EN BREF – Quelques semaines après la fin de la saison des alpages, la CGT Gardiens de troupeaux dénonce des manquements toujours présents de la part des employeurs, en matière de salaires, de temps de travail ou encore de logements. Elle accuse par ailleurs la FNSEA de faire délibérément traîner les négociations et les FDSEA de l’Isère et des deux Savoie de restreindre jusqu’à l’absurde le champ des discussions.
« Nous continuerons de dénoncer les réalités de notre métier. Il y a urgence à ce que les choses changent. » Tel est le message qu’a lancé le syndicat CGT Gardiens de troupeaux de l’Isère par voie de communiqué, le 14 décembre 2025. Quelques semaines après la fin de la saison des alpages, l’organisation syndicale explique en effet constater (encore) des « manquements graves » de la part des employeurs.
Les points soulevés ? En matière de temps de travail, la CGT Gardiens de troupeaux évoque des semaines de 70 heures payées 35 ou 44 heures et le non-respect du repos hebdomadaire. Ceci pour des « salaires au rabais par rapport aux qualifications que nécessite [la] profession » et avec des conditions de logements « souvent indignes », 80 % des hébergements n’étant pas aux normes et un sur deux ne disposant pas de sanitaires. Enfin, le syndicat dénonce de nombreux accidents du travail, parfois mortels, et des salariés isolés.

Manifestation du syndicat CGT Gardiens de troupeaux durant le Salon de l’agriculture 2024. © SGT-CGT
« Pourtant, depuis plus de deux ans, nous avons obtenu l’ouverture de négociations nationales d’un accord spécifique pour les gardien.nes de troupeaux », note la CGT. Avant de fustiger « les excuses fallacieuses pour ralentir les négociations » de la FNSEA1Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles..
Laquelle, en octobre, a finalement estimé que le niveau national n’était pas la bonne échelle. « Pourtant, en Isère et en Savoie, les FDSEA ont elles aussi mis fin aux négociations départementales car, d’après elles… le département n’était pas le bon niveau pour négocier », dénonce le syndicat.
Un « chantage raciste » de certains patrons
C’est au niveau régional que les négociations devraient donc se tenir. Mais avec de nouvelles conditions fixées par les FDSEA 38 et 73 – 74, selon la CGT. « Le patronat agricole souhaite exclure des thèmes centraux tels que la classification des emplois – et donc des salaires, mais aussi, les conditions de travail, de santé et sécurité au travail, ou encore, le logement », décrit-elle. Et de dénoncer également un « chantage raciste » dans les Hautes-Alpes, où « les patrons menacent de dénoncer les accords » et de ne plus embaucher que des gardiens roumains ou tunisiens.
« Face à celles et ceux qui nous reprochent d’être “hors sol” et de “tuer le métier”, nous affirmons au contraire que nous avons les pieds sur terre. Nos revendications, assises sur un cahier revendicatif de haut niveau, sont ancrées dans le réel des situations que nous vivons au travail », déclare encore la CGT. Avant de conclure en faisant valoir sa détermination à continuer ses actions.


