées de retrouver le chemin.
À l’heure des grands bouleversements écologiques, économiques, numériques, nous devons remettre l’humanité au cœur de nos préoccupations et lui rendre sa place. L’économie locale ne pourra que s’en porter mieux et je parle en tant que mère isolée, de profession indépendante et minima social.
Je vote pas à Grenoble et j’espère que les électeurs ne se tromperont pas de candidats.
Merci pour ce témoignage, qui dit avec beaucoup de justesse ce que les chiffres et les slogans ne racontent pas toujours. Il rappelle une chose essentielle : les transformations de l’espace public ne sont pas d’abord idéologiques, elles sont vécues. Elles transforment les manières de circuler, de travailler, de consommer, de se rencontrer. Ce que vous décrivez — le temps retrouvé, la flânerie, l’apaisement, la vie de quartier — correspond à des enjeux très concrets de santé, de climat, de commerce local et de cohésion sociale.
Votre message montre aussi que ces choix urbains ne relèvent pas d’un luxe réservé à quelques-uns, mais concernent au contraire des personnes aux parcours divers, parfois précaires, qui cherchent simplement une ville plus respirable et plus humaine. C’est précisément pour cela que le débat mérite mieux que des caricatures. Que l’on soit électeur ou non à Grenoble, la question posée reste la même : quelle ville voulons-nous collectivement, et pour qui ? Merci d’y contribuer de manière aussi incarnée.
David Bodinier, le nom me rappelle quelque chose, n’est-ce pas le frère d’Emmanuel Bodinier désigné par Piolle pour les législatives de 2022? Son discours bien ficelé colle comme deux gouttes d’eau à la propagande Piolle/Ruffin, on croirait presque un discours de campagne, avec de l’idéologie (transports gratuits, qui coûteraient des millions d’impôts à la collectivité alors que les études ont montré qu’il y aurait un très faible report des automobilistes sur ce mode de déplacement). La fable que la piétonnisation favoriserait le commerce (vacance commerciale doublée à 12% en fin de règne de Piolle, pourtant il a piétonnisé, engorgé Grenoble sans plan de circulation réfléchi). Quant au partage de l’espace public, on rit jaune (les tags hideux sur les façades reprenant les messages de l’extrême-gauche, les chaussées défoncées alors que les élus Piolliste siègent à la Ville et la Métro, les bidonvilles comme rue Antoine Polotti, la crasse ambiante avec profilfération des rats,…)
Exact, ils militent en famille.
https://www.ledauphine.com/elections/2022/03/21/elections-legislatives-en-isere-emmanuel-bodinier-candidat-eelv-sur-la-3e-circonscription
Peut-être que se sont surtout les véhicules qui défoncent les chaussées, non ?
Je ne vois pas comment un tag peut empêcher d’occuper un espace…? …une allergie peut être ? 🤔
Quant au rue engorgées, Grenoble a toujours été engorgé. La différence c’est qu’avant il y avait des embouteillages dans toutes les rues alors que maintenant il n’y en a plus dans les rues piétonnes. Je trouve ça étonnant de défendre la circulation des véhicules dans Grenoble tout en rageant contre les embouteillages… 🤔
Oui les véhicules de ceux qui bossent, ceux qui portent secours, les transports en commun, les camions (pour transporter de plus grande quantité de marchandises au lieu de multiplier les rotations de petits véhicules), etc…
Et bien si, figurez-vous qu’un espace souillé par des slogans « brûlez vos voitures », « les ingénieurs de ST au buchet » ou « ACAB », « Macron caca » n’est pas propice à la balade, surtout avec des enfants qui lisent ce qu’une minorité leur impose à la vue.
Grenoble n’a jamais été engorgé comme depuis 12 ans, les classements annuels nous ont fait gagner des places dans le temps perdu dans les bouchons. Plus de bouchons, c’est plus de pollution de part les phases de freinages qui produisent des particules et d’accélération qui forcent le moteur à consommer davantage. De plus les parkings-relais déjà sous-représentés, se sont vus raboter comme à l’Esplanade. Ces parkings-relais pourtant indispensables pour laisser les voitures hors du centre-ville. Un écolo pragmatique et non dogmatique, ferait en sorte de multiplier les parkings-relais autour des villes, de fluidifier tous les modes de déplacement, ne ferait pas la promotion du chauffage au bois qui émet 2/3 des particules fines les plus cancérigènes (dont le nombre a d’ailleurs très peu baissé en plein COVID où quasiment aucune voiture ne circulait). On veut des gens responsables et réalistes, pas d’une caste de bobos autocentrés sans prise avec le réel
Je me suis arrêté quand j’ai vu que ce monsieur se mettait à parler d’extrême droite et de privilège…
Même sur ce sujet, on finit par y revenir !
C’est une vraie obsession chez ces gens-là.
Oui parfaitement , la lutte contre les privilèges est une vrai obsession… on n’est pas prêt de s’arrêter ! ;p
Grenoble n’appartient pas à une minorité d’illuminés laxistes, incompétents, qui discriminent et nous mettent la misère depuis 2014 au nom de 16000 électeurs !
Quant à l’urbanisme de la gauche et sa politique d’accueil inconditionnel à Grenoble et dans sa Métropole, un total échec! DEHORS!
Un total échec sur quels critères ? Le nombre de places de stationnement ?
Votre théorie sur les voitures dans les bouchons me paraît détourner les propos de l’objectif de fond : moins de voitures en ville ! Moins de voitures c’est moins de bouchons ET moins de pollution^^! Concernant les véhicules de services, je crois qu’ils peuvent accéder aux zones nécessaires. Moi par exemple je fais une demande à la mairie pour stationner pré de mes chantiers en zone piétonne. Ce n’ est pas tout rose non plus. C’est clair qu’il y a une très grande marge de progression sur l’efficience des démarches administratives !!! 🤯
Je ne comprends pas pourquoi vous parlez des secours… je ne vois pas le rapport avec les places de stationnement. Je n’est jamais vu les pompiers se garer pour une intervention. 🤔
Par contre je crois fort que les cabinets de soins à domicile devraient exiger la création d’un macaron pour pouvoir stationner n’importe où n’importe quand ! Pour les infirmiers et infirmières en tournée c’est vraiment très compliqué ! Ceci étant dit, j’en ai rencontré certaines qui c’étaient mise à faire leur tournée à vélo et qui en étaitent ravies. Et enfin concernant les parking relais, je suis entièrement d’accord avec vous. J’ai moi aussi beaucoup de mal à comprendre le choix qui a été fait pour l’Esplanade.
M’enfin, anyways, malgrés les difficultées de cette mutation en cours, je ne crois pas qu’il faille renoncer à ce projet de sortir un maximum de voitures individuelles de la ville.
Pour les tags, vous pouvez expliquer à vos enfants que dans la vie tout le monde ne pense pas comme vous et que certains détestent Macron pour l’immense casse sociale qu’il a pratiqué durant son mandat, que des militants subissent une répression policière extrêmement violente (ou bien sinon vous pouvez leur dire que ACAB signifie All Cops Are Beautiful ;p), que ST est mal vu car cette usine vide notre nappe fréatique et fournis des fabricants d’armes et que tous les ingénieurs qui y bossent en ont forcément conscience. Vous pouvez leur expliquer que le buchet c’est une image exagérée car en vérité on ne va pas réellement imoler des gens^^!
Vous aurez toujours des voitures en ville, tant que les parking-relais ne seront pas présents en nombre suffisant, tant que certaines lignes de transport en commun seront touchées par les incivilités et la délinquance, tant que les gens qui habitent à l’extérieur de la ville et viennent travailler (car leur entreprise, leurs bureaux ne se déplacent pas), en devant déposer leurs enfants à l’école, aux activités, etc…
On voit très bien l’échec de cette idéologie depuis 12 ans. Les voitures ne partent pas, seuls les bouchons restent, polluant les enfants dans les écoles, les habitants sur les axes de report. Une circulation fluidifiée ET des parkings-relais sont la seule alternative pour limiter la pollution et permettre aux gens venant de l’extérieur de pénétrer à pieds dans le centre. Tout le reste c’est du rêve, de la boboïtude.
Pour le secours, je ne parle pas des places de stationnement mais du fait qu’ils roulent et usent la chaussée. D’ailleurs leurs interventions sont mises à mal avec certainement des conséquences pour la qualité de prise en charge des personnes. La ville est saturée, les pompiers, policiers, médecins font du gymkhana entre les vélos, les voies de tram, pour se frayer un chemin et assurer les missions.
Pour mes enfants, je leur explique qu’une minorité de dégénérés souillent l’espace public, ne respectent rien ni personne, imposent sur les murs leur vision radicale, clivent les gens et ne proposent rien de concret et de réaliste. Des contestataires de l’ombre, sans courage, qui sacage la société. Personnellement je n’affiche pas mes convictions sur le bien d’autrui le soir à la bombe, je ne suis pas un fils à papa des beaux quartiers, qui pourri-gâté, cherche un peu d’adrénaline avec une bombe de peinture.
Il n’y aucune répression policière « extrêmement » violente, à chaque manifestation on voit par contre des attaques « extrêmement » violentes de militants d’ultra-gauche sur les forces de l’ordre avec de nombreux blessés dans leur camp. Regardez un peu dans les autres pays comment seraient traités des manifestants agressifs ultra-violents et s’ils oseraient le quart de ce qu’on tolère en France.
Enfin Laurence Ruffin vend aussi ses logiciels aux fabricants d’armes, aux plus grands pollueurs de la planète, pourtant ça ne semble pas vous émouvoir. Comme Piolle et ses actions chez Raise Partner à Singapour, dans un paradis fiscal. Indignation sélective ?
Extrait de la charte des tribunes
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier une tribune, en particulier dans les cas suivants :
• Texte faisant la promotion d’une personnalité, d’un mouvement ou d’une structure
On n’est pas un peu à la limite ?
Si cette tribune comporte en effet une dimension militante, nous avons fait le choix de la publier car elle ouvre le débat et appelle à faire réagir les autres candidats. Libre à eux de s’en emparer.
Idéologiser bêtement le débat sur l’avenir de Grenoble en disant : »d’un côté, un modèle fondé sur la consommation individuelle, la surconsommation de biens produits à l’autre bout du monde et livrés par avion » et de l’autre, « une prospérité écologique fondée sur les services universels partagés : parcs ouverts à tous, bibliothèques, librairies, espaces culturels, transports collectifs, lieux publics où il fait bon vivre », et bâtir son argumentation sur les contre-vérités habituelles, relève de la manipulation de type « gros sabots » à 50 jours de l’élection.
La gauche et l’écologie méritent tellement mieux.
Merci M. Bodinier pour cette tribune.
Artisan intervenant souvent en centre-ville, je suis moi-même touché de plein fouet par ces transformations de l’espace urbain. La transition entamée me fait souvent grincer des dents : impossibilité de stationner à proximité de mes chantiers, PV de stationnement à répétition…
Il me paraît nécessaire de voir au-delà de ces complications transitoires. Sortir d’un modèle urbain entièrement organisé autour du véhicule individuel ne peut pas se faire du jour au lendemain. Pas la peine d’être un grand visionnaire pour comprendre que durant une phase de transition, la réorganisation de l’espace urbain perturbera fortement ses usages. Rien de surprenant pour une transition d’un ancien modèle profondément ancrée vers un autre modèle radicalement différent. Je ne trouve aucune raison de douter que toutes les solutions nécessaires aux divers besoins logistiques des professionnels seront apportées chemin-faisant. Allons de l’avant pour construire ensemble ce nouveau modèle urbain tourné vers l’avenir. Cessons cette vision égoïste, court-termiste voir passéiste qui se braque à la moindre difficultée sans chercher au-delà de nos petites habitudes et facilités personnelles.
Un artisan bien content des transitions dîtes donc . Un artisan, vraiment ?
Je suis artisan menuisier et oui je suis capable de voir plus loin que le bout de mon nez pour m’adapter aux mutations sociétales et économiques salutaires de mon époque. Voyez-vous j’entretiens l’espoir de laisser un cadre vie pas trop nul à mes enfants. Croyez-moi on est beaucoup plus nombreux que ce que vous pensez ! Oui, il y a des entrepreneurs et des professionnels libéraux écologistes et même certains sont carrément de gauche, surprise ! =P
Et vous Paul ? A part douter de la sincérité des internautes, vous faites quoi dans la vie ?